ECOLE D’INGÉNIEURS

Centrale Nantes dans la tourmente, la Cdefi inquiète

Le 7 juillet dernier le conseil d’administration de Centrale Nantes décidait de se retirer du projet d’Isite nantais pourtant retenu par le jury en février dernier. Une décision qui se révèle finalement fatale pour son directeur, Arnaud Poitou, que la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a décidé de ne pas reconduire dans son poste. Et cela, c’est exceptionnel, en dépit du soutien de son conseil d’administration, qui avait voté en faveur de sa reconduction le 15 mai dernier.

Arnaud Poitou

La Cdefi « inquiète »

Dans un communiqué la Cdefi « s’interroge et s’inquiète » de la perception de la décision du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI) de ne pas nommer Arnaud Poitou à la direction de Centrale Nantes : « Aller à l’encontre d’une décision prise en toute conscience et à une forte majorité par un conseil d’administration pose, d’une manière générale, question ». La Cdefi rappelle que « chaque établissement doit être libre de choisir les modalités de collaboration avec les autres établissements du site qui lui correspondent le mieux ».

Rappelons que dans sa lettre récusant finalement la nomination d’Arnaud Poitou à la tête de Centrale Nantes ce n’est pas tant sa décision de quitter l’Idex qui était remise en cause que son caractère « soudain et irréversible » alors que « des initiatives législatives permettant de lever les difficultés juridiques rencontrées par plusieurs sites, et notamment par le site nantais » sont en cours. Il n’en est pas moins clair que les directeurs d’écoles d’ingénieurs se sont collectivement sentis désavoués par une ministre – ancienne président d’université ! – qui a semblé donner la priorité à l’université en récusant un des leurs. Il va maintenant falloir beaucoup de doigté à Armel de La Bourdonnaye pour rapprocher les points de vue et préparer l’élection d’un nouveau directeur par le conseil d’administration. Il serait d’ailleurs cocasse qu’Arnaud Poitou lui-même se représente et soit encore une fois plébiscité…

Une décision « soudaine »

Dans sa lettre envoyée le 29 août au président de l’école, Gilles Guillon, les mots de la ministre sont particulièrement forts : « Les décisions de cette décision, qui apparaît soudaine et se présente comme irréversible, sont particulièrement lourdes, pour l’Ecole centrale et pour l’ensemble des acteurs du site. Elle aurait mérité d’être murie et largement discutée. Cela est d’autant plus vrai que, comme mon directeur de cabinet l’avait indiqué à M. Arnaud Poitou quelques jours avant la réunion extraordinaire du conseil d’administration, le gouvernement s’apprêtait justement à prendre des initiatives législatives permettant de lever les difficultés juridiques rencontrées par plusieurs sites, et notamment par le site nantais ». Le ministère avait d’ailleurs demandé que cette réunion du CA soit reportée.

Un administrateur provisoire

Dans l’attente d’un nouveau vote, c’est une personnalité extérieure au ministère de l’Enseignement supérieur, l’ex-président de la Cdefi en partance des Ponts ParisTech, Armel de la Bourdonnaye, qui va assurer l’intérim pour lancer un nouveau processus de recrutement en attendant la nomination d’un nouveau directeur le 1er janvier 2018. Un poste auquel il dit « ne pas postuler ne pouvant être juge et partie dans le cadre d’un processus électoral ».

Le successeur aura en tout cas fort à faire pour présenter un projet acceptable par toutes les parties. D’autant que la lettre de Frédérique Vidal, tout en récusant le renouvellement du mandat d’Arnaud Poitou, est totalement muette quant aux exigences de la ministre. Souhaite-t-elle un retour de Centrale Nantes dans le giron de l’Isite ? C’est vraisemblable car nécessaire pour que le site nantais conserve ses financements lors du réexamen de son dossier par le jury.

Rupture de l’Isite : l’analyse d’Arnaud Poitou

Cet été dans Presse Océan, Arnaud Poitou analysait ainsi l’échec du rapprochement avec l’université de Nantes : « On avait envisagé que l’École Centrale fasse un pas en acceptant de perdre son indépendance et en devenant une filiale de l’université. En contrepartie, l’université faisait un pas vers l’école en mettant les personnels de science et technologie, soit environ 1 300 personnes, à l’intérieur de Centrale. Mais aujourd’hui, l’université – dont je respecte la position – nous dit qu’il serait plus simple que Centrale fasse deux pas… » On était bien de l’équipe unie qui posait fin février dernier à la sortie de son audition par le jury…

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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