L’enseignement supérieur c’est aussi de la géopolitique ! : les analyses de Jean-François Fiorina (Grenoble EM)

Directeur adjoint de Grenoble EM, Jean-François Fiorina est un passionné de géopolitique, sujet sur lequel il revient régulièrement sur son blog. Il nous explique comment, dans l’enseignement supérieur aussi, les grandes nations développent leurs stratégies pour conquérir le flux de plus en plus important des étudiants internationaux.

Olivier Rollot : Depuis 2002 le nombre d’étudiants internationaux, qui vont étudier dans d’autres pays, a plus que doublé pour atteindre 4,3 millions en 2016. Comment fait-on pour les attirer ?

Jean-François Fiorina : Toutes les business schools cherchent à attirer les meilleurs talents du monde et il faut déjà commencer par ne pas se faire piquer les bons ! Avant on allait étudier dans sa ville et dans quelques écoles très renommées, avec Internet et le numérique les étudiants ont en 1/100° de seconde accès à des milliers de propositions en tapant « master » sur Google. De plus le coût du transport n’est plus un handicap avec la montée en puissance des compagnies aériennes à bas coût.… Lire la suite

« Un site se porte mieux si un établissement de l’IMT en fait partie » : Philippe Jamet

Directeur général de l’Institut Mines-Télécom (IMT), ancien président de la Conférence des grandes écoles, Philippe Jamet est en train d’imposer un nouveau modèle d’organisation de l’enseignement supérieur. Le regarde aiguisé sur nos écoles et nos universités d’un homme habitué à surmonter les difficultés.

 Olivier Rollot : Le classement 2017 des écoles d’ingénieurs de « L’Usine nouvelle » place trois des dix écoles membres de l’IMT dans les cinq premières (Télécom ParisTech 4ème puis Mines ParisTech et l’IMT Atlantique ex-aequo). C’est un résultat qui doit vous réjouir.

Philippe Jamet : Bien sûr ! Même si ce classement est réputé assez volatil, si on se souvient des biais méthodologiques de l’édition précédente. De plus un certain nombre d’écoles, comme les écoles Centrale de Lyon et Paris, ont préféré ne pas répondre. Nous sommes en tout cas heureux de voir l’impact positif qu’a eu leur fusion pour Mines Nantes et Télécom Bretagne qui forment depuis le début 2017 l’IMT Atlantique, ainsi que pour l’autre école fusionnée, IMT Lille Douai.… Lire la suite

« Nous voulons rendre notre programme grande école plus lisible » : Thomas Froehlicher (Kedge BS)

Kedge Business School est une véritable « machine éducative » qui compte aujourd’hui 12 500 étudiants et dont le budget doit passer de 103 M€ en 2016 à 133 M€ en 2020. Son directeur général Thomas Froehlicher, également actuel président du concours Ecricome, revient sur les grands enjeux que rencontre aujourd’hui Kedge.

Olivier Rollot : Pouvez-vous d’abord nous faire un petit bilan des inscriptions au concours Ecricome cette année ?

Thomas Froehlicher : Nous constatons une dynamique très positive avec 8191 candidats inscrits issus des différentes classes préparatoires aux grandes écoles. Les Écoles Ecricome, Kedge et Neoma BS renforcent leur position de premières Écoles choisies par les candidats, en hausse de 4,4% par rapport à 2016 pour les filières non littéraires. Quatre facteurs expliquent probalement cela :  en premier lieu, la solidité de deux très grandes écoles proposant une offre de formation rigoureuse sur de multiples campus ; en second lieu, la baisse décidée des coûts d’inscription pour alléger le poids financier des concours, une approche résolument « family friendly » ; en troisième lieu, une session écrite positionnée de manière à laisser une période suffisante de repos avant la session des écrits de la BCE ; et, enfin, last but not least, le renouvellement de la confiance de la communauté des proviseurs et des professeurs des CPGE vis-à-vis de la qualité des épreuves ECRICOME s’est confirmée.… Lire la suite

« La rhétorique selon laquelle l’ascenseur social passe par l’envoi de tous les jeunes dans l’enseignement supérieur ne fonctionne pas » : Philippe Jamet

A quelques mois de l’élection présidentielle, Philippe Jamet (directeur général de l’Institut Mines-Télécom (IMT) et ancien président de la Conférence des grandes écoles) a tenu à s’exprimer à titre personnel sur l’avenir de notre système éducatif. Dans un essai intitulé Éducation française, l’heure de vérité, il fait le constat d’une France qui recule régulièrement dans les enquêtes PISA tout en amenant de plus en plus d’étudiants dans l’enseignement supérieur long (licence-master) au détriment de l’enseignement supérieur court et plus généralement de la problématique générale de la réussite scolaire et étudiante.

 Olivier Rollot : Dans votre livre vous vous montrez très critique sur notre système éducatif dont vous constatez notamment « l’immobilisme étayé par de puissants lobbies ».

Philippe Jamet : Nous sommes tous responsables de l’état des lieux actuel car prisonniers d’un certain nombre de représentations.… Lire la suite

S.O.S Comue

Paris 1 et maintenant l’Ena qui quittent Hesam, Lyon 3 que se désolidarise de l’Idex, Léonard-de-Vinci lâchée par ses membres quand les acteurs de Paris-Saclay n’en finissent pas de se déchirer. Alors que les nouveaux projet d’Idex ont été déposés la semaine dernière, l’actualité des communautés d’universités et d’établissements (Comue) reste chaotique. Un retour en grâce des grands établissements semble même être la meilleure solution pour permettre leur développement selon le directeur de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR), Jean-Richard Cytermann, dans son dernier rapport intitulé Simplification des instruments de coordination territoriale et articulation avec les initiatives d’excellence. Comme si dans la loi Fioraso de 2013 tout avait été fait pour se donner de grands objectifs tout en se garantissant de ne pas pouvoir les atteindre : gouvernance ingérable, procédures incompréhensibles, compétences floues, etc. Et surtout accord en trompe l’œil de membres désireux à la fois de ne pas heurter leurs tutelles et de garantir leur indépendance.… Lire la suite

Les grandes écoles veulent peser dans les prochaines présidentielles : entretien avec Anne-Lucie Wack, présidente de la CGE

Présidente de la Conférence des grandes écoles (CGE) depuis un an, directrice de Montpellier Sup Agro, Anne-Lucie Wack entend aujourd’hui rapprocher les grandes écoles des préoccupations des Français. A l’approche des élections présidentielles, elle lance une consultation qui débouchera sur des propositions concrètes. Le 12 mai elle organise un colloque à Paris pour connaître les attentes du public vis à vis de l’enseignement supérieur.

Olivier Rollot : Il y a un mois vous publiiez un sondage sur les Français et les grandes écoles. Le 12 mai vous organisez un colloque à Paris pour connaître les attentes du public vis à vis de l’enseignement supérieur. Le tout servira à émettre des propositions pour la présidentielle de 2017. Quelles nouvelles orientations voulez-vous donner à une Conférence des grandes écoles que vous présidez depuis bientôt un an ?

Anne-Lucie Wack : Nous nous sommes rendus compte que l’enseignement supérieur discute beaucoup entre pairs mais ne sait pas forcément assez ce que pensent et attendent les Français et les entreprises.… Lire la suite

Enseignement supérieur : qui a la plus forte #TwitterInfluence ? Le classement 2016

Pour la troisième année consécutive nous vous présentons notre « Observatoire de l’influence des comptes Twitter des universités et grandes écoles françaises » (pour comparer avec les résultats 2015, cliquez ici). Un indicateur particulièrement précieux tant Twitter est devenu un élément central de communication pour les établissements : pas seulement à destination des étudiants comme Facebook mais de communautés beaucoup plus larges (alumni, entreprises, enseignants) qui savent qui il faut suivre pour se tenir au courant de l’actualité.

Une stratégie gagnante : Paris 1 Panthéon-Sorbonne

S’il est un grand gagnant cette année, c’est bien l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, première toutes catégories confondues dans les établissements d’enseignement supérieur grâce notamment à un excellent taux de retweet. « Lorsque j’ai pris mes fonctions, au printemps 2012, Paris 1 Panthéon-Sorbonne était déjà présente sur trois réseaux sociaux (FB, Twitter et YouTube) mais il était indispensable de définir une stratégie digitale. Pourquoi? Précisément pour mieux communiquer avec notre communauté mais également avec notre écosystème.… Lire la suite

Les Français aiment leurs grandes écoles

Si 8 Français sur 10 ont une bonne opinion des grandes écoles, 49% jugent que le coût des études est une barrière à l’entrée. La Conférence des grandes écoles (CGE) a fait réaliser une étude sur Les Français et les grandes écoles par TNS Sofres qui prouve que leur image est « associée à un petit nombre d’écoles quand 60% des écoles et 90% des prépas sont publiques », constate Anne-Lucie Wack, la présidente de la CGE. Maintenant bien décidée à passer à une « communication B to C et non plus B to C comme maintenant » elle entend aller chercher de futurs élèves dès la 4ème/3ème pour « trouver des talents qui s’ignorent ». Alors qu’aujourd’hui de 4000 à 5000 élèves sont suivis par la CGE, elle entend multiplier ce chiffre par 10 avec des associations comme Passeport Avenir.Estl 144 Repères (0)

Quelques autres points saillants de l’enquête :

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  • 75% des Français estiment que les Grandes écoles constituent un investissement financier rentable sur le long terme ;
  • 77% s’opposent à leur suppression ;
  • 72% pensent qu’une formation qui sélectionne ses étudiants offre un diplôme mieux reconnu sur le marché du travail ;
  • 57% pensent que le niveau requis pour entrer dans une grande école est accessible ;Estl 144 Repères (2)

 

  • 50% des jeunes souhaitent intégrer une grande école pour 72% de leurs parents (et respectivement 41% et 70% une classe prépa).
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« Nous savons faire vivre l’ambiance Essca sur tous nos sites » : Catherine Leblanc

Deuxième école de management la plus reconnue après le bac, l’ESSCA s’est lancée ces dernières années dans des spécialisations comme le Webmarketing ou le Risk management pour favoriser l’insertion professionnelle de ses diplômés. Sa directrice générale, Catherine Leblanc, revient sur sa stratégie.

Olivier Rollot (@O_Rollot) : Qu’est-ce qui attire aujourd’hui le plus les étudiants à l’Essca ?

C. L : Le côté complet de la formation. Nous cherchons à faire éclore les talents qu’ils ont. L’idée de pouvoir étudier à l’international les séduit naturellement, car tous nos étudiants partent étudier et faire des stages à l’étranger. A la sortie de l’Essca tous nos diplômés parlent trois ou quatre langues et ont un niveau moyen de 916 au TOEIC. Après le bac, ils ont encore une vision assez abstraite du monde du travail, des métiers et même des matières qui vont leur être enseignées. Les cours dispensés lors des 2 premières années et le projet personnel et professionnel à conduire sur leur orientation, à réaliser tout au long de leur cursus, leur permettent d’appréhender au mieux  leur choix de carrière et par conséquent de spécialisation.… Lire la suite

International : les grandes écoles de plus en plus attractives

Comme tous les eux ans la Conférence des grandes écoles vient de livrer les conclusions de son Enquête mobilité. Et le moins qu’on puisse dire c’est que l’évolution est forte : le nombre d’étudiants internationaux dans les grandes écoles a augmenté de 21% en deux ans pour atteindre 23% des effectifs (19,7% dans les écoles d’ingénieurs et 28% dans les écoles de management, tous programmes confondus). Le nombre d’élèves ayant effectué un séjour à l’étranger a également notamment augmenté, mais dans des proportions moindres, de 12 % (+27 % pour les séjours académiques ; en revanche les départs en stage à l’étranger sont stables à +1,4 %). En tout les grandes écoles ont accueilli 58 022 étudiants étrangers tandis qu’elles ont envoyé 53 899 de leurs élèves à l’étranger. « En tout les grandes écoles représentent 20% de la mobilité entrante en France et comptent pour 35,7% de la mobilité académique sortante (sans compter les stages) pour 16,6 % des effectifs étudiants en France », se félicite Yves Poilane, président de la commission relations internationales de la CGE.… Lire la suite