« Les étudiants de l’ECE sont les bienvenus dans de grands laboratoires ! »


Christophe Baujault et Lamia Rouai sont directeur général et directrice générale deléguée d’ECE Paris, école d’ingénieurs. Depuis trois ans ils mettent l’accent sur le développement de la recherche et leurs étudiants sont particulièrement impliqués.

Olivier Rollot (@O_Rollot) : On ne le mesure pas forcément bien mais la recherche a pris une place importante à l’ECE Paris. Pourquoi ?

Lamia Rouai : Après un important travail de structuration, nous venons de tenir notre premier conseil scientifique pour fédérer un projet autour de trois thématiques : les nanotechnologies (Laboratoire des interfaces complexes et de l’organisation nanométrique), les mathématiques appliquées (Laboratoire de mathématiques appliquées et ingénierie financière) et le contrôle de systèmes complexes (Laboratoire d’analyse et contrôle des systèmes complexes). Pour mieux s’investir dans la recherche, nos 35 enseignants-chercheurs et 9 doctorants ont vu leur charge de travail remodelée : leurs 400 heures annuelles de cours en face à face se sont réduites de moitié au profit d’une centaine d’heures consacrées à la recherche et autant à l’encadrement des projets des élèves.Lire la suite

« Grenoble INP est un modèle d’une extraordinaire modernité » : Brigitte Plateau, administrateur général

Alors qu’on parle beaucoup aujourd’hui de la nécessité de fusionner des écoles d’ingénieurs trop petites, le groupe public Grenoble INP rassemble six écoles et 5500 étudiants dans un ensemble consacré en 2015 par l’Usine nouvelle comme le deuxième en France derrière l’École polytechnique pour la qualité de son enseignement et de sa recherche. Entretien avec Brigitte Plateau, son administrateur général.

Brigitte PlateauOlivier Rollot : Quels sont les grands enjeux qui attendent INP Grenoble cette année ?

Brigitte Plateau : Le premier est la réussite à l’Idex (Initiative d’excellence) pour laquelle le dossier Université Grenoble Alpes : Université de l’innovation a été présélectionné. En 2011 nous avions finalement été retoqués et nous espérons bien un succès cette fois-ci. Le deuxième enjeu est plus local avec la « mise en route » du nouveau bâtiment, le GreEn-ER, de l’une de nos écoles, l’Ense3, qui va nous servir de laboratoire grandeur nature d’un bâtiment le plus économe possible.… Lire la suite

L’EPITA vient de fêter ses 30 ans : entretien avec son directeur, Joël Courtois

L’EPITA vient de fêter ses 30 ans. L’occasion de revenir avec son directeur, Joël Courtois, sur une école d’ingénieurs qui est aujourd’hui un modèle après avoir été un temps décriée. Plongée dans une école d’informatique qui n’a jamais laissé indifférent.

Joël Courtois (photo Epita)

Olivier Rollot : Aujourd’hui vous êtes considérée comme l’une des toutes meilleures écoles d’ingénieurs française, 25ème par exemple dans le dernier classement de l’Usine nouvelle, mais il a fallu longtemps batailler pour en arriver là !

Joël Courtois : A sa création en 1984, l’EPITA connaît un succès très rapide qui amène ses dirigeants à avoir la folie des grandeurs avec la création de Paris Campus comprenant beaucoup d’écoles. C’est un échec et le groupe Ionis reprend l’EPITA en 1994 une école qui est une belle marque mais dans laquelle il y a tout à faire si on veut qu’elle devienne une véritable école d’ingénieurs. C’est ce à quoi je m’attelle lors de mon arrivée en 1997.… Lire la suite

Les écoles d’ingénieurs en question : entretien avec Philippe Massé, président de la CTI

La Commission des titres d’ingénieur (CTI), qui a tenu son congrès annuel la semaine dernière, est le seul organisme habilité à donner le droit à une école de délivrer le titre d’ « ingénieur diplômé ». À ce titre elle joue un rôle majeur dans la régulation de l’enseignement supérieur. Son président depuis juillet 2012, Philippe Massé, est un fin connaisseur du monde des écoles d’ingénieurs : diplômés de l’Ense3 de Grenoble, il a ensuite été enseignant et participé à la direction de plusieurs écoles de la région avant d’être vice-président du conseil d’administration de Grenoble INP de 2003 à 2006. Depuis cette date il représentait les INP auprès de la CTI.

Olivier Rollot : Comment fonctionne au juste la Commission des titres d’ingénieur ?

Philippe Massé : Nous sommes le produit d’une loi de 1934 qui a voulu réguler l’ensemble des formations d’ingénieur qui s’étaient largement développée à l’époque.… Lire la suite

Ingénieurs vs. Ingénierie : la guerre des ingénieurs n’est pas finie

Depuis fin 2010 un drame en plusieurs actes se joue avec la polémique qui oppose les tenants d’une formation d’ingénieurs classique à ceux – universitaires – qui entendent lui proposer une alternative. Hier 10 avril la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs) lançait une proposition qui pourrait permettre d’enterrer la hache de guerre. Retour sur une pièce en plusieurs actes.

Acte 1 : L’Aeres attaque. En proposant mi-décembre 2010 de créer des « masters en ingénierie » déconnectés des formations habilitées par la CTI (Commission des titres d’ingénieur), l’Aeres avait provoqué une belle polémique. Face à elle CTI et CDEFI avaient fait front commun pour rejeter l’idée, notamment en estimant que l’Aeres était sortie de son rôle d’« évaluateur ». Et la ministre de l’Enseignement supérieur de l’époque, Valérie Pécresse, les avait d’ailleurs rassurées en disant qu’elle ne voyait pas « l’opportunité de créer un nouveau label qui risquerait de déstabiliser un système qui fonctionne ».… Lire la suite