La CPU en quête d’indépendance

Réélu à la tête de la Conférence des présidents d’université, Jean-Loup Salzmann doit maintenant travailler à maintenir l’unité d’une institution qui n’a jamais paru si divisée. Le refus de la candidate malheureuse, Anne Fraïsse, de conserver la présidence de la commission « Vie étudiante et questions sociales » a été à cet égard un désaveu clair de tous ceux qui pensaient que, passée l’élection, tout le monde allait se rabibocher autour des mangas d’Hokusai (la soirée post électorale de la CPU avait lieu cette année au Grand Palais et se finissait par une visite de l’exposition Hokusai). L’ambiance y était plutôt tendue et chacun félicitait le président réélu tout en rassurant de son estime une candidate battue dans l’honneur.

Dès le lendemain de l’élection, Anne Fraïsse et ses colistiers (Danielle  Tartakowsky et Rachid  El  Guerjoum) publiaient un communiqué qui rappelait que, selon eux, « la  situation  des  universités  françaises  n’a  jamais  été  aussi grave » et demandait que l‘ensemble de ses propositions constituent le « socle d’un pacte de responsabilité de la Nation avec ses universités » avec une CPU qui « n’ait pas peur de sa diversité » et qui « travaille dans la transparence ». Et de conclure qu’ils « œuvrerons pour transformer ce travail et ces compétences en idées et en stratégie, soumises à l’assemblée plénière pour leur donner un sens politique et faire en sorte que le bureau de la CPU les porte avec force et détermination ».

Pour éviter toute scission ou, du moins, que naisse une sorte de CPU à « deux voix », Jean-Loup Salzmann a proposé cette semaine la création d’une commission destinée à réformer les statuts de la CPU et à « couper le cordon ombilical de la tutelle afin que cesse le contrôle tatillon de nos décisions, l’encadrement toujours plus étroit de nos libertés pédagogiques ainsi que la tutelle budgétaire, réglementaire et statutaire qui nous étouffe ». Le combat est lancé mais, en fin politique, Jean-Loup Salzmann s’emploie à le contenir.

Olivier Rollot (@O_Rollot)

Les présidents des commissions et de la CP2U

Après sa présidence, ce sont ses commissions que la CPU a renouvelées:

-        la commission de la formation et de l’insertion professionnelle reste présidée par Gilles Roussel (Paris Est Marne-la-Vallée) accompagné des vice-présidents Christine Gangloff-Ziegler (Haute Alsace), Pascal Olivard (Bretagne occidentale) et  Pierre Sineux (Caen) ;

-        la commission de la recherche et de l’innovation revient à un nouveau président, Pierre Mutzenhardt (Lorraine) accompagné des vice-présidentes, Fabienne Blaise (Charles-de-Gaulle Lille 3) et Christine Clerici (Paris-Diderot) ;

-        la commission des moyens et des personnels reste entre les mains d’Hélène Pauliat (Limoges) accompagnée des vice-présidents Jean-François Balaudé (Paris Ouest Nanterre La Défense,) Bertrand Monthubert (Paul Sabatier Toulouse 3) et Youssoufi Touré (Orléans) ;

-        la commission de la vie de l’étudiant et des questions sociales revient à Gilles Baillat (Reims Champagne Ardenne), Anne Fraïsse ne se représentant pas. Il est secondé par les vice-présidents Mathias Bernard (Blaise Pascal-Clermont Ferrand) et Francis Marcoin (Artois) ;

-        la commission des relations internationales et européennes reste présidée par Jacques Comby (Jean-Moulin Lyon 3) accompagné des vice-présidents Mohamed Amara (Pau et pays de l’Adour) et Jean Peeters (Bretagne Sud) ;

-        la commission juridique revient pour la première fois à Emmanuel Roux, (Nîmes) ;

-        la commission des questions de santé reste l’apanage d’Yvon Berland (Aix Marseille Université) accompagné des vice-présidents Patrick Lévy (Joseph Fourier Grenoble) et Manuel Tunon de Lara (Bordeaux).

Par ailleurs, un nouveau conseil d’administration (CP2U), composé du bureau, des sept présidents de commission et de sept membres élus par l’assemblée plénière du 18 décembre, a été constitué. Parmi ces sept membres élus, trois sont des nouveaux entrants : Jean-François Balaudé (Paris Ouest Nanterre La Défense), Jean-Émile Gombert (Rennes 2) et Bertrand Monthubert (Toulouse 3 Paul Sabatier). Quatre étaient déjà présents : Jean-Louis Billoët (Insa de Rouen), Emmanuel Ethis (Avignon et pays de Vaucluse), Christine Gangloff-Ziegler (Haute Alsace) et François Germinet (Cergy-Pontoise). Quittent le conseil d’administration Olivier Laboux (Nantes), Pascal Olivard (Bretagne occidentale) et Youssoufi Touré (Orléans).

Au total la CPU est encore plus qu’avant un bastion masculin. Elles ne sont en effet plus que deux femmes (Hélène Pauliat et Christine Gangloff-Ziegler), contre trois auparavant avec Anne Fraïsse, face à 15 hommes à la CP2U.

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