ECOLES DE MANAGEMENT, PROGRAMMES

Le bachelor en plein développement : une étude signée HEADway fait le point

Pratiquement toutes les écoles de management proposent aujourd’hui des bachelors en trois ans – ou des BBA – en quatre ans et c’est maintenant le cas dans quelques école d’ingénieurs comme Arts et Métiers ParisTech. « Certains étudiants commencent à hésiter entre la classe prépa et les bachelors. Avant la question était plutôt DUT ou prépa, maintenant c’est bachelor ou prépa », explique Jean-François Fiorina, directeur adjoint de Grenoble EM et président du concours Passerelle, sur son blog.

Une étude signée HEADway

Un réel engouement qui a poussé le cabinet spécialisé dans l’enseignement supérieur HEADway a décidé de publier une étude sur le bachelor. Quels bacs ?, Quelle origine sociale ?, Quelles motivations ?, etc. HEADway est allé à la rencontre d’étudiants en bachelor, de lycéens et de parents pour comprendre ce qui fait aujourd’hui la force d’un diplôme en plein expansion mais dont les contours ne sont pas encore clairement définis pour tous. 72 pages pour aller à la rencontre d’une filière d’abord qualifiée d’ « opérationnelle » par 44% des étudiants en Bachelor.

L’expérience internationale qu’offrent les études en Bachelor est également perçue comme essentielle : il permet de plus facilement continuer ses études à l’étranger pour 64% des étudiants interrogés. Les étudiants trouvent le Bachelor « plus rassurant » que l’université et « moins aléatoire » que la classe préparatoire : 28% des étudiants n’ont ni postulé à une classe prépa, ni à un programme en 5 ans ni à l’université. Après leur Bachelor 80% des étudiants – et 90% de leurs parents ! – souhaitent continuer leurs études. Près de la moitié des étudiants (47%) envisagent une expatriation, soit en poursuite d’études (33%) soit en premier poste à l’international (14%).

Un programme devenu phare

Les écoles de management ont commencé par développer leurs mastères spécialisés et autres MSc avant, il y a une dizaine d’années mais le mouvement est devenu très fort depuis quatre ou cinq ans, de se positionner sur le marché du bachelor. Avantages pour l’étudiant sur la prépa ou la plupart des écoles de commerce en 5 ans : la possibilité d’obtenir un diplôme intermédiaire et… de pouvoir poursuivre ensuite son cursus dans une grande école. Avantage pour les établissements d’enseignement supérieur : pouvoir recruter des candidats plus jeunes et les conserver plus longtemps. Pour autant il recèle certaines faiblesses et notamment le fait que le bachelor n’est pas un nom protégé, même si la CEFDG (Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion) y réfléchit. Pour les grandes écoles, le bachelor permet, toujours selon Jean-François Fiorina, de disposer « d’une offre globale de formation en fournissant aux entreprises des profils intéressants que nous n’aurions jamais eus au sortir du bac ».

Aujourd’hui seules parmi les grandes écoles de management HEC et ESCP Europe – qui va en proposer un à la rentrée mais seulement sur ses campus européens – n’ont pas leurs propres bachelors et le marché se stabilise peu à peu après des années de croissance ininterrompue. « À Dijon, nous étions confrontés au départ de jeunes vers des bachelors à Paris et à Lyon. Or il n’y avait pas de bachelor adossé à la chambre de commerce et d’industrie ou à l’EMLyon. D’où notre idée de nous y implanter », raconte Christine Martin, directrice marketing et communication du groupe ESC Dijon, qui a ouvert son bachelor en 2014 dans la capitale des Gaules et y reçoit des promotions de 40 étudiants chacune (140 à Dijon). Un an après, alors que son bachelor vient d’emménager dans de nouveaux locaux près de la gare de Perrache, Christine Martin constate la CCI de Lyon a créé son bachelor au sein d’une nouvelle école, Eklya, que l’EMLYON a créé un BBA en reprenant l’ESC Saint-Etienne et qu’en tout ce sont pas moins de trente bachelors que compte la capitale des Gaules.

Objectif poursuite d’études

Parmi les « arguments de vente » des bachelors, la possibilité de poursuivre ensuite ses études dans une grande école figure en bonne place. « 80% des étudiants de notre bachelor bac+3 poursuivent ensuite leur cursus. C’est l’une des grandes différences avec les bachelors bac+4, qui sont plutôt « premiums » et mènent plus directement à l’emploi », confie Jean-Christophe Cattane, directeur des programmes bachelors du groupe ESC Dijon. Récemment l’ISC Paris a même créé un bachelor à Dublin dont elle assure que ses diplômés « pourront se présenter aux concours des Grandes écoles via les concours réservés aux diplômés étrangers (International Admission) » qui « constituent une voie d’accès alternative et moins concurrentielle pour intégrer les grandes écoles et décrocher à terme un diplôme grade de Master »…

Après le bachelor en technologie des Arts et métiers, une poursuite d’études est également possible. « Notre marque de fabrique c’est de former des jeunes que demandent les entreprises et elles demandent ce profil qu’on peut appeler « assistant ingénieur ». Ils pourront d’ailleurs continuer leur cursus en cycle ingénieur et nous pensons ainsi découvrir des « pépites » », explique Laurent Carraro, son directeur.

Alors les bachelors peuvent-ils être des concurrentes des classes prépas ? Non pour Philippe Heudron, président de l’Association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales (APHEC) lui répond qu’on « n’apprend pas dans une formation postbac à travailler et à acquérir une culture générale utile toute sa vie comme on le fait en classe préparatoire » et que les classes prépas « mènent aux meilleures écoles de management ! ». Oui pour Jean-Christophe Cattane, qui estime que les bachelors sont « en frontal avec les prépas depuis deux ou trois ans ».

Olivier Rollot (@O_Rollot)

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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