Loi sur l’enseignement supérieur et la recherche: quasi adoptée !

Après 27 heures de discussion parfois acharnées et l’examen de 395 amendements, la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche a finalement été adoptée par le Sénat. Si le vote a longtemps été indécis – le texte n’aurait pas été adopté si les centristes de l’UDI-UC n’avaient pas voté pour ou abstenus, les communistes ayant voté contre -, le ministère de l’Enseignement supérieur et la Recherche peut se targuer d’avoir évité de justesse un échec. Sept députés et sept sénateurs ayant depuis trouvé une version commune du texte en commission mixte, le texte ne doit plus désormais qu’être voté dans les deux chambres pour être définitivement adopté. Reste que beaucoup de points font encore débat et reviendront bientôt dans l’actualité.

La qualification au CNU doit-elle disparaître?

Auparavant, un amendement de dernière minute, voulu par les Verts au Sénat sur la suppression de la «qualification» des enseignants au CNU, avait semé le trouble dans la communauté universitaire avant d’être abandonné en commission.… Lire la suite

Loi sur l’enseignement supérieur à la recherche: beaucoup de bruit pour pas grand-chose ?

Les communautés remplacent les PRES, le Haut conseil de l’évaluation l’Aeres, les CPGE seront payantes et devront recevoir plus de bons bacheliers, les IUT plus de bacs technos, les STS plus de bacs pros, les grandes écoles seront toutes sous cotutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, les stages tous rémunérés (lire le détail de ces mesures ci-dessous) mais cela valait-il vraiment le coup de se donner autant de mal pour ça? «Il fallait bien réfléchir à améliorer ce qui avait été fait en 2007 sans être dans la rupture totale», expliquait avant le vote Khaled Bouabdallah, l’un des vice-présidents dans la CPU, dans un entretien qu’il m’avait accordé.

Oui mais fallait-il pour cela passer par des Assises, une loi, des centaines d’heures de discussion pour, finalement, accoucher d’un texte qui entérine très largement la LRU ? Sans doute que oui et ce sera à mettre au crédit du gouvernement d’avoir pris le temps d’écouter les acteurs de l’enseignement supérieur pour porter un texte finalement assez équilibré mais qui aura divisé la gauche : les groupes écologistes et Front de gauche ont voté contre.… Lire la suite

Loi sur l’enseignement supérieur : l’heure des tensions

Après la concertation l’heure est venue des décisions et, fatalement, ce sont les non-dits et les malentendus qui se font entendre et donnent quelque peu l’impression que le gouvernement navigue à vue. Les semaines à venir risquent en tout cas d’être fertiles en rebondissement et le jeune (45 ans) rapporteur du futur projet de loi relatif à l’Enseignement supérieur et la Recherche, Vincent Feltesse, député de la Gironde et Président de la Communauté urbaine de Bordeaux, aura à faire preuve de l’habileté qu’on lui reconnaît généralement – lorsqu’il était professeur à l’IEP de Bordeaux il y enseignait la communication publique et politique – pour faire adopter un texte qui ne mécontente pas (trop) tout le monde.

Calmer les présidents d’université

La liste des mécontents est en effet montée très rapidement ces deux dernières semaines. Il y avait déjà les profs de prépas, qui ont peur de se faire absorber par l’université, les grandes écoles, qui ont l’impression que la loi se fait sans eux (mais n’en sont pas toujours si fâchées), les professionnels, qui se sentent totalement exclus, il y a maintenant beaucoup d’enseignants chercheurs, qui voient renaître avec effroi l’Aeres de ses cendres, et surtout de présidents d’université.… Lire la suite

Geneviève Fioraso relance le campus de Saclay

« Depuis six mois le comité de pilotage ne s’était pas réuni alors oui, nous relançons bien le projet. » En allant le 8 novembre visiter les locaux de l’université Paris-Sud Orsay, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, faisait un acte éminemment politique en relançant l’un des projets phares de la précédente majorité. « Saclay, c’est un projet qui date des années 60, pas du précédent gouvernement », tenait-elle justement à bien affirmer, consciente des « freins qui subsistent, notamment en matière de transport » mais aussi d’apporter des solutions en « donnant un rôle accru aux collectivités locales dans la suite du projet » : « On ne peut pas demander des permis de construire, faire construire des transports en commun, décider de l’avenir d’un tissu économique sans les acteurs de terrain », insistait-elle encore, d’ailleurs dument accompagnée d’Isabelle This-Saint-Jean, vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France, en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche.Lire la suite

Bonnes vacances… en pensant aux défis de la rentrée

Comme vous nous partons quelques semaines en vacances. Comme vous nous allons décompresser et, comme vous, avoir quelque part en tête les défis qui attendent le monde de l’enseignement supérieur à la rentrée.

1. Que va-t-il sortir des Assises ?

Pilotées par Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine, les Assises territoriales puis nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche qui vont se dérouler de la mi-octobre à la fin novembre doivent déboucher sur une nouvelle loi cadre début 2013. Elles risquent surtout d’être un terrain d’affrontement privilégié entre les opposants farouches à la LRU (Bertrand Monthubert, Isabelle This Saint-Jean, Anne Fraisse, etc.) et ceux qui y ont participé en tant que présidents d’université à la tête de la CPU et sont maintenant aux commandes du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (Lionel Collet, Simone Bonnafous, Daniel Filâtre). Les premiers ont l’avantage d’être proches ou membres du PS, les seconds d’être aux manettes.… Lire la suite

Lionel Collet, un directeur de cabinet « pro LRU » pour la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ?

« Je m’étonne qu’un candidat socialiste recrute ses conseillers parmi ceux qui ont aidé à mettre en place la LRU, ceux qui « dialoguent » aimablement avec Mme Pécresse sur l’avenir de la recherche en France et ont eu la naïveté de croire au marketing de « l’excellence » et de « l’autonomie ». » Présidente de l’université Montpellier 3 et parmi les adversaires les plus farouches de la LRU – l’autonomie des universités voulue par le précédent gouvernement – Anne Fraïsse ne mâchait pas ses mots en parlant de Lionel Collet dans une lettre écrite à François Hollande début 2012. Et encore à l’époque, l’ancien président de la Conférence des présidents d’université (CPU) n’était encore qu’un des conseillers de Vincent Peillon, le chargé des questions d’éducation dans l’équipe de François Hollande.

Histoire de faire oublier cette présence « pro LRU », l’équipe de Vincent Peillon s’était alors enrichie de la présence d’Isabelle This Saint Jean, figure de l’association Sauvons l’université, élue PS et vice-présidente chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche au conseil régional d »Ile-de-France.… Lire la suite

Enseignement supérieur, recherche : que va faire Geneviève Fioraso ?

La « passionaria de l’innovation ». C’est en ces termes que le journal « Les Echos » dressait le portrait de Geneviève Fioraso quelques jours avant qu’elle n’accède au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Adjointe à l’économie à l’université et à la recherche de Grenoble, elle est également chargée du développement économique de la communauté d’agglomération. C’est dire si la nomination de cette ancienne professeure d’anglais de 57 ans, mère de six enfants, est logique.

Prof puis élue PS

Beaucoup moins connue que son collègue de l’Education, Vincent Peillon, la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est elle aussi une enseignante du secondaire. Née en 1954 dans la Somme – dont Vincent Peillon fut député -, elle possède deux maîtrises en économie et en anglais. C’est dans cette dernière discipline qu’elle a enseigné pendant 3 ans dans un collège de sa région avant de rejoindre Grenoble en 1979.… Lire la suite