L’enseignement supérieur c’est aussi de la géopolitique ! : les analyses de Jean-François Fiorina (Grenoble EM)

Directeur adjoint de Grenoble EM, Jean-François Fiorina est un passionné de géopolitique, sujet sur lequel il revient régulièrement sur son blog. Il nous explique comment, dans l’enseignement supérieur aussi, les grandes nations développent leurs stratégies pour conquérir le flux de plus en plus important des étudiants internationaux.

Olivier Rollot : Depuis 2002 le nombre d’étudiants internationaux, qui vont étudier dans d’autres pays, a plus que doublé pour atteindre 4,3 millions en 2016. Comment fait-on pour les attirer ?

Jean-François Fiorina : Toutes les business schools cherchent à attirer les meilleurs talents du monde et il faut déjà commencer par ne pas se faire piquer les bons ! Avant on allait étudier dans sa ville et dans quelques écoles très renommées, avec Internet et le numérique les étudiants ont en 1/100° de seconde accès à des milliers de propositions en tapant « master » sur Google. De plus le coût du transport n’est plus un handicap avec la montée en puissance des compagnies aériennes à bas coût.… Lire la suite

Campus France analyse la mobilité sortante des étudiants de France

Campus France, l’organisme public chargé de favoriser la mobilité étudiante vers et hors de France, et BVA ont pour la première fois interrogé 26 000 étudiants de France issus de 330 établissements d’enseignement supérieur dans une étude intitulée La mobilité sortante des étudiants de France. En tout 73 354 étudiants français étaient en mobilité d’études à l’étranger en 2013(dans un cadre diplômant, excluant les séjours linguistiques ou les trimestres d’échange), soit moins de 3,5 % des 2,1 millions d’étudiants français. 85% seraient pourtant intéressés.

Estl 145 Repères Campus France (0)

Les freins à la mobilité

Les deux tiers des étudiants interrogés n’ont eu aucune expérience de séjour à l’étranger. Alors que seulement 19% des étudiants en écoles de commerce ou d’ingénieurs sont dans ce cas, 74% des étudiants des universités n’avaient aucune expérience à l’étranger au moment de l’enquête.

Au sein des étudiants qui n’ont pas souhaité (15%) ou ont abandonné le projet (10%) de partir à l’étranger, 38% estiment que c’est leur niveau de langue rend impossible le séjour, 32% n’ont tout simplement pas envie de quitter leur environnement familial et amical, autant sont convaincus de ne pouvoir financer le séjour, 31% considèrent que ce n’est pas obligatoire pour valider leur cursus et 23% enfin ne tiennent pas à allonger leur temps d’études.… Lire la suite

International : les grandes écoles de plus en plus attractives

Comme tous les eux ans la Conférence des grandes écoles vient de livrer les conclusions de son Enquête mobilité. Et le moins qu’on puisse dire c’est que l’évolution est forte : le nombre d’étudiants internationaux dans les grandes écoles a augmenté de 21% en deux ans pour atteindre 23% des effectifs (19,7% dans les écoles d’ingénieurs et 28% dans les écoles de management, tous programmes confondus). Le nombre d’élèves ayant effectué un séjour à l’étranger a également notamment augmenté, mais dans des proportions moindres, de 12 % (+27 % pour les séjours académiques ; en revanche les départs en stage à l’étranger sont stables à +1,4 %). En tout les grandes écoles ont accueilli 58 022 étudiants étrangers tandis qu’elles ont envoyé 53 899 de leurs élèves à l’étranger. « En tout les grandes écoles représentent 20% de la mobilité entrante en France et comptent pour 35,7% de la mobilité académique sortante (sans compter les stages) pour 16,6 % des effectifs étudiants en France », se félicite Yves Poilane, président de la commission relations internationales de la CGE.… Lire la suite

Comment Paris School of Business entend attirer de plus en plus d’étudiants étrangers : entretien avec Armand Derhy

Il y a quelques semaines l’ESG management school est devenue la Paris School of Business. Un changement de nom qui marque la volonté de l’école de marquer ses nouvelles ambitions internationales explique Armand Derhy, son directeur, dont l’école s’est récemment implantée dans un nouveau campus de 10 000 m2 dans le 13ème arrondissement de Paris.

Armand Derhy

Olivier Rollot (@O_Rollot) : La Paris School of Business c’est l’ESG Management school en plus internationale?

Armand Derhy : A l’horizon 2020 notre objectif est d’atteindre 4 000 étudiants dont 25% internationaux contre 3 000 à ce jour pour 500 internationaux. Si une marque plus internationale contribue à accroitre la notoriété de l’école, elle doit s’accompagner d’autres atouts et notamment : 300 modules d’enseignements entièrement en anglais et un campus tout neuf en plein Paris. Un autre objectif : les accréditations nationales et internationales : après avoir obtenu l’ensemble des reconnaissances sur le plan national et le renouvellement récent du grade de Master pour une durée de 4 ans, le programme Grande école vient de décrocher l’accréditation internationale AMBA pour une durée de 3 ans et est en course pour d’autres accréditations.… Lire la suite

« Les étudiants doivent travailler autour des questions d’altérité » : Antoine Sfeir (Ileri)

Fondé en 1948, l’Ileri forme chaque année 200 étudiants après le bac (bachelor) ou en master pour devenir des spécialistes des relations internationales. C’est fort logiquement à l’une des personnalités les plus reconnues en la matière en France, particulièrement actif sur le Moyen Orient et le monde musulman, Antoine Sfeir, qu’est revenue cette année sa présidence.

Antoine Sfeir

Olivier Rollot : Pourquoi avez-vous accepté la présidence de l’Ileri ? C’est la première fois que vous prenez des responsabilités dans l’enseignement supérieur.

Antoine Sfeir : Il y a 38 ans que j’enseigne mais c’est effectivement la première fois que je prends de telles responsabilités. Mais comment pouvais-je refuser l’honneur de succéder à des personnalités comme Raymond Barre ou Edgar Faure à la tête d’un institut créé par l’un des auteurs de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, René Cassin ?

O. R : Quel va être exactement votre rôle ?

A. S : Je ne veux pas juste être un CV.… Lire la suite

Comment faire venir plus d’étudiants étrangers ? : c’est la mission de Campus France

Parce que promouvoir son enseignement supérieur à l’étranger est aujourd’hui une mission essentielle pour chaque grande puissance, l’organisme français qui en a la charge, Campus France, dépend conjointement du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de celui des Affaires étrangères. Sa présidente, Sophie Béjean, et son directeur général Antoine Grassinreviennent sur son fonctionnement.

Olivier Rollot : Par définition le grand public français connaît mal un organisme dont le travail s’effectue essentiellement à l’étranger. Pouvez-vous expliquer quels sont les métiers de Campus France ?

Antoine Grassin : Nous avons deux grands métiers : nous sommes opérateurs des bourses d’études offertes par le gouvernement français mais aussi des gouvernements français et d’autres institutions chargé de faire la promotion de notre enseignement supérieur à travers notre site Internet et des manifestations dans les différents pays. Pour cela nous nous appuyons sur les espaces Campus France présents au sein de nos ambassades dans 114 pays dans le monde (huit en Chine, cinq au Maroc, etc.).… Lire la suite

Comment les grandes écoles permettent aux étudiants de se bâtir un profil international

Six mois au Japon, autant à Singapour, trois mois dans l’immobilier à Londres, un trimestre à l’université Luiss de Rome, ce n’est pas un parcours de découverte du monde mais celui d’une étudiante de l’Essec de la promotion 2011. Un profil international ne peut plus être aujourd’hui uniquement européen. La Grande-Bretagne ou en Espagne ne sont finalement que nos marchés domestiques. Les entreprises recherchent aujourd’hui des profils qui sont allés en Asie, en Afrique ou en Amérique. « L’international est le terrain de jeux naturel de nos étudiants, explique Jean-François Fiorina, le directeur de l’ESC Grenoble. C’est totalement naturel pour eux de décider en quelques secondes de prendre un billet pour Prague ou Venise alors que pour notre génération – il est né en 1964 – c’était un privilège d’aller à l’étranger. »

Pour rester en contact alors qu’ils sont aux quatre coins de la planète, les étudiants de l’ESC Grenoble organisent ce qu’ils appellent des « repas Skype ».… Lire la suite