« 8% de nos étudiants sont inscrits dans ces formations bi et triple diplômantes » : Christine Gangloff-Ziegler (Université de Haute-Alsace)

Avec ses 8300 étudiants, ses huit composantes (dont deux écoles d’ingénieurs et deux instituts universitaire de technologie) et ses 14 laboratoires, l’université de Haute-Alsace (UHA) est aussi bien une université de proximité que de recherche, professionnalisante dans un environnement géographique privilégié à deux pas de l’Allemagne et de la Suisse. Sa présidente depuis 2012, Christine Gangloff-Ziegler, revient sur ses spécificités.

Olivier Rollot : Qu’est ce qui caractérise plus particulièrement l’université de Haute-Alsace ?

Christine Gangloff-Ziegler : Un triptyque professionnalisation, transfrontalier et innovation. Nous sommes par exemple l’université qui reçoit, en pourcentage, le plus d’étudiants apprentis (12%) en dehors de l’Ile-de-France. Nous sommes également la première université en ce qui concerne les rémunérations de nos diplômés en sciences et technologies. Nous portons une attention toute particulière à la construction de nos formations pour qu’elles assurent une bonne insertion professionnelle. Notre recherche se fait en liens étroits avec les entreprises, de la recherche fondamentale jusqu’à des montages pilotes pour tester ensemble des concepts.… Lire la suite

« Beaucoup de nos étudiants n’ont pas développé dans leur cursus antérieur des stratégies d’apprentissage efficaces »: Christophe Morin (Promosciences)

Comme son nom l’indique l’association Promosciences entend promouvoir la qualité des enseignements scientifiques et donc favoriser la réussite du plus grand nombre d’étudiants dans les licences scientifiques universitaires. Son président, Christophe Morin, enseignant-chercheur en biologie à l’Université Paris Est Créteil (UPEC), revient sur les enjeux majeurs que représente plus que jamais l’enseignement des sciences.

Olivier Rollot : On parle beaucoup aujourd’hui du décalage qui existerait entre l’enseignement des sciences jusqu’au bac et dans l’enseignement supérieur.

Christophe Morin : Je participe à un comité « bac-3 / bac+3 » dans mon académie et nous sommes bien obligés de constater que les exigences que nous avons maintenues en sciences dans l’enseignement supérieur ne correspondent plus au niveau en maths d’une grande partie des bacheliers S qui nous rejoignent. Certains ont même choisi la biologie après s’être entendus dire « Tu n’es pas bon en maths, va donc en bio ! », ce qui a tendance à enfermer ces élèves dans leur niveau et ne les encourage pas à s’impliquer pour progresser.… Lire la suite

« L’Université de Bordeaux favorise l’orientation progressive de ses étudiants » : Manuel Tunon de Lara

C’est l’une des très grandes universités françaises. Créée en 2014 après la fusion de trois des quatre universités bordelaises, l’Université de Bordeaux compte plus de 50 000 étudiants. Son président, Manuel Tunon de Lara, trace le portrait d’un monde universitaire en pleine mutation dans un entretien en deux parties dont nous vous livrons ici la deuxième moitié.

Olivier Rollot : On évoque une explosion des effectifs universitaires. Quelle évolution a connu l’Université de Bordeaux en 2016-2017 ?

Manuel Tunon de Lara : Nos effectifs sont assez stables : en un an ils sont passés de 52 000 à 54 000 étudiants mais la très grande majorité de ces nouveaux étudiants – 1600 – sont des doubles inscriptions d’élèves de CPGE. En tout nous avons reçu cette année 8900 néo-bacheliers. Les collèges universitaires qui connaissent la plus forte hausse sont les sciences de la santé – nous acceptons tous les candidats en PACES (première année commune aux études de santé) -, le droit et les sciences politiques.… Lire la suite

« Je ne vois aucun avenir à notre Comue ni à la plupart des Comues » : Manuel Tunon de Lara

« Je ne vois aucun avenir à notre Comue ni à la plupart des Comues en général » : Manuel Tunon de Lara (Université de Bordeaux)

C’est l’une des très grandes universités françaises. Créée en 2014 après la fusion de trois des quatre universités bordelaises, l’Université de Bordeaux compte plus de 50 000 étudiants. Son président, Manuel Tunon de Lara, trace le portrait d’un monde universitaire en pleine mutation dans un entretien en deux parties dont nous vous livrons cette semaine la première moitié.

 

Olivier Rollot : Alors que de grands regroupements d’universités, comme ceux de Toulouse ou Paris-Saclay, ont été retoqués ou sont en période de « probation », comment l’université de Bordeaux est-elle parvenue à convaincre le jury des Idex de la pertinence de son projet ?

Manuel Tunon de Lara : De très grandes universités proposant de très beaux projets vont également obtenir l’Idex. Nous avons besoin de grandes universités en province, nous avons besoin de Paris-Saclay ou de la fusion entre UPMC et Paris 4, etc.… Lire la suite

« La rhétorique selon laquelle l’ascenseur social passe par l’envoi de tous les jeunes dans l’enseignement supérieur ne fonctionne pas » : Philippe Jamet

A quelques mois de l’élection présidentielle, Philippe Jamet (directeur général de l’Institut Mines-Télécom (IMT) et ancien président de la Conférence des grandes écoles) a tenu à s’exprimer à titre personnel sur l’avenir de notre système éducatif. Dans un essai intitulé Éducation française, l’heure de vérité, il fait le constat d’une France qui recule régulièrement dans les enquêtes PISA tout en amenant de plus en plus d’étudiants dans l’enseignement supérieur long (licence-master) au détriment de l’enseignement supérieur court et plus généralement de la problématique générale de la réussite scolaire et étudiante.

 Olivier Rollot : Dans votre livre vous vous montrez très critique sur notre système éducatif dont vous constatez notamment « l’immobilisme étayé par de puissants lobbies ».

Philippe Jamet : Nous sommes tous responsables de l’état des lieux actuel car prisonniers d’un certain nombre de représentations.… Lire la suite

Comment vivent les campus dans le monde ?

C’était le thème de son colloque annuel en 2016. La Conférence des présidents d’université et la Caisse des Dépôts ont réalisé un benchmark international portant sur des Modèles économiques innovants et des exemples de financements pour améliorer la vie de campus. D’autres études et un cas pratique pour bien saisir tous les enjeux du développement des campus.

Une dynamique d’ouverture du campus sur le monde extérieur

A travers douze études de cas, le benchmark mené par la CPU entend « identifier des solutions alternatives aux modèles actuels de financement d’activités ou d’équipements, illustrer concrètement des modèles économiques innovants, et mettre en avant des modes de partenariat et de collaboration originaux avec les acteurs du territoire ». Cinq champs de la vie de campus sont examinés : la culture, la santé, le sport, les relations avec le monde économique, et le patrimoine.

Les exemples étudiés attestent d’abord d’une dynamique d’ouverture du campus sur le monde extérieur et notamment une tendance à ouvrir l’usage des équipements à des personnes extérieures à l’université.… Lire la suite

Qui sont les étudiants à l’université ?

Le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche vient de publier une note sur Les étudiants inscrits dans les universités françaises en 2015-2016, soit près d’1,6 million. Si la hausse est de 4% en 1 an, 1,2% sont dus aux inscriptions parallèles des étudiants de CPGE. Dans le détail, les effectifs sont en hausse en cursus licence (+ 2,9% hors doubles inscriptions et 967 000 étudiants) et master (+ 3,2% avec la montée en charge des inscriptions en masters MEEF – métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation -, pour 566 500 étudiants) mais diminuent en doctorat (-1,6% et 59 700 étudiants).

Les nouveaux entrants. Le nombre de nouveaux bacheliers s’inscrivant à l’université est en hausse de 7,9% à la rentrée 2015 dans un contexte de baisse du nombre de (- 1,1%) mais de forte hausse des bacheliers généraux (+ 3,7% par rapport à 2014).… Lire la suite

« A Sciences Po, nous avons la conviction profonde depuis toujours que la pédagogie est au cœur de notre métier »

Sciences Po veut affirmer sa volonté de développer de nouvelles pédagogies et vient de créer à cet effet un laboratoire de « pédagogie active ». Cornelia Woll, directrice des études et de la scolarité et Delphine Grouès, directrice exécutive des études et de l’innovation pédagogique et responsable du laboratoire, expliquent comment.

Olivier Rollot (@O_Rollot): Quand on pense Sciences Po on pense excellence, international, intervenants prestigieux, filière ZEP… mais pas forcément innovation pédagogique. C’est aussi une dimension importante aujourd’hui à Sciences Po ?

Cornelia Woll : A mon avis c’est un tort ! Les études de cas ont commencé à être enseignées à Sciences Po dès les années 1920-1930. Les « conférences de méthode », qui sont à la base de notre enseignement, sont une forme de pédagogie active sous la forme d’exposé. Nous avons la conviction profonde depuis toujours que la pédagogie est au cœur de notre métier.… Lire la suite

S.O.S Comue

Paris 1 et maintenant l’Ena qui quittent Hesam, Lyon 3 que se désolidarise de l’Idex, Léonard-de-Vinci lâchée par ses membres quand les acteurs de Paris-Saclay n’en finissent pas de se déchirer. Alors que les nouveaux projet d’Idex ont été déposés la semaine dernière, l’actualité des communautés d’universités et d’établissements (Comue) reste chaotique. Un retour en grâce des grands établissements semble même être la meilleure solution pour permettre leur développement selon le directeur de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR), Jean-Richard Cytermann, dans son dernier rapport intitulé Simplification des instruments de coordination territoriale et articulation avec les initiatives d’excellence. Comme si dans la loi Fioraso de 2013 tout avait été fait pour se donner de grands objectifs tout en se garantissant de ne pas pouvoir les atteindre : gouvernance ingérable, procédures incompréhensibles, compétences floues, etc. Et surtout accord en trompe l’œil de membres désireux à la fois de ne pas heurter leurs tutelles et de garantir leur indépendance.… Lire la suite

« Créons un système cohérent en 3 ans après le bac pour former des cadres intermédiaires » : Laurent Batsch


A la tête de l’université Paris-Dauphine depuis 2007 Laurent Batsch va passer la main dans quelques semaines à une nouvelle présidence. L’occasion de revenir sur les spécificités d’une université qui est si différente des autres qu’elle est aujourd’hui adhérente à la Conférence des grandes écoles en plus de la Conférence des présidents d’université.

Olivier Rollot : Dans une tribune parue récemment vous préconisez la création d’une « licence polytechnique » pour concurrencer les bachelors. Qu’en attendez-vous exactement ?

Laurent Batsch : Nous avons aujourd’hui près de 500 000 étudiants dans des cycles de niveau bac+2 (BTS, DUT, CPGE) quand il faudrait depuis longtemps proposer d’aller à bac+3. Une licence professionnelle cela peut être un bon complément mais elles sont souvent trop spécialisées. Ce que nous proposons c’est de créer un système cohérent en 3 ans après le bac pour former des cadres intermédiaires. Il s’agit de créer une voie de réussite étudiante et d’ouverture sociale, dont l’accès ne serait pas plus sélectif que celui des IUT aujourd’hui.… Lire la suite