EMPLOI / SOCIETE

Faire des études supérieures et après ? : la réponse du Céreq

Dans son étude Faire des études supérieures, et après? Enquête Génération 2010 – Interrogation 2013, le Céreq fait le portrait d’une génération de plus en plus diplômée – en 2010, un tiers des diplômés du supérieur entre sur le marché du travail avec un diplôme de bac+5 ou plus, contre moins de 30 % en 2004 – même si la part des sortants du supérieur sans diplôme n’a pas reculé et représente environ 23%. Même plus diplômés, les conditions d’insertion des jeunes sortis en 2010 sur le marché du travail sont nettement moins favorables que celles de leurs homologues sortis 3 ans plus tôt : en 2013, le taux de chômage des sortants de l’enseignement supérieur s’élève à 13 % contre 26 % pour les diplômés du secondaire et 50 % pour les non-diplômés.

Diplôme par diplôme

L’accès immédiat et durable à l’emploi concerne 54% des sortants (dont 90% des bac+2/3 en santé, et 70% des diplômés d’un M1 sciences, d’un doctorat de math/physique, sciences de l’ingénieur ou informatique et électronique, santé). A contrario, les sortants diplômés de L3 lettres, langues art ou les M2 en sciences de la terre, de l’univers, de l’espace et physique sont seulement 40 % à connaître ce type de trajectoire.

Au sein des diplômés de L2 et L3, le taux de chômage à 3 ans varie entre 2 % et 15 %. Les diplômés de bac+2/3 de la santé et du social sont ceux qui sont le plus souvent en emploi en 2013 (96 %). Pour les autres sortants, le taux d’emploi des jeunes sortis avec un diplôme professionnel est plus élevé que ceux sortis avec un diplôme de type général. En L3 universitaire, le taux d’emploi s’élève à 68 % tandis que celui des BTS/DUT est compris entre 74 % et 80 %, et pour les licences professionnelles il atteint 85 %.

Les diplômés du niveau M/D sont les mieux rémunérés, les plus stabilisés dans leur emploi et ceux qui accèdent le plus souvent aux emplois de cadres. Pourtant pour les sortants de M, le taux de chômage est supérieur à 10 % et celui des M2 est par exemple supérieur à celui des licenciés professionnels.

Les sortants des grandes écoles connaissent la situation la plus favorable sur le marché du travail : près de 90 % d’entre eux occupent un emploi à durée indéterminée, plus de 65 % sont cadres en 2013 (contre 88 % pour les diplômés d’écoles d’ingénieurs) et, sans surprise, ils ont les salaires les plus élevés de l’ensemble des sortants de l’enseignement supérieur (en dehors des diplômés de doctorat).

Enfin les diplômés de doctorat sont certes globalement ceux qui sont les mieux rémunérés sur le marché du travail trois années après l’obtention de leur diplôme mais il faut bien distinguer les diplômés d’un doctorat d’État en santé de ceux ayant achevé leur thèse dans une autre discipline dont le taux de chômage atteint 10 %.

Quels emplois ?

Parmi les sortants de l’enseignement supérieur en 2010, 33% des jeunes en emploi occupent en 2013 un poste de cadre et 40% une profession intermédiaire. Les diplômés du supérieur long sont très largement épargnés par le risque d’occuper des emplois non qualifiés plusieurs années après la fin des études, même si des différences persistent au-delà du bac+3 selon les filières mais aussi selon les spécialités de formation. Ainsi, parmi les diplômés à bac+3, ce sont essentiellement les sortants des licences générales en LSHS et plus encore ceux des licences générales en droit, économie ou gestion, qui sont les plus susceptibles de travailler sur des emplois dits « non qualifiés ». À partir du niveau bac+4, seuls les sortants de M1 en droit, économie, gestion restent concernés, bien que dans une mesure relativement modeste, par de tels « déclassements » au regard de leur niveau d’études. Pour les autres, on recense une frange d’emplois non qualifiés qui ne dépasse pas 7 % des emplois occupés en 2013.

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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