« Nous avons préféré arrêter le projet de fusion parce que la situation sociale s’était dégradée à Télécom ParisTech » : Yves Poilane (Télécom ParisTech)

Télécom ParisTech et Télécom Sud Paris devaient fusionner cette année sous la seule marque Télécom ParisTech. Cela ne se fera finalement pas. Le directeur de Télécom ParisTech, Yves Poilane, explique pourquoi il a préféré arrêter le projet dans un contexte social difficile en raison des tensions nées du déménagement total ou partiel des deux écoles sur le campus de l’université Paris-Saclay.

Olivier Rollot : La fusion de Télécom ParisTech et Télécom Sud Paris vient d’être abandonnée. Pourquoi abandonner un projet qui semblait plein de bon sens entre deux écoles très similaires ?

 Yves Poilane : Nous avons préféré arrêter le projet parce que la situation sociale s’était dégradée à Télécom ParisTech. Ce qui a tendu les relations et bloqué les instances statutaires ce n’est tant pas le projet de fusion proprement dit que les conditions d’indemnisation du déménagement – prévu pour septembre 2019 -, de Télécom ParisTech sur son nouveau site dans le cadre de l’université Paris-Saclay, qui n’ont pas été jugées satisfaisantes par les personnels.… Lire la suite

Peut-on sauver le soldat « Saclay » ?

C’était l’idée de Thierry Mandon pour « sauver » l’Idex de Paris-Saclay. Un « noyau dur » d’établissements et d’organismes de recherche de Paris-Saclay a présenté mardi 18 avril ses conclusions au Premier ministre sur une réforme de Paris-Saclay. Ecartant de facto l’Ecole polytechnique et les écoles de l’Institut Mines Télécom au profit d’un projet réduit aux acteurs les plus engagés dans l’intégration au sein de Paris-Saclay que sont l’université Paris-Sud et l’ENS Paris-Saclay (parmi les autres membres du « noyau dur », CentraleSupélec semble encore partagée quand les deux autres membres académiques, Agro ParisTech et Ensae ParisTech, paraissent plus réticents), ce nouveau périmètre est-il à même de convaincre un jury des Idex qui avait accordé son imprimatur à un tout autre projet ? D’autant que l’alternance politique à venir va fondamentalement changer les rapports de force.

Pourquoi aller si loin ?

Beaucoup se demandent aussi au sein de Paris-Saclay pourquoi il faudrait aller plus loin dans l’intégration que ne le font les membres de PSL, eux aussi soumis en octobre 2017 au verdict du Commissariat général à l’investissement.… Lire la suite

« Un site se porte mieux si un établissement de l’IMT en fait partie » : Philippe Jamet

Directeur général de l’Institut Mines-Télécom (IMT), ancien président de la Conférence des grandes écoles, Philippe Jamet est en train d’imposer un nouveau modèle d’organisation de l’enseignement supérieur. Le regarde aiguisé sur nos écoles et nos universités d’un homme habitué à surmonter les difficultés.

 Olivier Rollot : Le classement 2017 des écoles d’ingénieurs de « L’Usine nouvelle » place trois des dix écoles membres de l’IMT dans les cinq premières (Télécom ParisTech 4ème puis Mines ParisTech et l’IMT Atlantique ex-aequo). C’est un résultat qui doit vous réjouir.

Philippe Jamet : Bien sûr ! Même si ce classement est réputé assez volatil, si on se souvient des biais méthodologiques de l’édition précédente. De plus un certain nombre d’écoles, comme les écoles Centrale de Lyon et Paris, ont préféré ne pas répondre. Nous sommes en tout cas heureux de voir l’impact positif qu’a eu leur fusion pour Mines Nantes et Télécom Bretagne qui forment depuis le début 2017 l’IMT Atlantique, ainsi que pour l’autre école fusionnée, IMT Lille Douai.… Lire la suite

L’ESME Sudria s’implante à Bordeaux : retour sur sa stratégie avec Véronique Bonnet, sa directrice

Ecole d’ingénieurs postbac parisienne en 5 ans, l’ESME Sudria s’implante cette année à Bordeaux après Lille et Lyon. L’occasion de revenir sur son cursus avec sa directrice, Véronique Bonnet.

  • L’ESME Sudria recrute ses étudiants essentiellement après le bac par le biais du concours Advance. Chaque année de son cycle ingénieur est facturée 8500€ en moyenne (des frais supplémentaires peuvent être facturés uniquement aux étudiants qui partent aux Etats-Unis ou en Australie dans le cadre de leur cursus).

Olivier Rollot : Qu’est-ce qui pousse aujourd’hui l’ESME Sudria à s’implanter à Bordeaux après Lille et Lyon ?

Véronique Bonnet : D’une part l’offre de formation d’écoles d’ingénieurs est beaucoup moins développée à Bordeaux que dans d’autres grandes villes. D’autre part Bordeaux possède un pôle aéronautique de premier ordre. Par exemple avec Thales dont le siège des activités avioniques s’installe à Bordeaux et crée tout un campus de recherche. Enfin nous sommes soutenus par les institutions locales et la demande des familles.… Lire la suite

« L’apport des intervenants extérieurs est déterminant »: Frank Debouck (Centrale Lyon)

« La première année est parfois un peu difficile pour nos étudiants » : Frank Debouck (Centrale Lyon)

Reconduit en novembre dernier pour cinq ans à la direction de Centrale Lyon, Frank Debouck est enthousiasmé par la qualité de ses étudiants et de ses enseignants. Il nous explique comment il voit l’évolution de leur cursus.a

Olivier Rollot : Comment jugez-vous après votre premier mandat de cinq ans la gouvernance d’une école d’ingénieurs, vous qui avez auparavant longtemps travaillé dans l’entreprise, et notamment chez Air France où vous avez même été responsable de l’exploitation du Concorde ?

Frank Debouck : La concertation avec les personnels est un outil extraordinaire que je ne connaissais pas avant mon arrivée à Centrale Lyon. C’est peut-être un processus un peu long pour prendre des décisions mais cela avance vite une fois qu’elles sont acceptées. Les pouvoirs et contre-pouvoirs fonctionnent très bien dans un modèle qui pourrait inspirer bien des entreprises qui vont trop souvent dans le mur.… Lire la suite

« Nous voulons que l’Isep soit l’école du numérique la plus innovante » : Dieudonné Abboud

Des promotions qui passent progressivement de 200 à 300 étudiants, de nouveaux locaux à Issy-Les-Moulineaux tout en gardant son implantation parisienne, une dimension internationale affirmée, l’Isep est devenue incontournable dans le paysage des écoles d’ingénieurs. Rencontre avec celui qui sera son directeur général en avril, aujourd’hui directeur de l’enseignement, Dieudonné Abboud.

  • Ecole d’ingénieurs parisienne postbac et post prépas spécialisée dans le numérique, l’Isep propose essentiellement un cycle ingénieur (accessible après le bac par le concours Puissance 11 et sur dossier pour le cycle intégré international de même que par le concours e3a après prépa) mais aussi trois mastères spécialisés en formation initiale ou continue. Les frais de scolarité sont de 3160 € par an en 1ère et 2ème année puis 8060 € par an pour les trois autres (6 950 € par an pour le cycle préparatoire international).

Olivier Rollot : Comment définiriez-vous l’Isep à quelques mois d’en prendre la direction et comment entendez-vous la faire évoluer dans les années à venir ?Lire la suite

Les écoles sous tutelle du ministère de la Défense précisent leurs ambitions

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a signé cette semaine les nouveaux contrats d’objectifs et de performance (COP) de trois écoles sous sa tutelle : l’Ecole polytechnique, l’Ensta ParisTech et l’Isae-SupAereo.

L’École polytechnique toujours plus internationale

La stratégie de croissance de l’X présentée dans le COP 2017-2021 sera déclinée selon les trois missions principales de l’École : recherche, formation et entrepreneuriat. Cette stratégie s’appuiera, au plan institutionnel, sur une politique partenariale proactive et aura pour corollaire une politique ambitieuse d’expansion et de rénovation immobilière. Le développement de l’offre de formation vise à accroître les effectifs étudiants, essentiellement en provenance de l’international, tout en maintenant le niveau d’excellence. Les effectifs devront ainsi s’élever à 4 000 étudiants dans les 5 ans (avec un objectif de 4 700 dans les 10 ans), sans « sacrifier l’exigence de sélectivité ». Dans cette optique, les effectifs du cycle ingénieur polytechnicien seront portés à 425 élèves français et 140 élèves internationaux.… Lire la suite

« Nous menons une stratégie de croissance dans le but d’accroitre notre part de marché des meilleurs étudiants mondiaux » : Jacques Biot (Ecole polytechnique)

La Fondation de l’École polytechnique vient de lancer sa nouvelle campagne de dons. L’objectif est de collecter 80 millions d’euros en 5 ans. Président de l’École polytechnique, Jacques Biot revient avec nous sur la stratégie qu’il met aujourd’hui en œuvre à la tête de son école. (Photo : Jérémy Barande, Ecole polytechnique)

Olivier Rollot : Même si c’est plus du double de la première collecte de 2013, votre objectif de dons semble raisonnable sachant que, cette fois-ci, vous mêlez dons des alumni et des entreprises. Mais vous serez encore loin des 112 millions recueillis par exemple par HEC lors de sa dernière collecte ?

Jacques Biot : Ce n’est jamais évident de collecter des dons sur un marché de la philanthropie qui se révèle de plus en plus concurrentiel. Par rapport à HEC Paris, dont nous sommes par ailleurs très proches, si on ramène notre précédente collecte au même périmètre et au nombre d’alumni les dons sont en fait équivalents.… Lire la suite

« Pour réussir une fusion il faut travailler dans une démarche de co-construction » Sophie Commereuc (Sigma Clermont)

L’école d’ingénieurs SIGMA Clermont est née cette année de la fusion de deux écoles clermontoises, l’ENSCCF (chimie) et l’IFMA (mécanique) et compte 942 étudiants cette année. Sa directrice, Sophie Commereuc, trace le portrait d’une école qui veut maintenant se faire un nom.

Olivier Rollot (@ORollot) : CentraleSupélec, Mines Nantes et Télécom Bretagne ou encore CPE Lyon qui se rapproche des Mines Saint-Etienne, l’époque semble être aux fusions dans les écoles d’ingénieurs. Comment avez-vous procédé pour rapprocher vos deux écoles ?

Sophie Commereuc : Nous avons commencé à travailler ensemble début 2013 et les conseils d’administration ont approuvé la fusion en juin 2014. Un an de plus aura ensuite été nécessaire pour présenter un projet abouti et encore un an pour que l’école naisse. Il faut du temps pour réaliser une fusion car il faut que toutes les parties prenantes s’emparent du projet et se l’approprient. Les personnels, les étudiants mais aussi les alumni et les entreprises partenaires, tout le monde était convaincu de la pertinence du projet.… Lire la suite

« Nous allons créer un Groupe ISC avec deux filières : ISC Paris business school et ISC Paris Digital School » : Bruno Neil (ISC Paris BS)

Récemment déclarée EESPIG (établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général), l’ISC Paris BS fait partie de ces écoles de commerce non consulaires qui ont depuis longtemps pignon sur rue et sont en plein renouvellement de leur offre de formation. Illustration avec son directeur général, Bruno Neil.

Olivier Rollot : Vous avez la direction de l’ISC Paris il y a maintenant deux ans. Comment se porte l’ISC aujourd’hui ?

Bruno Neil : Bien avec par exemple l’obtention en juillet du statut d’EESPIG (établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général) qui marque bien notre mission dans l’enseignement supérieur et nous permet de bénéficier de 1,5 M€ de subventions de l’Etat à cet effet. Nous recevons en tout cette année 8% d’étudiants supplémentaires même si notre recrutement en classes prépas (164 étudiants cette année pour 200 espérés) a été moins bon qu’en 2015. Le bachelor que nous avons lancé en 2013 compte maintenant 450 étudiants et nos MBA spécialisés en reçoivent 350 autres.… Lire la suite