« L’économie, la gestion et la sociologie représentent une part importante de la formation au génie industriel » : Bernard Ruffieux, directeur de Grenoble INP – Génie industriel

Le « génie industriel » est un métier d’ingénieur très spécifique que nous décrit Bernard Ruffieux, directeur de Grenoble INP – Génie industriel. Une école qui recrute chaque année 90 élèves en CPGE que viennent rejoindre une vingtaine d’élèves issus des prépas des INP et une trentaine d’admis sur titre, notamment pour la filière apprentissage. Cette année un nouveau concours a été créé pour encore mieux trouver les profils adaptés.

Olivier Rollot : Ce n’est pas banal de voir un économiste comme vous à la tête d’une école d’ingénieurs. Pouvez-vous nous expliquer en quoi Grenoble INP – Génie industriel est justement une école tout à fait particulière ?

Bernard Ruffieux : Je suis effectivement un économiste qui travaille depuis très longtemps dans une école d’ingénieurs spécialisée dans la discipline toute particulière qu’est le « génie industriel ». Sa terminologie anglo-saxonne (« industrial engineering and management ») explique d’ailleurs peut-être mieux ce que nous faisons dans une école où l’économie, la gestion et la sociologie représentent une part importante de la formation.… Lire la suite

« L’ingénieur est un « traducteur », son rôle est de mettre en contact des mondes différents » : Louis Jouanny (ESIEA)

Directeur général du groupe Esiea depuis janvier 2016, Louis Jouanny est un pur produit de son école (diplômé de l’Esiea en 1981) et de son écosystème : directeur du markéting puis du développement chez Fujitsu Siemens Computers il a monté sa propre entreprise dans le numérique entre 2010 et 2013. Une expérience qu’il entend aujourd’hui mettre au service de son école.

Olivier Rollot : Que faut-il savoir quand on veut se former pour travailler dans le numérique aujourd’hui ?

Louis Jouanny : Aujourd’hui, la vraie valeur ajoutée, dans le numérique, est de comprendre quels sont les besoins des utilisateurs. Pour cette raison, les entreprises ont besoin d’architectes plutôt que de maçons (avec tout le respect que j’ai pour ce métier), c’est à dire de professionnels qui ont reçu des enseignements allant bien au-delà du codage et associés à une formation humaine solide. Le codeur est devenu l’OS (ouvrier spécialisé) de la sidérurgie d’hier !… Lire la suite

Comment va fonctionner le « portail des données certifiées presse » de la Cdefi : les explications de Jean-Louis Billoet

La Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieur (Cdefi) vient de lancer un « portail des données certifiées presse » qui donne accès aux journalistes qui préparent des palmarès aux données chiffrées (nombre d’étudiants, poids de la recherche, salaires à l’embauche, etc.) des écoles d’ingénieurs. L’ouverture officielle du portail s’est déroulée lors du colloque annuel de la CDEFI qui s’est tenu à Lille les 2 et 3 juin derniers. Explications de son promoteur, Jean-Louis Billoet, directeur de l’Insa Rouen.

Olivier Rollot : Pourquoi créer ce portail ?

Jean-Louis Billoet : Ce portail a été créé dans le but de rationaliser le temps de traitement des différentes enquêtes de la presse (palmarès de l’Étudiant, l’Usine Nouvelle, enquêtes Onisep, etc.) en permettant aux médias d’accéder à des données globales liées à l’activité des écoles d’ingénieurs. Nos établissements doivent se concentrer sur leur métier, la formation et la recherche, et ne pas passer leur temps à répondre à des multiples sollicitations non coordonnées.… Lire la suite

« Notre succès à l’Idex vient de notre capacité à travailler ensemble et à avoir présenté un périmètre restreint » : François Cansell (Bordeaux INP)

Après le verdict du jury des Idex on a surtout entendu les « recalés ». Cette semaine c’est un lauréat, Bordeaux INP et son directeur général François Cansell, qui s’expriment. Mais bien d’autres sujets le préoccupent, que ce soit ses financements, la pérennité de son modèle d’apprentissage ou les classements. (Cet entretien est la suite de celui que François Cansell nous avait accordé en tant que président de la Cdefi il y a deux semaines).

Olivier Rollot : Avec l’ensemble des universités et grandes écoles de la Comue d’Aquitaine vous venez d’obtenir la validation définitive de votre Idex (initative d’excellence). Cela doit être une grande satisfaction ?

François Cansell : Nous sommes ravis de constater que Bordeaux est désormais bien positionné pour attirer des pointures scientifiques venues de l’étranger et d’autres institutions françaises. C’est un vrai succès même si le montant de la dotation annuelle (environ 20 millions d’euros) reste relativement modeste au sein d’un ensemble dont le budget total avoisine les 800 millions. … Lire la suite

« A l’international nous sommes des fournisseurs d’ingénierie de formation » : Hervé Biausser (Centrale Supélec)

Mais comment fait-il ? La fusion entre Centrale Paris et Supélec pas encore tout à fait achevée, le directeur de CentraleSupélec Hervé Biausser est également largement investi dans la création de l’université Paris-Saclay tout en pilotant le développement de Centrale à l’international. Rencontre avec un homme 24/7.

Olivier Rollot : En 2015 Centrale Paris et Supélec sont devenus un seul est sous le nom de CentraleSupélec. Aujourd’hui le chantier de la fusion est-il totalement achevé ?

Hervé Biausser : Toutes les instances sont en place et tout fonctionne même s’il reste encore beaucoup à faire. Le principal chantier qu’il nous rester à mettre en œuvre est celui du passage à un seul cursus d’ingénieur pour la rentrée 2017. Une maquette sera finie en octobre prochain pour passer d’un seul établissement avec deux diplômes à un seul cursus dont les premiers diplômés sortiront en 2020

O. R : Les cursus des deux écoles étaient assez complémentaires.Lire la suite

Les grandes écoles veulent peser dans les prochaines présidentielles : entretien avec Anne-Lucie Wack, présidente de la CGE

Présidente de la Conférence des grandes écoles (CGE) depuis un an, directrice de Montpellier Sup Agro, Anne-Lucie Wack entend aujourd’hui rapprocher les grandes écoles des préoccupations des Français. A l’approche des élections présidentielles, elle lance une consultation qui débouchera sur des propositions concrètes. Le 12 mai elle organise un colloque à Paris pour connaître les attentes du public vis à vis de l’enseignement supérieur.

Olivier Rollot : Il y a un mois vous publiiez un sondage sur les Français et les grandes écoles. Le 12 mai vous organisez un colloque à Paris pour connaître les attentes du public vis à vis de l’enseignement supérieur. Le tout servira à émettre des propositions pour la présidentielle de 2017. Quelles nouvelles orientations voulez-vous donner à une Conférence des grandes écoles que vous présidez depuis bientôt un an ?

Anne-Lucie Wack : Nous nous sommes rendus compte que l’enseignement supérieur discute beaucoup entre pairs mais ne sait pas forcément assez ce que pensent et attendent les Français et les entreprises.… Lire la suite

Classements, bachelor, financements : le président de la Cdefi fait le point

Président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi), également directeur de Bordeaux INP, François Cansell a engagé toute une réflexion sur les classements des école d’ingénieurs et… un bras de fer avec « l’Usine nouvelle » concernant son dernier classement. Au menu de cet entretien également : le projet de bachelors mené par la Cdefi et l’état des finances des écoles. 

 

Olivier Rollot : Vous n’êtes pas satisfait de la façon dont « L’Usine nouvelle » a réalisé son dernier Classement des école d’ingénieurs au point de demander qu’il soit dépublié de son site. Que lui reprochez-vous exactement ?

François Cansell : Nous avons rencontré la rédaction de L’Usine nouvelle le 12 avril pour lui exprimer nos préoccupations mais rien n’a changé depuis, sinon une republication prenant en compte certaines erreurs commises par son prestataire. Mais ce que nous demandons c’est une véritable analyse critique des données fournies qui aurait pu être facilement faite avec les données que publie la Commission des titres d’ingénieurs (CTI).… Lire la suite

La guerre du bachelor aura-t-elle lieu ?

Tels les Grecs pour Hélène de Troie, les universités vont elles monter à l’assaut de grandes écoles qui leur auraient enlevé le bachelor ? « Nous voulons mettre les choses au clair alors que certains bachelors demandent la reconnaissance de l’Etat et que l’Etat en finance, comme à l’Ecole polytechnique. Si certains veulent que leur diplôme obtienne le grade licence il faut aussi qu’ils aient les prérequis d’une licence. Nous voulons voir clair dans ce dossier et déterminer ceux qui ont ou non le droit de s’appeler bachelor », explique Jean-Loup Salzmann, le président de la Conférence des présidents d’université. Sur son blog le directeur adjoint de Grenoble EM, Jean-François s’interroge : « Est-ce le nouveau champ de bataille entre écoles et universités ? »

Les clés du débat

Sans qu’on puisse exactement chiffrer le phénomène, le nombre de bachelors a spectaculairement progressé en France depuis cinq ans. D’abord apanage des écoles de management, ils commencent à essaimer dans les école d’ingénieurs, jusqu’à l’Ecole polytechnique (sur un modèle payant en 4 ans).… Lire la suite

« Nous devons atteindre le cap des 1000 étudiants dans trois ans » : Alain Schmitt (Ecole des Mines d’Albi)

De très beaux bâtiments dans l’une des plus belles villes de France, une intégration dans l’Institut Mines Télécom qui doit lui donner plus de moyens, de nouveaux diplômes, l’Ecole des Mines Albi-Carmaux entend se développer dans les années à venir pour atteindre une « taille critique » de 1000 étudiants. Entretien avec son directeur, Alain Schmitt.

Olivier Rollot : Parmi les sept écoles des Mines, Albi-Carmaux est la plus jeune (créée en 1993). Quelles sont vos ambitions aujourd’hui ?

Alain Schmitt : Nous sommes une école jeune, de taille moyenne, dans une ville moyenne. Nous devons atteindre le cap des 1000 étudiants dans trois ans. Aujourd’hui nous comptons 250 étudiants par promotion dans notre cycle ingénieur, dont 50 qui suivent leur cursus en apprentissage et reçoivent exactement le même diplôme que les autres. Nous recevons également chaque année quarante futurs docteurs. S’y ajoutent quatre « diplômes nationaux de masters », dont trois nouveaux à la rentrée, entièrement dispensés en anglais, qui recevront à terme en tout 100 étudiants chaque année, mais aussi des mastères spécialisés (« Aeronautical Manufacturing » avec l’Isae SupAero par exemple) et un MSc « Supply Chain and Lean Management » préparé avec Toulouse BS.… Lire la suite

Le Pôle Léonard-de-Vinci parie sur la pluridisciplinarité

« L’ADN du Pôle Léonard-de-Vinci c’est la transversalité et c’est pour cela que nous avons choisi de venir y travailler. » Vice-présidente du Pôle Léonard-de-Vinci, Nelly Rouyres a  créé cette année des semaines transversales pour que les élèves de ses trois écoles (de commerce, l’EMLV, d’ingénieurs, l’ESILV et d’Internet et multimédia, l’IIM) travaillent ensemble sur des projets précis. « On se sent plus agiles en travaillant avec les étudiants des autres filières », confie Anthony, futur ingénieur, quand Saaida, qui se destine au marketing, se sent « comme dans une entreprise avec son groupe ». Constitués aléatoirement, les groupes doivent forcément compter des étudiants de tous les profils. Cette semaine ils travaillent à tester et promouvoir une application de sondages sous forme de « battles » d’images, Chooz, que vient de lancer Kawanko, le « leader européen du marketing à la performance » sur Internet. « Nous avons fait un gros travail en amont pour mettre en concordance nos objectifs de tests avec ceux du Pôle », explique François Bieber, son P-DG, qui n’a pas hésité un instant à quitter ses 220 salariés pour suivre le projet : « Chaque jour on leur propose des ateliers différents.… Lire la suite