Les universités à l’assaut de la formation professionnelle et de l’apprentissage

«Les universités auraient du mal à en faire moins en matière de formation continue», m’expliquait il y a deux semaines Jean-Loup Salzmann, le président de la Conférence des présidents d’université, dans un entretien en prélude au colloque qu’il a consacré à la formation professionnelle et à l’apprentissage les 27 et 28 novembre. Et il est vrai qu’avec 388 millions d’euros de chiffre d’affaires et 5% du marché de la formation continue (15% dans le supérieur), les universités ont encore beaucoup à faire pour s’imposer face aux organismes spécialisés.

Jean-Loup Salzmann était donc heureux d’accueillir pour le soutenir dans ses efforts aussi bien le ministre du Travail, Michel Sapin, que Geneviève Fioraso à un colloque où Laurent Beauvais, président de la commission enseignement supérieur, recherche et innovation de l’Association des Régions de France (ARF), a proposé que ce soit dorénavant les Urssaf qui collectent la taxe d’apprentissage. À l’issue du colloque, la CPU a présenté 29 propositions.

Les propositions de la CPU sur la formation professionnelle

Concernant la formation professionnelle la CPU demande notamment la «suppression des contraintes de marché public pour les universités dans le cadre d’appels d’offre pour les demandeurs d’emplois», un soutien plus ferme du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche aux initiatives prises par les universités pour le développement de leur formation continue, une gestion globale du financement des reprises d’études grâce à la mise en place de mécanismes de type «conférences de financeurs», en lien avec le futur compte personnel de formation (CPF) et le développement de la reprise d’études et de la validation d’acquis dans les établissements par la mise en place d’un guichet unique pour les  stagiaires.

Les propositions de la CPU sur l’apprentissage

Sans doute après avoir réalisé quel impact négatif aurait la mesure sur ses propres écoles d’ingénieurs, la CPU ne souhaite pas que  a totalité de la taxe d’apprentissage soit affectée aux seuls apprentis afin que «cela puisse bénéficier à d’autres étudiants que ceux en apprentissage, notamment quand il y a des groupes mixtes».

Elle souhaite également le maintien, pour tous les niveaux de formation, du crédit d’impôt apprentissage pour les entreprises, plaide pour un «plafonnement du montant maximum de la taxe d’apprentissage par étudiant affecté au titre du barème, en le corrélant au nombre d’apprentis formés dans les structures de formation», la dissociation entre organismes collecteurs et organismes utilisateurs (entendez les CCI) et demande une «cohérence entre les politiques régionales en matière d’apprentissage». Là au moins tout le monde est d’accord.

Olivier Rollot (@O_Rollot)

è Lire les discours prononcés par Michel Sapin et Geneviève Fioraso à l’occasion de ce colloque qui a eu lieu au Cnam à Paris.

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