La guerre du bachelor aura-t-elle lieu ?

Tels les Grecs pour Hélène de Troie, les universités vont elles monter à l’assaut de grandes écoles qui leur auraient enlevé le bachelor ? « Nous voulons mettre les choses au clair alors que certains bachelors demandent la reconnaissance de l’Etat et que l’Etat en finance, comme à l’Ecole polytechnique. Si certains veulent que leur diplôme obtienne le grade licence il faut aussi qu’ils aient les prérequis d’une licence. Nous voulons voir clair dans ce dossier et déterminer ceux qui ont ou non le droit de s’appeler bachelor », explique Jean-Loup Salzmann, le président de la Conférence des présidents d’université. Sur son blog le directeur adjoint de Grenoble EM, Jean-François s’interroge : « Est-ce le nouveau champ de bataille entre écoles et universités ? »

Les clés du débat

Sans qu’on puisse exactement chiffrer le phénomène, le nombre de bachelors a spectaculairement progressé en France depuis cinq ans. D’abord apanage des écoles de management, ils commencent à essaimer dans les école d’ingénieurs, jusqu’à l’Ecole polytechnique (sur un modèle payant en 4 ans).… Lire la suite

Masters, bachelors, contrôle continu, moyens des universités : Jean-Loup Salzmann fait le point

Masters sélectifs ou pas, développement des bachelors, contrôle continu intégral ou moyens des universités, les sujets ne manquent pour le président de la Conférence des présidents d’université Jean-Loup Salzmann.

 Olivier Rollot : Etes-vous satisfait du décret listant les masters qui pourront sélectionner leurs étudiants qui va être publié par le ministère de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la Recherche ?

Jean-Loup Salzmann : On ne peut pas être satisfaits d’une liste limitative quand, en réalité, tous les masters sont sélectifs. Mais c’est une première étape et le gouvernement reconnaît au moins que les masters sont sélectifs. Nous allons maintenant entrer dans une deuxième étape avec une concertation sur la sélection entre le premier et le second cycle et, plus généralement, les poursuites d’études.

O. R : La sélection après la licence, c’est un chiffon rouge pour les organisations syndicales étudiantes !

J-L. S : Il n’y a pas de raison alors qu’il y a sensiblement autant de places en licence qu’en première et deuxième années de master.… Lire la suite

Campus France analyse la mobilité sortante des étudiants de France

Campus France, l’organisme public chargé de favoriser la mobilité étudiante vers et hors de France, et BVA ont pour la première fois interrogé 26 000 étudiants de France issus de 330 établissements d’enseignement supérieur dans une étude intitulée La mobilité sortante des étudiants de France. En tout 73 354 étudiants français étaient en mobilité d’études à l’étranger en 2013(dans un cadre diplômant, excluant les séjours linguistiques ou les trimestres d’échange), soit moins de 3,5 % des 2,1 millions d’étudiants français. 85% seraient pourtant intéressés.

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Les freins à la mobilité

Les deux tiers des étudiants interrogés n’ont eu aucune expérience de séjour à l’étranger. Alors que seulement 19% des étudiants en écoles de commerce ou d’ingénieurs sont dans ce cas, 74% des étudiants des universités n’avaient aucune expérience à l’étranger au moment de l’enquête.

Au sein des étudiants qui n’ont pas souhaité (15%) ou ont abandonné le projet (10%) de partir à l’étranger, 38% estiment que c’est leur niveau de langue rend impossible le séjour, 32% n’ont tout simplement pas envie de quitter leur environnement familial et amical, autant sont convaincus de ne pouvoir financer le séjour, 31% considèrent que ce n’est pas obligatoire pour valider leur cursus et 23% enfin ne tiennent pas à allonger leur temps d’études.… Lire la suite

« Nous voulons créer une offre multidisciplinaire de formation et de recherche cohérente » : Lise Dumasy (Université Grenoble Alpes)

Après les fusions des universités de Strasbourg et Aix-Marseille, l’Université Grenoble Alpes fait partie depuis le 1er janvier 2016 des très grandes universités réunifiées et pluridisciplinaires. Après avoir présidé l’université Stendhal, Lise Dumasy en est la première présidente. Elle nous décrit un éco-système grenoblois sûr de son avenir après sa récente sélection par le jury des Idex (initiatives d’excellence).

 

Olivier Rollot : Les trois universités de Grenoble (Joseph-Fourier, Pierre-Mendès-France et Stendhal) viennent de fusionner. Qu’attendez-vous de cette fusion ?

Lise Dumasy : A Grenoble il y a depuis très longtemps une logique de travail en commun entre les universités. Une logique qui s’est encore renforcée ces dernières années avec les dossiers d’Idex et d’accréditation. Ce dossier de la fusion, je le porte même depuis 2008, et ma deuxième élection à la tête de l’université Stendhal, quand les deux autres présidents s’y sont mis en 2012. Ensemble nous voulons créer une offre multidisciplinaire de formation et de recherche cohérente avec une université qui garde une taille maîtrisable avec ses 45 000 étudiants.… Lire la suite

« Bâtir la Comue est un challenge auquel j’ai eu le temps de me préparer » : Khaled Bouabdallah (Université de Lyon)

Avec plus de 135 000 étudiants, la Communauté d’universités et d’établissements (Comue) Université de Lyon  est le premier pôle scientifique français hors Ile de France et compte vingt établissements du site Lyon Saint-Etienne. Son président, Khaled Bouabdallah, ancien président de l’Université Jean-Monnet de Saint-Etienne et vice-président de la Conférence des présidents d’université (CPU), explique son fonctionnement tout en revenant sur les suites de la décision du Conseil d’Etat d’interdire la sélection en master.

Olivier Rollot : La Comue Université de Lyon a officiellement vu le jour le en février 2015. Ce doit être un sacré challenge que de réunir ainsi plus de 135 000 étudiants, 20 établissements d’enseignement supérieur, des organismes de recherche, etc.

Khaled Bouabdallah : J’ai eu la chance de diriger l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne pendant 9 ans puis également le PRES pendant 3 ans. Le tout pendant l’une des périodes les plus riches de toute l’histoire des universités - autonomie, création d’établissements fédérateurs créant des stratégies de site, etc.… Lire la suite

Sélection en master : le Conseil d’Etat dit non

C’était une décision très attendue depuis que la Conférence des présidents d’université avait saisi le Conseil d’Etat début avril 2015 et surtout depuis un jugement du tribunal administratif d’Orléans de novembre dernier. C’était prévisible, la plus haute juridiction administrative n’a pu que constater que la sélection ne pouvait « être mise en place pour l’accès aux formations de première ou deuxième année de master à l’université que si ces formations figurent sur une liste établie par décret ».

L’article L. 612-6 du Code de l’éducation précise en effet que « L’admission dans les formations du deuxième cycle est ouverte à tous les titulaires des diplômes sanctionnant les études de premier cycle (…) / La liste limitative des formations dans lesquelles cette admission peut dépendre des capacités d’accueil des établissements et, éventuellement, être subordonnée au succès à un concours ou à l’examen du dossier du candidat, est établie par décret après avis du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (…) ».… Lire la suite

François Germinet parle digital et pédagogie

Président de l’université Cergy-Pontoise (UCP), François Germinet préside le Comité numérique de la Conférence des présidents d’université et a, à ce titre, largement participé à l’organisation en 2015 de son colloque intitulé <a href= »http://www.cpu.fr/wp-content/uploads/2015/11/acte-2015-web.pdf »>Université 3.0 : nouveaux enjeux, nouvelles échelles à l’ère du numérique</a>. Le cabinet de conseils spécialisé dans l’enseignement supérieur <a href= »http://www.headway-advisory.com »>HEADway</a> et <a href= »http://www.learnassembly.com/ »>Learn Assembly</a>, l’« université des entrepreneurs et des professionnels du web », sont allés à sa rencontre. Il répond d’abord à nos questions sur le digital et la pédagogie, l’arrivée de nouvelles technologies, la classe inversée.

Puis sur les MOOCs, ces fameux cours en ligne gratuits et ouverts à tous, et comment ils peuvent plus particulièrement être utiles aux entreprises.

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La bataille des Idex

Lauréates d’Idex, les universités Côte d’Azur et Grenoble Alpes sont les deux grands vainqueurs de la deuxième édition des Idex/Isite qui s’est achevée le 22 janvier. La satisfaction est aussi de mise du côté des universités Bourgogne Franche Comté et Lorraine, lauréates d’un Isite. Quatre autres projets retenus en avril 2015 (l’Idex de l’université de Lille, les Isite des universités Clermont-Auvergne, Montpellier et Paris Est) n’ont eux finalement pas été retenus par le jury international présidé par Jean-Marc Rapp, professeur à l’université de Lausanne et ancien président de l’Association européenne des universités.

Les gagnants

Pas du tout donnée parmi les favorites au départ, l’université Côte d’Azur de Nice a notamment su convaincre le jury de l’implication des entreprises de sa région pour « créer un nouveau modèle d’université de renommée mondiale, reconnue pour son offre de formation innovante et au cœur de la dynamique de son écosystème » (lire l’analyse de La Tribune Aix-Marseille).… Lire la suite

Objectif formation continue

Le ministère de l’Education nationale, de l’enseignement supérieur et de la Recherche a lancé cette semaine son « Réseau d’établissements pilotes pour le développement de la formation continue dans l’enseignement supérieur ». Parmi les 58 qui ont candidaté douze établissements ont été sélectionnés (l’université d’Angers, Paris Sciences et Lettres ou encore l’Association Toulouse Tech) et vont maintenant expérimenter concrètement la mise en œuvre des recommandations du rapport Germinet qui préconise notamment de s’appuyer sur la proximité avec la recherche, de connaître les coûts réels de l’activité de formation continue, de développer des mécanismes d’incitation au niveau des Comue et d’ouvrir la formation professionnelle à de nouveaux publics (bacheliers professionnels souhaitant démarrer une expérience professionnelle tout en ayant le projet de revenir plus tard dans l’enseignement supérieur, alumni, etc.). Le tout alors que le marché de la formation continue semble durablement déprimé et qu’un grand acteur comme Demos passe sous pavillon chinois.… Lire la suite

Numérique : l’université doit évoluer

« Quand est-ce qu’apparaîtra l’Uber ou le Airbnb de l’éducation ? On sait que Google travaille à un modèle de distribution de données. Nous devons tous y réfléchir. » En introduction au colloque 2015 de la Conférence des présidents d’université Université 3.0 : nouveaux enjeux, nouvelles échelles à l’ère numérique, François Germinet, président de l’université de Cergy-Pontoise et chargé du numérique au sein de la CPU, a voulu rappeler que l’enseignement supérieur n’était pas au-dessus des évolutions numériques et que ses acteurs traditionnels pouvaient être demain challengés par de nouveaux arrivants venus du monde numérique.

« Linkedin est déjà en train de bouleverser les classements des universités en exploitant ses bases de données de façon à montrer quelle formation mène le mieux à telle ou telle carrière », explique ainsi Henri Isaac, chargé de la « transformation numérique » de Paris Dauphine inquiet du peu de « conscience qu’ont aujourd’hui les universités de la valeur de leurs données » alors que, sous peu, Linkedin allait leur demander « l’accès aux coordonnées de tous leurs étudiants ».… Lire la suite