La belle vie des V.I.E : les jeunes diplômés sont-ils plus heureux à l’étranger ?

L’étranger « c’est comme un virus qui s’attrape lors du premier voyage et dont on a du mal à se défaire après », confie Soline, 27 ans, en poste à Hong-Kong depuis plus de trois ans. Comme elle, environ 2,3 millions de français sont actuellement à l’étranger,un  nombre augmentant chaque année depuis 1995 de quelques 3,5%. Dans ce cadre, le V.I.E (Volontariat International en Entreprise), programme proposant à des volontaires âgés de 18 à 28 ans d’effectuer une mission professionnelle à l’étranger, dans une entreprise française, pour une période de 6 à 24 mois, est un énorme succès auprès des jeunes diplômés. Selon le site web du CIVI, l’organisme assurant la promotion du Volontariat International, « au 28 janvier 2011, 6 454 VIE étaient en poste pour le compte de 1 632 entreprises. Depuis le début de la formule en 2011, 30 347 VIE ont effectué une mission ».

LE V.I.E., « VIVE LA FRANCE A ÉTRANGER ! »

Le V.I.E. est doublement avantageux : le jeune acquiert une solide expérience à l’étranger et l’entreprise se développe à l’international à moindre frais en recrutant des profils à haut niveau  – la plupart des volontaires ont un niveau de diplôme de bac+5 ou plus -, l’indemnité rémunérant le jeune étant non cotisable et non imposable. de plus, le V.I.E. est payé en euros sur un compte en France et n’apparaît pas dans les effectifs de l’entreprise. Les PME peuvent même bénéficier d’une prise en charge des régions permettant d’alléger de 40 à 50% le coût des missions. Autre avantage certain pour l’entreprise, la prise en charge de la gestion administrative et juridique est assurée par UbiFrance(agence pour le développement international des entreprises), qui peut éventuellement procéder à une présélection des candidats.

Pour les volontaires, les intérêts ne sont pas moindres. Les salaires sont relativement élevés, notamment rapportés au niveau de vie locale, et il n’y a pas d’impôt à payer. La protection sociale et le déménagement sont pris en charge par UbiFrance. Le financement du logement peut être assuré par l’entreprise (ce qui est obligatoire dans certains pays) mais entraîne une déduction de 20% des indemnités. A cela s’ajoute une autre dimension : l’expérience internationale.

ÉTRANGER RIME AVEC RESPONSABILITÉS, OPPORTUNITÉS ET MATURITÉ

Ils sont unanimes, ces jeunes diplômés qui s’exportent, à se réjouir d’avoir eu  bien plus de responsabilités que s’ils étaient restés en France après leur diplôme. Les entreprises à l’étranger ont-elles plus confiance en nos jeunes que dans l’Hexagone ? « Si l’on fait ses preuves, les entreprises n’hésitent pas à nous donner plus de responsabilités. Car seule l’expérience professionnelle a l’étranger compte, et non pas le niveau d’étude », explique Soline, embauchée en contrat local à Hong-Kong après y avoir effectué un  premier stage. Pourquoi y être retournée ? « Ce choix m’a paru d’autant plus évident compte-tenu du marché de l’emploi et de la difficulté de trouver un travail en tant que jeune diplômée en France. Aujourd’hui, c’est un choix que je ne regrette absolument pas, que je suis plutôt fière d’avoir fait car cela m’a beaucoup appris. » Partir à l’étranger est une opportunité unique et enrichissante par ses rencontres multiples, avec parfois des collègues de toutes les nationalités, par le choc des cultures et l’autonomie dont on fait face. « En trois ans a Hong-Kong, j’ai gagné cinq à six ans d’expérience et de maturité d’un coup. On doit apprendre à se débrouiller seul, a faire face aux difficultés seul, à se reconstituer un réseau et c’est cela qui nous grandit », décrit Soline.

Autant d’avantages qui font qu’un V.I.E. n’est pas toujours facile à trouver : il y a plus de candidats que d’offres et certaines entreprises, qui reçoivent trop de candidatures, ne postent plus sur le portail Civiweb. Il faut y aller « au culot » et ne pas hésiter à démarcher les entreprises et à se rendre sur des salons ou forums. Pour tous il s’agit d’un premier emploi. « Je ne me voyais pas déjà rentrer dans une routine de métro boulot dodo en France, Shanghai m’a permis de m’évader, notamment sur les voyages », se souvient Constance, en V.I.E. en Chine pour deux ans. Pour elle, le petit bémol à cette expérience est le choc des cultures et la barrière de la langue. A la fin de cette mission, elle souhaiterait retourner vers l’Europe, « mais pas forcément la France ! ». En effet tous ne sont pas prêts à mettre un terme à la vie à l’étranger, retourner en France étant parfois synonyme d’installation définitive. Certains enchaînent les expériences internationales en fonction des opportunités saisies. Comme Simon qui, à 26 ans, a effectué une mission V.I.E. de mai 2010 à août 2011 à Budapest, en Hongrie, puis s’est rendu dans la filiale russe à Moscou pendant quatre mois et qui, actuellement, est en contrat local dans la filiale autrichienne à Vienne.

Presque tous gardent un excellent souvenir de leur expérience et… de ce qu’elle apporte en plus à leur CV. Le cas de Baudouin, 23 ans, en V.I.E. à Vienne en Autriche, est flagrant : « Depuis que j’ai actualisé mon profil LinkedIn et Viadeo, j’ai été chassé 3 fois ». Tout comme celui de Geoffroy, qui a passé trois mois en Australie et un an et demi en Papouasie-Nouvelle-Guinée : « En rentrant, dans un contexte économique difficile, il ne m’a pas fallu un mois pour trouver un nouvel emploi… sans répondre à la moindre offre ».

Albane Gallas

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