ECOLE D’INGÉNIEURS

L’ESME Sudria s’implante à Bordeaux : retour sur sa stratégie

Ecole d’ingénieurs postbac parisienne en 5 ans, l’ESME Sudria s’implante cette année à Bordeaux après Lille et Lyon. L’occasion de revenir sur son cursus avec sa directrice, Véronique Bonnet.

  • L’ESME Sudria recrute ses étudiants essentiellement après le bac par le biais du concours Advance. Chaque année de son cycle ingénieur est facturée 8500€ en moyenne (des frais supplémentaires peuvent être facturés uniquement aux étudiants qui partent aux Etats-Unis ou en Australie dans le cadre de leur cursus).

Olivier Rollot : Qu’est-ce qui pousse aujourd’hui l’ESME Sudria à s’implanter à Bordeaux après Lille et Lyon ?

Véronique Bonnet : D’une part l’offre de formation d’écoles d’ingénieurs est beaucoup moins développée à Bordeaux que dans d’autres grandes villes. D’autre part Bordeaux possède un pôle aéronautique de premier ordre. Par exemple avec Thales dont le siège des activités avioniques s’installe à Bordeaux et crée tout un campus de recherche. Enfin nous sommes soutenus par les institutions locales et la demande des familles.

O. R : A Bordeaux, l’ESME Sudria va rejoindre d’autres écoles du groupe Ionis sur un campus commun ?

V. B : Ionis compte déjà 1000 étudiants à Bordeaux avec l’Iseg Marketing & Communication School, l’ISG Programme Business & Management, e-artsup, EPITECH ou encore ISEFAC dans un quartier central de Bordeaux. Nos étudiants seront hébergés sur le même campus pour favoriser la mixité des publics et les projets inter-écoles. Ils seront 40 à la prochaine rentrée puis 50 à 60 chaque année.

O. R : Ils pourront poursuivre tout leur cursus à Bordeaux ?

V. B : Comme c’est le cas pour nos deux autres implantations de Lille et Lyon, les étudiants y passent les trois premières années du cursus (cinq semestres plus un semestre international) et les deux dernières à Ivry-sur-Seine, tout à côté de Paris. Mais notre objectif est aussi de développer des relations fortes avec les entreprises de la région Nouvelle Aquitaine pour que nos étudiants puissent y effectuer des stages longs.

O. R : Vos effectifs vont passer au total à combien par promotion ?

V. B : Aujourd’hui nos promotions sont de 300 à Paris et de 150 entre Lille et Lyon. A terme ce sont donc une cinquantaine d’étudiants supplémentaires que nous allons recevoir.

O. R : Vous arrivez à recruter des filles ? Ce ne doit pas être facile dans vos spécialités qui sont plutôt liées au génie électrique et aux systèmes d’information.

V. B : Nous recevons effectivement moins de 20% de filles mais nous comptons bien progresser en montrant qu’au-delà des techniques il y a des enjeux comme la transition énergétique, la mobilité, l’intelligence artificielle, etc. auxquels les filles s’intéressent. Quand on leur parle objets connecté pour les diabétiques, énergie et ville intelligente, etc. elles voient tout ce que notre école peut leur apporter !

O. R : Quels types de bacheliers recrutez-vous ?

V. B : Essentiellement des bacheliers S et quelques STI2D (50 sur 380 chaque année) auxquels nous délivrons un accompagnement particulier qui n’empêche pas un taux d’échec plus important.

O. R : On entend beaucoup dire que le niveau des bacheliers S a chuté en maths et physique. Avez-vous dû adapter votre cursus ?

V. B : Dans la mesure où notre cycle prépa est intégré nous avons pu facilement le réformer pour nous adapter aux nouveaux programmes de maths et  de physique. C’est plus difficile en classe prépa où les programmes sont plus larges. Nous ne sommes donc pas trop marqués par la réforme du lycée de 2013.

O. R : Délivrez-vous des cours en ligne sur la plateforme IonisX ? Et plus largement comment votre pédagogie évolue-t-elle ?

V. B : Nous y dispensons nos propres cours en ligne. Nos étudiants doivent regarder quatre « MIMO » chaque semaine suivi d’une séance de travaux-dirigés afin de vérifier leur compréhension et d’apporter des explications complémentaires. Nous développons également les travaux de groupe qui permettent d’acquérir des compétences d’entraide tout à fait intéressants pour la future vie professionnelle de nos étudiants. Enfin nous avons des séances de coaching pour identifier dans chaque classe les élèves qui doivent être aidés.

Nous démarrons un nouveau cycle pour personnaliser la formation en innovation technologique avec des projets appliqués qui se feront dans notre Fablab et un ElectroFabLab. Pendant deux jours et demi par semaine nos étudiants fabriqueront par exemple un robot d’exploration sous-marine ou une imprimante 3D… culinaire.

Nous montons également un parcours international avec le CRI, le laboratoire d’innovation pédagogique de l’université Paris-Descartes, qui permettra à nos étudiants de travailler avec des enseignants-chercheurs venus du monde entier sur des projets en anglais.

O. R : Vous rapprochez vous également d’écoles de management ?

V. B : Nous avons créé un parcours management avec l’ISG. A condition de travailler 4,5 heures de plus chaque semaine pendant cinq ans nos étudiants peuvent obtenir le diplôme du programme Grande école de l’ISG !

O. R : Comment se déroule votre cycle ingénieur ?

V. B : Les trois premiers semestres sont communs et nos étudiants tournent dans les quatre laboratoires avant de choisir une des neuf majeures (dans deux ans elles seront même 15) aux choix : systèmes énergétiques, robotique et mécatronique, traitement du signal, ingénierie financière, réseaux télécom etc. Nous essayons de leur donner au maximum accès à la majeure de leur choix. Par ailleurs, 50 de nos étudiants suivent chaque année leur cursus en apprentissage.

O. R : C’est le grand sujet du moment. Allez-vous créer un bachelor ?

V. B : Nous réfléchissons à la création d’un bachelor technologique pour répondre aux besoins des entreprises.

O. R : On imagine que l’intégration professionnelle de vos diplômés est excellente comme à la sortie de toutes les écoles d’ingénieurs ?

V. B : Oui ils touchent un salaire brut moyen de 41 000€ par an. Thales l’entreprise dans laquelle on compte le plus grand nombre d’ingénieurs ESME. 16% partent à l’étranger. Enfin ils sont de plus en plus nombreux à se lancer dans la création d’une start up.

O. R : Vous les aidez à créer leur entreprise ?

V. B : Nous avons créé un parcours pendant les deux dernières années de leur cursus pour les accompagner dans leur projet au sein de l’incubateur Sudri’Cub à Ivry. Quatre entreprises sont reçues tous les six mois auxquelles nous délivrons un accompagnement technique, économique et juridique ainsi que des mises en relation pour réaliser des levées de fonds.

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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