« Nous avons remis en marche une institution qui avait un peu dérivé » : Eric Maurincomme (INSA Lyon)

Tout juste confirmé dans ses fonctions de directeur de l’INSA Lyon, Eric Maurincomme dresse un bilan de ses cinq premières années de mandat et dresse son plan d’action pour les cinq années à venir. 100% de ses étudiants doivent avoir été formés à l’innovation d’ici 5 ans !

Olivier Rollot : Vous venez de démarrer un deuxième mandat de 5 ans à la tête de l’INSA Lyon. Quel bilan tirez-vous des cinq années passées ?

Eric Maurincomme : Nous avons remis en marche une institution qui avait un peu dérivé. Nous avons aujourd’hui des budgets transparents et un pilotage efficace. Cela nous permet de mener une vraie politique d’investissements avec 24 M€ (sur un budget annuel de 130 M€) consacrés à la rénovation des bâtiments et d’amphithéâtres qui n’avaient pas été rénovés depuis 50 ans. Nous avons également créé de nouveaux espaces pédagogiques favorisant la créativité et l’innovation. Ainsi que des investissements d’aménagements des espaces verts, dédiés aux étudiants et personnels.… Lire la suite

« Nous délivrons un enseignement à la pédagogie à tous les nouveaux entrants » : Bertrand Raquet (Insa Toulouse)

Au sein de la communauté des Insa, celui de Toulouse a toujours été celui qui portait le plus grand intérêt à sa dimension pédagogique. Parce que les lycéens ont de plus en plus de mal à intégrer les cursus scientifiques de l’enseignement supérieur, cette dimension est plus que jamais nécessaire explique son directeur, Bertrand Raquet. (Photo © Baptiste Hamousin)

Olivier Rollot : L’Insa Toulouse est depuis longtemps précurseur dans l’utilisation des nouvelles pédagogies. Quel bilan en faites-vous aujourd’hui ?

Bertrand Raquet : Il y a quinze ans que nous travaillons avec l’Université Catholique de Louvain sur les pédagogies et tout particulièrement sur l’apprentissage par projet (APP). Dès la première année de notre cycle en cinq ans nous proposons à nos étudiants la 1re semaine de cours en APP, comme entrée en matière. Pour autant, l’apprentissage par projet n’est pas majoritaire dans notre enseignement. Il faut viser des pédagogies plurielles pour satisfaire tous les profils d’étudiants alors que l’APP peut en dérouter certains.… Lire la suite

Quelle place pour les femmes à l’université?

Pour la première fois, la France accueillait la semaine dernière la Conférence européenne sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’enseignement supérieur et la recherche dont c’est la 9ème édition. L’occasion de se pencher sur un enseignement supérieur français où, si 33% des femmes sorties du système éducatif français sont titulaires d’une licence ou d’un diplôme supérieur contre 25% des hommes, elles sont en bout de course très peu nombreuses à diriger des établissements d’enseignement supérieur. Or lutter contre ce déficit n’est pas qu’une « question de justice sociale », défend Najat Vallaud-Belkacem pour laquelle la « diversité dans la gouvernance de nos universités est un vrai levier de changement et un atout qu’il faut valoriser ».

Infographie : Campus France
Infographie : Campus France

Où sont les étudiantes ?

On le sait les études restent extrêmement influencées par le genre en France. Si 58% des titulaires d’un master sont ainsi aujourd’hui des femmes, elles sont 65% en droit-sciences politiques, 74% en langues ou encore 64% en santé?… Lire la suite

« L’économie, la gestion et la sociologie représentent une part importante de la formation au génie industriel » : Bernard Ruffieux, directeur de Grenoble INP – Génie industriel

Le « génie industriel » est un métier d’ingénieur très spécifique que nous décrit Bernard Ruffieux, directeur de Grenoble INP – Génie industriel. Une école qui recrute chaque année 90 élèves en CPGE que viennent rejoindre une vingtaine d’élèves issus des prépas des INP et une trentaine d’admis sur titre, notamment pour la filière apprentissage. Cette année un nouveau concours a été créé pour encore mieux trouver les profils adaptés.

Olivier Rollot : Ce n’est pas banal de voir un économiste comme vous à la tête d’une école d’ingénieurs. Pouvez-vous nous expliquer en quoi Grenoble INP – Génie industriel est justement une école tout à fait particulière ?

Bernard Ruffieux : Je suis effectivement un économiste qui travaille depuis très longtemps dans une école d’ingénieurs spécialisée dans la discipline toute particulière qu’est le « génie industriel ». Sa terminologie anglo-saxonne (« industrial engineering and management ») explique d’ailleurs peut-être mieux ce que nous faisons dans une école où l’économie, la gestion et la sociologie représentent une part importante de la formation.… Lire la suite

« L’ingénieur est un « traducteur », son rôle est de mettre en contact des mondes différents » : Louis Jouanny (ESIEA)

Directeur général du groupe Esiea depuis janvier 2016, Louis Jouanny est un pur produit de son école (diplômé de l’Esiea en 1981) et de son écosystème : directeur du markéting puis du développement chez Fujitsu Siemens Computers il a monté sa propre entreprise dans le numérique entre 2010 et 2013. Une expérience qu’il entend aujourd’hui mettre au service de son école.

Olivier Rollot : Que faut-il savoir quand on veut se former pour travailler dans le numérique aujourd’hui ?

Louis Jouanny : Aujourd’hui, la vraie valeur ajoutée, dans le numérique, est de comprendre quels sont les besoins des utilisateurs. Pour cette raison, les entreprises ont besoin d’architectes plutôt que de maçons (avec tout le respect que j’ai pour ce métier), c’est à dire de professionnels qui ont reçu des enseignements allant bien au-delà du codage et associés à une formation humaine solide. Le codeur est devenu l’OS (ouvrier spécialisé) de la sidérurgie d’hier !… Lire la suite

Comment va fonctionner le « portail des données certifiées presse » de la Cdefi : les explications de Jean-Louis Billoet

La Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieur (Cdefi) vient de lancer un « portail des données certifiées presse » qui donne accès aux journalistes qui préparent des palmarès aux données chiffrées (nombre d’étudiants, poids de la recherche, salaires à l’embauche, etc.) des écoles d’ingénieurs. L’ouverture officielle du portail s’est déroulée lors du colloque annuel de la CDEFI qui s’est tenu à Lille les 2 et 3 juin derniers. Explications de son promoteur, Jean-Louis Billoet, directeur de l’Insa Rouen.

Olivier Rollot : Pourquoi créer ce portail ?

Jean-Louis Billoet : Ce portail a été créé dans le but de rationaliser le temps de traitement des différentes enquêtes de la presse (palmarès de l’Étudiant, l’Usine Nouvelle, enquêtes Onisep, etc.) en permettant aux médias d’accéder à des données globales liées à l’activité des écoles d’ingénieurs. Nos établissements doivent se concentrer sur leur métier, la formation et la recherche, et ne pas passer leur temps à répondre à des multiples sollicitations non coordonnées.… Lire la suite

« Notre succès à l’Idex vient de notre capacité à travailler ensemble et à avoir présenté un périmètre restreint » : François Cansell (Bordeaux INP)

Après le verdict du jury des Idex on a surtout entendu les « recalés ». Cette semaine c’est un lauréat, Bordeaux INP et son directeur général François Cansell, qui s’expriment. Mais bien d’autres sujets le préoccupent, que ce soit ses financements, la pérennité de son modèle d’apprentissage ou les classements. (Cet entretien est la suite de celui que François Cansell nous avait accordé en tant que président de la Cdefi il y a deux semaines).

Olivier Rollot : Avec l’ensemble des universités et grandes écoles de la Comue d’Aquitaine vous venez d’obtenir la validation définitive de votre Idex (initative d’excellence). Cela doit être une grande satisfaction ?

François Cansell : Nous sommes ravis de constater que Bordeaux est désormais bien positionné pour attirer des pointures scientifiques venues de l’étranger et d’autres institutions françaises. C’est un vrai succès même si le montant de la dotation annuelle (environ 20 millions d’euros) reste relativement modeste au sein d’un ensemble dont le budget total avoisine les 800 millions. … Lire la suite

« A l’international nous sommes des fournisseurs d’ingénierie de formation » : Hervé Biausser (Centrale Supélec)

Mais comment fait-il ? La fusion entre Centrale Paris et Supélec pas encore tout à fait achevée, le directeur de CentraleSupélec Hervé Biausser est également largement investi dans la création de l’université Paris-Saclay tout en pilotant le développement de Centrale à l’international. Rencontre avec un homme 24/7.

Olivier Rollot : En 2015 Centrale Paris et Supélec sont devenus un seul est sous le nom de CentraleSupélec. Aujourd’hui le chantier de la fusion est-il totalement achevé ?

Hervé Biausser : Toutes les instances sont en place et tout fonctionne même s’il reste encore beaucoup à faire. Le principal chantier qu’il nous rester à mettre en œuvre est celui du passage à un seul cursus d’ingénieur pour la rentrée 2017. Une maquette sera finie en octobre prochain pour passer d’un seul établissement avec deux diplômes à un seul cursus dont les premiers diplômés sortiront en 2020

O. R : Les cursus des deux écoles étaient assez complémentaires.Lire la suite

Les grandes écoles veulent peser dans les prochaines présidentielles : entretien avec Anne-Lucie Wack, présidente de la CGE

Présidente de la Conférence des grandes écoles (CGE) depuis un an, directrice de Montpellier Sup Agro, Anne-Lucie Wack entend aujourd’hui rapprocher les grandes écoles des préoccupations des Français. A l’approche des élections présidentielles, elle lance une consultation qui débouchera sur des propositions concrètes. Le 12 mai elle organise un colloque à Paris pour connaître les attentes du public vis à vis de l’enseignement supérieur.

Olivier Rollot : Il y a un mois vous publiiez un sondage sur les Français et les grandes écoles. Le 12 mai vous organisez un colloque à Paris pour connaître les attentes du public vis à vis de l’enseignement supérieur. Le tout servira à émettre des propositions pour la présidentielle de 2017. Quelles nouvelles orientations voulez-vous donner à une Conférence des grandes écoles que vous présidez depuis bientôt un an ?

Anne-Lucie Wack : Nous nous sommes rendus compte que l’enseignement supérieur discute beaucoup entre pairs mais ne sait pas forcément assez ce que pensent et attendent les Français et les entreprises.… Lire la suite

Classements, bachelor, financements : le président de la Cdefi fait le point

Président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi), également directeur de Bordeaux INP, François Cansell a engagé toute une réflexion sur les classements des école d’ingénieurs et… un bras de fer avec « l’Usine nouvelle » concernant son dernier classement. Au menu de cet entretien également : le projet de bachelors mené par la Cdefi et l’état des finances des écoles. 

 

Olivier Rollot : Vous n’êtes pas satisfait de la façon dont « L’Usine nouvelle » a réalisé son dernier Classement des école d’ingénieurs au point de demander qu’il soit dépublié de son site. Que lui reprochez-vous exactement ?

François Cansell : Nous avons rencontré la rédaction de L’Usine nouvelle le 12 avril pour lui exprimer nos préoccupations mais rien n’a changé depuis, sinon une republication prenant en compte certaines erreurs commises par son prestataire. Mais ce que nous demandons c’est une véritable analyse critique des données fournies qui aurait pu être facilement faite avec les données que publie la Commission des titres d’ingénieurs (CTI).… Lire la suite