Le Medef veut jouer un rôle décisif dans la politique d’enseignement professionnel

>Dans le grand débat autour de la réforme de la taxe d’apprentissage, le Medef fait entendre une voix qui pourrait bien prendre de plus en plus de force. Avec son Pacte de l’alternance pour la jeunesse il se propose ainsi de former 100 000 jeunes de plus en alternance à l’horizon 2018. «Pour nous l’alternance est une façon de voir l’ensemble du système éducatif », explique Christophe Coriou, directeur de mission projets et financements de la formation professionnelle au Medef et concepteur du pacte, avant d’insister: «Les branches professionnelles doivent avoir la liberté de choisir les modalités de formation comme elles l’entendent. Certaines se retrouvent aujourd’hui très bien dans les référentiels de diplôme du ministère de l’Education nationale, d’autres regrettent une rapidité d’adaptation des contenus insuffisante. Ce que nous demandons c’est qu’elles soient plus consultées».

Une réforme en profondeur de l’alternance

Le Medef propose donc une «réforme en profondeur de l’alternance au service des jeunes et des entreprises» qu’il résume ainsi: davantage de jeunes formés en alternance par les entreprises, moins de subventions publiques, un système géré par les entreprises et les branches. «Dans le cadre d’un contrat d’alternance, les séquences en entreprise ne sont pas seulement une application de ce que les jeunes apprennent en formation. Chaque entreprise est différente avec ses propres process. La formation doit pour sa part donner des bases solides pour permettre aux salariés de s’adapter tout au long de leur vie», reprend Christophe Coriou. En contrepartie d’un plus grand rôle dans la définition des référentiels de diplômes, le Medef propose d’augmenter l’effort de formation des entreprises de 3% pendant cinq ans pour arriver à ces 100 000 jeunes formés en plus par an.

Olivier Rollot (@O_Rollot)

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