L’EPITA vient de fêter ses 30 ans : entretien avec son directeur, Joël Courtois

L’EPITA vient de fêter ses 30 ans. L’occasion de revenir avec son directeur, Joël Courtois, sur une école d’ingénieurs qui est aujourd’hui un modèle après avoir été un temps décriée. Plongée dans une école d’informatique qui n’a jamais laissé indifférent.

Joël Courtois (photo Epita)

Olivier Rollot : Aujourd’hui vous êtes considérée comme l’une des toutes meilleures écoles d’ingénieurs française, 25ème par exemple dans le dernier classement de l’Usine nouvelle, mais il a fallu longtemps batailler pour en arriver là !

Joël Courtois : A sa création en 1984, l’EPITA connaît un succès très rapide qui amène ses dirigeants à avoir la folie des grandeurs avec la création de Paris Campus comprenant beaucoup d’écoles. C’est un échec et le groupe Ionis reprend l’EPITA en 1994 une école qui est une belle marque mais dans laquelle il y a tout à faire si on veut qu’elle devienne une véritable école d’ingénieurs. C’est ce à quoi je m’attelle lors de mon arrivée en 1997.… Lire la suite

«Nous nous méfions de grands ensembles ingouvernables»: entretien avec Christian Lerminiaux président de la Cdefi

Docteur en physique atomique passé par une entreprise privée, Christian Lerminiaux a su imposer sa vision d’une université tournée vers l’entreprise au sein de l’Université de technologie de Troyes (UTT) qu’il dirige depuis 2004. Il préside depuis 2011 la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi) qui représente l’ensemble des écoles d’ingénieurs. À ce titre il est très impliqué dans les discussions en cours sur la nouvelle loi sur l’enseignement supérieur et la recherche tout en jetant un regard expert sur la formation des ingénieurs.

Olivier Rollot : Les communautés d’universités (ou scientifiques) sont au cœur de la loi à venir sur l’enseignement supérieur et la recherche. Pensez-vous qu’elles seront plus efficaces que les actuels pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) ?

Christian Lerminiaux : Nous avons le choix entre deux voies. La première, celle sur laquelle nous sommes engagés, est de former des ensembles universitaires pluridisciplinaires forts dans lesquels existeront des collèges d’ingénierie à la mode anglo-saxonne, c’est-à-dire cumulant formation et recherche.… Lire la suite

Les grandes écoles s’interrogent sur les communautés d’université et le rapprochement des prépas et de l’université

Au cœur de la loi à venir sur l’enseignement supérieur et la recherche se trouvent les « communautés d’universités » (devenues « scientifiques » dans la dernière mouture en date de l’avant-projet de loi et pouvant prendre le nom de communauté d’universités « si elle comprend parmi ses membres au moins une université »). Geneviève Fioraso entend en effet faire « éclore une trentaine de sites signataires pour leur territoire d’un contrat de site avec le Ministère ». Trente communautés dont les pouvoirs et la gouvernance sont aujourd’hui au centre de toutes les attentions.

« Rien ne PRES » semble dire la CGE

La remise en cause des pôles de recherche et d’enseignement supérieur, ces fameux PRES qui réunissent aujourd’hui l’ensemble des universités et la plupart des grandes écoles dans des structures communes, provoque bien des inquiétudes. « Cela a été un travail gigantesque de nous réunir. Pourquoi faudrait-il déjà casser tout ce qui a été fait pour repartir dans de nouvelles négociations?… Lire la suite

Bilan 2012 de l’enseignement supérieur: quel modèle pour les écoles d’ingénieurs ?

S’il reste très porteur le modèle français des écoles d’ingénieurs n’en subit pas moins de nombreuses critiques : taille des promotions trop faibles, internationalisation encore insuffisante, recherche pas assez prioritaire, etc. Le tout dans un environnement qui les amène à se rapprocher de plus en plus de l’université dans le cadre des PRES ou, demain, des « grandes universités ».

Des rapprochements, des fusions

Sans donner lieu à des mouvements aussi importants que dans les écoles de management, de nombreux rapprochements entre écoles d’ingénieurs se sont décidés cette année. Réunissant dix écoles Mines et Télécom (d’Albi à Paris) et autant d’associées (Enseeiht Toulouse, Esigelec Rouen, etc.) l’institut Mines-Télécom a ainsi vu le jour cette année. Jusqu’alors constitué de l’Isae-Ensma et l’Isae-Supareo et l’Ensma Poitiers, le groupe Isae a accueilli lui cette année l’Estaca et l’école d’officiers de l’armée de l’air. Trois écoles lilloises, HEI, l’Isa et l’Isen Lille, ont elles créé le groupe groupe HEI-ISA-ISEN (photo, lire sur le blog d’HEADway).… Lire la suite

Bilan 2012 de l’enseignement supérieur: quelle loi après les Assises ?

2012 aura été une année riche en débats et en événements dans le monde de l’enseignement supérieur. Si la préparation des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche a occupé les esprits une bonne partie de l’année, les esprits ont aussi souvent été occupés par les élections universitaires, les fusions des écoles de management, la succession sans fin de Richard Descoings à Sciences Po ou encore les controverses sur les nouvelles pédagogies.

135 propositions

Devenues 135 dans le rapport final de Vincent Berger, président de l’université Paris Diderot et rapporteur du comité de pilotage des assises de l’enseignement supérieur et de la recherche, les 121 propositions issues des Assises de l’enseignement supérieur et de la Recherche vont être au cœur du projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche.« Soumis à consultation dès la fin janvier dans la perspective d’une présentation en conseil des ministres au mois de mars 2013 » selon un communiqué de la présidence de la République, cette loi devra répondre aux attentes, fortes, de la communauté universitaire sans réduire pour autant à la portion congrue les pouvoirs des présidents d’université.… Lire la suite

Assises, les ingénieurs demandent « où étaient les entreprises? »

Les Assises de l’Enseignement supérieur et de la recherche qui viennent d’avoir lieu semblent uniquement avoir été celles de l’université et de la Recherche, pas des grandes écoles et encore moins des entreprises. À peine y a-t-on entendu un seul chef d’entreprise s’y exprimer, et dans la salle, pas sur l’estrade. Christian Lerminiaux, président de la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs), le regrette : « Les milieux socio-économiques ont été les grands silencieux de ces débats. Les régions et les collectivités locales se sont un peu manifestées, mais les entreprises ont très peu fait entendre leur voix ».

Un sentiment partagé par Ingénieurs et scientifiques de France qui s’inquiète de « l’absence d’initiatives visant à favoriser l’échange entre les entreprises et les établissements d’enseignement à travers notamment la présence d’experts de l’entreprise ». Julien Roitman, président d’Ingénieurs et Scientifiques de France, suggère donc que les universités s’inspirent du succès des écoles d’ingénieurs, dont la réussite « au-delà d’un cursus fondé sur un socle de vastes connaissances scientifiques et techniques et ne rechignant pas à l’évaluation, repose très largement sur une proximité délibérée avec les entreprises ».… Lire la suite

Assises de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : la Cdefi défend l’Aeres

C’est le sentiment général : les Assises qui viennent d’avoir lieu ont semblé être  celles de l’université. À peine y a-t-on entendu un seul chef d’entreprise s’y exprimer. Christian Lerminiaux, président de la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs), le regrette : « Les milieux socio-économiques ont été les grands silencieux de ces débats. Les régions et les collectivités locales se sont un peu manifestées, mais les entreprises ont très peu fait entendre leur voix ».Surtout il s’inquiète de voir la gouvernance des universités ramener à la loi de 1984 : « Avant d’attacher à un conseil d’administration deux autres conseils (le conseil des études et le conseil scientifique) qui auraient leur légitimité propre, leur capacité propre et qui affaibliraient la gouvernance centrale, il faut y réfléchir à deux fois » juge-t-il.

Quant à la « grande université » qui a largement été prônée, la CDEFI se déclare plutôt pour la vision d’une « université confédérale où chaque établissement garde son entière légitimité et son statut légal et il y a une dévolution au besoin, petit à petit en fonction des accords passés entre les acteurs pour donner à cette organisation territoriale quelques rôles opérationnels ».… Lire la suite

Bonnes vacances… en pensant aux défis de la rentrée

Comme vous nous partons quelques semaines en vacances. Comme vous nous allons décompresser et, comme vous, avoir quelque part en tête les défis qui attendent le monde de l’enseignement supérieur à la rentrée.

1. Que va-t-il sortir des Assises ?

Pilotées par Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine, les Assises territoriales puis nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche qui vont se dérouler de la mi-octobre à la fin novembre doivent déboucher sur une nouvelle loi cadre début 2013. Elles risquent surtout d’être un terrain d’affrontement privilégié entre les opposants farouches à la LRU (Bertrand Monthubert, Isabelle This Saint-Jean, Anne Fraisse, etc.) et ceux qui y ont participé en tant que présidents d’université à la tête de la CPU et sont maintenant aux commandes du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (Lionel Collet, Simone Bonnafous, Daniel Filâtre). Les premiers ont l’avantage d’être proches ou membres du PS, les seconds d’être aux manettes.… Lire la suite

Ecoles d’ingénieurs : priorité à l’international

« Les séjours d’études et stages à l’étranger sont devenus obligatoires dans la quasi-totalité des écoles d’ingénieur », se félicite Christian Lerminiaux, président de la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs) (1). Longtemps réticentes à laisser filer leurs étudiants hors de France, les écoles d’ingénieurs ont en effet pris du temps pour se convertir à la nécessité de former les cadres internationaux que leur demandaient les entreprises.

« Nous avons besoin d’ingénieurs culturellement ouverts sur le monde », explique ainsi Christian Desmoulins (1), PDG d’Actia Group, une entreprise toulousaine d’équipements électroniques pour les véhicules implantée notamment en Chine qui a constaté tout ce qu’être français apportait lorsqu’on voulait travailler à l’étranger : « Je le dis souvent à mes cadres expatriés : l’approche culturelle est très importante. Pour décrocher un contrat, il ne suffit pas d’aligner des chiffres, il faut aussi montrer son intérêt culturel pour le pays qui vous reçoit et, pour cela, quoi de mieux que d’avoir étudié à l’étranger ? … Lire la suite