Accréditations internationales des écoles de management : le mode d’emploi de la CGE

« Au sein de la Conférence des Grandes écoles nous avons trois catégories d’écoles : celles déjà accréditées depuis longtemps, celles qui viennent de l’être ou sont en passe et celles qui n’y pensent pas forcément. Avec ce Livre blanc, nous avons voulu expliquer à toutes les processus», explique Jean-François Fiorina (photo), le directeur adjoint de Grenoble EM qui a animé le groupe auquel on doit la publication du Livre blanc « Accréditations internationales des business schools ».

Si les noms AACSB, Equis, Epas ou Amba sont entrés dans le vocabulaire commun des écoles de management, toutes ne savent en effet pas à quoi s’attendre si elles se lancent dans des processus qui peuvent prendre de 3 à 7 ans. « C’est un travail gigantesque, un véritable projet d’entreprise qui impacte tous les personnels et auquel les écoles doivent leur niveau actuel », reprend Jean-François Fiorina.

Se lancer ou pas ?

Un travail que ne doivent pas forcément entreprendre toutes les écoles. « Il faut vraiment se poser la question d’y aller ou pas. Il n’y a pas de honte à ne pas être accrédité au niveau international si on ne vise pas un recrutement à l’étranger », remarque encore Jean-François Fiorina, également conscient du travail en flux tendu que demandent les accréditations (et réaccréditations !), les réponses aux classements et tout ce qui donne en fait une « assurance qualité » aux candidats, « bien avant qu’ils ne se penchent sur les programmes ».

Sans parler d’un coût qu’on évalue généralement, pour une école visant les trois accréditations, à plusieurs centaines de milliers d’euros sur 5 ans, avec des coûts évidents (voyages, séminaires et recours à des experts « es » accréditations qui ont parfois tendance à faire durer le plaisir) et d’autres moins en termes de mobilisation des énergies.

Des processus longs mais utiles

Chaque accréditation a sa logique, et donc ses processus particuliers et… énergivores : Equis est une sorte de club dans lequel il faut toujours progresser pour rester, Aacsb valide surtout des processus d’apprentissage et l’AMBA simplement des programmes. Sans parler d’un Epas qui, même s’il ne reconnaît également que des programmes et non pas des institutions comme son grand frère Equis ou l’Aacsb semble être une sorte de deuxième division -  ou première étape – de l’accréditation des écoles.

« Des processus, des efforts, qui nous ont permis de nous retrouver tout en haut des classements européens et que nous n’avons pas toujours su valoriser », regrette Jean-François Fiorina avant d’insister : « Peu de secteurs d’activité ont autant travaillé que nous pour se mettre au niveau des standards internationaux. Mais attention à ne pas se reposer sur nos lauriers : la concurrence monte à toute vitesse des pays émergents avec de plus en plus de business schools accréditées ».

Olivier Rollot (@O_Rollot)

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