« Le cœur de notre formation c’est le marketing » : Benoît Herbert (Istec)

L’Istec Paris fait partie des quelques quarante écoles de commerce « mastérisées » (lire les indicateurs de la Cefdg) qui peuvent ainsi prétendre faire partie de la « première division » des écoles de commerce françaises. Son directeur, Benoît Herbert, nous explique quel rôle particulier jouent les grandes écoles postbac.
Olivier Rollot : Pourquoi intégrer une école de commerce post bac comme l’Istec ?

Benoît Herbert : D’abord parce que ce sont des études intéressantes qui vous permettent d’entrer dès votre bac dans une démarche axée sur l’entreprise. Ce sont aussi des cursus qui vous permettent de réaliser chaque année un stage et de réaliser plusieurs séjours à l’international. Nos étudiants partent obligatoirement un semestre en Europe pendant leur deuxième année, peuvent passer un semestre à Londres en 3ème année et partent un semestre en 4ème année.

J’ajoute qu’entrer à l’Istec c’est entrer dans une famille avec seulement 1000 étudiants dont 800 dans le programme grande école.… Lire la suite

Où va l’apprentissage dans l’enseignement supérieur ?

Et pourtant ça marche ! Attaqué de partout l’apprentissage n’en continue pas moins à progresser dans l’enseignement supérieur au point de quelque peu cacher la baisse globale du dispositif. « Mais avec quel avenir alors que les régions, maintenant maîtres du jeu, semblent vouloir leurs financements aux formations du supérieur », s’interroge le vice-président de l’Association nationale pour l’apprentissage dans l’enseignement supérieur, Guy Bories, lors d’un colloque organisé le 7 octobre au Medef par Corfisem, une association d’écoles d’ingénieurs de l’Institut Mines Télécom, intitulé « La formation d’ingénieur par intitulé apprentissage, quelle valeur ajoutée pour l’entreprise ? ». Une question cruciale alors que la réforme de l’apprentissage intervenue début 2015 a considérablement rebattu les cartes.

Etat des lieux

Environ 12% des sortants de l’enseignement supérieur de la Génération 2010  auscultés par le Céreq sortent ainsi d’une formation dispensée en apprentissage soit une progression de 25% entre 2004 et 2010. L’apprentissage poursuit son développement dans ses filières historiques, les filières professionnelles du supérieur court (23 % des diplômés de BTS/DUT et 31 % en licence professionnelle) mais s’est également considérablement développé dans les grandes écoles et près d’un diplôme sur cinq était obtenu par ce biais dans les écoles d’ingénieurs en 2010.… Lire la suite

Comment relancer l’apprentissage ?

Même si c’est un trimestre relativement peu important en termes de contrats d’apprentissage, la baisse de 13% des signatures au premier trimestre 2015 a encore accru la pression d’un gouvernement accusé d’avoir porté atteinte à son développement par des mesures brouillonnes. Pour relancer l’apprentissage, Manuel Valls a donc organisé mardi une rencontre entre les partenaires sociaux et les régions. Aucune mesure forte en vue mais la volonté de promouvoir un dispositif qui continue à progresser dans l’enseignement supérieur mais chute dans le secondaire. C’est dans ce cadre que l’Institut Montaigne sort un nouveau rapport.

D’où vient le malaise ?

Si les difficultés économiques des entreprises – et notamment des plus petites – sont la première cause du recul des signatures de contrat la forte réduction des aides à l’embauche d’apprentis (-500 millions d’euros) a été l’autre vecteur qui a précipité la chute des contrats. Comme l’analysent Les Échos, « alors que Nicolas Sarkozy avait fait de l’apprentissage la clef de voûte de sa politique de lutte contre le chômage des jeunes, son successeur a commencé par le négliger, tout à la réalisation de ses engagements électoraux : les contrats de génération liant l’embauche de jeunes et le maintien de seniors dans l’emploi, et les emplois d’avenir, des emplois aidés ciblés sur les jeunes en difficultés ».… Lire la suite

Réforme de l’apprentissage : double peine pour l’enseignement supérieur

En faisant peu à peu diminuer la part de la taxe d’apprentissage que peuvent affecter librement affecter les entreprises, l’État met en péril nombre d’établissement déjà fragilisés finacièrement. D’autant que les régions, qui vont bénéficier des sommes dont les établissements vont être dépossédés, favorisent très clairement l’apprentissage dans le secondaire plutôt que dans le supérieur. Une sorte de «double peine» pour l’enseignement supérieur !

Les entreprises dépossédées au profit des régions

Si le vote le 27 février de la «loi relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale» restreint le nombre d’organismes qui collectent et apporte des aménagements dans le statut de l’apprenti (tutorat, transport, hébergement…), c’est surtout le poids encore plus important que vont prendre les régions qui cristallise les inquiétudes. Pierre-Antoine Gailly, président de la chambre de commerce et d’industrie Paris-Ile-de-France, estime ainsi dans Le Monde que «les CFA devraient perdre 50 millions d’euros sur les 300 millions qu’ils perçoivent au titre de la taxe.… Lire la suite

Réforme de la taxe d’apprentissage et des stages, gestion des diplômés, dons des anciens : entretien avec Anne Zuccarelli, directrice entreprises et carrières de l’Edhec

Directrice Entreprises et Carrières de l’EDHEC Anne Zuccarelli est en première ligne dans plusieurs dossiers cruciaux pour l’avenir financier de son école et notamment la réforme de la taxe d’apprentissage.

Olivier Rollot : Que va changer pour vous la réforme de la taxe d’apprentissage que le gouvernement vient de faire adopter à l’Assemblée?

Anne Zuccarelli: En France les entreprises financent leurs établissements d’enseignement supérieur « cibles » en leur affectant de la taxe d’apprentissage et celle-ci représente aujourd’hui 10% du budget de l’ EDHEC. En faisant en trois ans descendre la part que peuvent nous affecter librement les entreprises de 60% à 42% puis 25% nous allons ainsi perdre 15% de ce qu’elle nous apportait. J’y vois deux problèmes idéologiques. Le premier est de considérer que la taxe d’apprentissage doit aller à 100% à l’apprentissage alors qu’elle avait deux missions quand elle a été instituée : favoriser l’apprentissage d’une part et de l’autre permettre aux établissements d’enseignement supérieur d’investir dans leur pédagogie.… Lire la suite

Les universités à l’assaut de la formation professionnelle et de l’apprentissage

«Les universités auraient du mal à en faire moins en matière de formation continue», m’expliquait il y a deux semaines Jean-Loup Salzmann, le président de la Conférence des présidents d’université, dans un entretien en prélude au colloque qu’il a consacré à la formation professionnelle et à l’apprentissage les 27 et 28 novembre. Et il est vrai qu’avec 388 millions d’euros de chiffre d’affaires et 5% du marché de la formation continue (15% dans le supérieur), les universités ont encore beaucoup à faire pour s’imposer face aux organismes spécialisés.

Jean-Loup Salzmann était donc heureux d’accueillir pour le soutenir dans ses efforts aussi bien le ministre du Travail, Michel Sapin, que Geneviève Fioraso à un colloque où Laurent Beauvais, président de la commission enseignement supérieur, recherche et innovation de l’Association des Régions de France (ARF), a proposé que ce soit dorénavant les Urssaf qui collectent la taxe d’apprentissage. À l’issue du colloque, la CPU a présenté 29 propositions.… Lire la suite

Le Medef veut jouer un rôle décisif dans la politique d’enseignement professionnel

>Dans le grand débat autour de la réforme de la taxe d’apprentissage, le Medef fait entendre une voix qui pourrait bien prendre de plus en plus de force. Avec son Pacte de l’alternance pour la jeunesse il se propose ainsi de former 100 000 jeunes de plus en alternance à l’horizon 2018. «Pour nous l’alternance est une façon de voir l’ensemble du système éducatif », explique Christophe Coriou, directeur de mission projets et financements de la formation professionnelle au Medef et concepteur du pacte, avant d’insister: «Les branches professionnelles doivent avoir la liberté de choisir les modalités de formation comme elles l’entendent. Certaines se retrouvent aujourd’hui très bien dans les référentiels de diplôme du ministère de l’Education nationale, d’autres regrettent une rapidité d’adaptation des contenus insuffisante. Ce que nous demandons c’est qu’elles soient plus consultées».

Une réforme en profondeur de l’alternance

Le Medef propose donc une «réforme en profondeur de l’alternance au service des jeunes et des entreprises» qu’il résume ainsi: davantage de jeunes formés en alternance par les entreprises, moins de subventions publiques, un système géré par les entreprises et les branches.… Lire la suite

Télécom SudParis se met à l’apprentissage: entretien avec son directeur, Christophe Digne

Spécialisés dans le numérique, membre du campus de Saclay, Télécom SudParis fait partie de ces écoles d’ingénieurs dont les entreprises s’arrachent les diplômés. Christophe Digne, son directeur, nous explique pourquoi et s’interroge sur la place des docteurs dans l’enseignement supérieur et l’entreprise.

Olivier Rollot : Quels sont les points forts de Télécom SudParis?

Christophe Digne: Nous sommes focalisés sur le secteur porteur qui est le numérique dans une région parisienne très riche industriellement. Aujourd’hui nous travaillons sur les réseaux mobiles, le très haut débit, le traitement de données massives ou encore l’aménagement du territoire, tous domaines où nous avons une compétence très affirmée en recherche.

O.R : Les diplômés du numérique ont la réputation de créer beaucoup d’entreprises. Est-ce le cas des vôtres?

C. D : Nous accueillons aujourd’hui dix à quinze projets de création d’entreprise chaque année dans notre incubateur implanté à Evry et Arcueil, dont en moyenne 30% sont portés par nos diplômés.… Lire la suite

Le Cesi au cœur des innovations pédagogiques: entretien avec Jean-Louis Allard, directeur de l’ei.Cesi

L’école d’ingénieurs du Cesi (ei.Cesi) n’est pas une école comme les autres. Dans 21 centres en France, les étudiants suivent tous un cursus en alternance fondé sur une approche compétences. Mais le Cesi c’est aussi une école d’informatique (Exia.Cesi) fondée sur la pédagogie par le problème. Fondateur de la seconde, directeur de la première, Jean-Louis Allard revient avec nous sur ces pédagogies qui changent peu à peu l’enseignement supérieur.

Olivier Rollot : Dès le début vos écoles ont été construites sur une approche dite «compétences» qui ne se généralise qu’aujourd’hui dans les écoles d’ingénieurs ?

Jean-Louis Allard : Notre école est dans cette démarche depuis ses débuts, en 1958, parce que les entreprises sont à la base de sa création. A l’époque elles voulaient former des populations qui pouvaient répondre aux fonctions qu’elles proposaient. Aujourd’hui encore nous commençons pas définir des compétences attendues puis nous cherchons comment les atteindre.… Lire la suite

Alternance dans le supérieur : le succès jusqu’à quand ?

434 000 : c’est le nombre d’étudiants qui ont choisi la voie de la formation en alternance en 2010 selon les statistiques de l’INSEE. En 10 ans, ce nombre a augmenté de 57%. Suivre une formation en alternance, que ce soit en contrat de professionnalisation ou en contrat d’apprentissage, représente un véritable tremplin pour les étudiants qui sont à la recherche de concret : c’est pour beaucoup la possibilité de « faire le lien entre ce qu’on apprend à l’école et la vie professionnelle », comme l’explique Élodie qui a réalisé une grande partie de ses études de comptabilité en alternance.

Confirmer ses choix professionnels

L’expérience professionnelle, la reconnaissance sur le CV, la gratuité de la formation, nombreux sont les points forts de l’alternance. « Commencer à se faire des contacts et mieux comprendre le fonctionnement du monde de l’industrie », c’est un des atouts de ce type de formation selon Aurélien, étudiant en alternance en école d’ingénieur.… Lire la suite