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« L’IIM a été la première école à former aux métiers du digital »

Créée en 1995 à La Défense, l’Institut de l’Internet et du multimédia forme (IIM) est l’une des toutes premières écoles françaises à avoir formé des managers du numérique. Elle vient de changer sa pédagogie comme l’explique son directeur, Emmanuel Peter.

Emmanuel Peter (Photo : Jonathan Riquier).

Olivier Rollot : Beaucoup d’écoles se sont créées ces dernières années autour des métiers de l’Internet. Qu’est ce qui singularise l’IIM ?

Emmanuel Peter : D’abord d’avoir été la première, dès 1995, à former à ces métiers. Mais surtout de former à tous les métiers autour du digital, que ce soit la communication, le marketing, le design, la création ou les technologies mais aussi les jeux vidéo et la 3D. Nous permettons ainsi à nos étudiants de s’orienter progressivement dans une myriade de métiers alors que la plupart des autres écoles travaillent dans une seule dimension. Aujourd’hui nous recevons 1300 étudiants.

 O. R : Comment faites-vous évoluer le cursus pour la prochaine rentrée ?

E. P : Nous devions évoluer pour répondre aux demandes des entreprises qui veulent recruter des profils à la fois généralistes et spécialistes d’un domaine. Des entreprises qui cherchent des diplômés possédant à la fois une culture globale des différentes dimensions du secteur (design, développement, réseaux sociaux),  des soft skills – des compétences – qui vont de la capacité à travailler en mode projet à celle d’apprendre constamment en passant par le travail en équipe et un premier niveau d’expertise sur un métier précis.

Nos étudiants vont donc maintenant commencer leur cursus par une année préparatoire, qui leur permettra de découvrir le B.A.-BA du digital, avant de choisir un « axe métier » – parmi les cinq proposés – lors des années 2 et 3 du cycle bachelor puis choisir parmi les 12 spécialités du cycle mastère.

O. R : L’IIM forme également beaucoup de futurs créateurs d’entreprise ?

E. P : 12% de nos étudiants créent leur entreprise et 5% sont free-lance ou indépendants directement à la sortie du cursus. C’est naturel dans le digital et nous les accompagnons avec un parcours « start-up » pendant les années 4 et 5. Nous les aidons à définir puis lancer leur projet comme à trouver la structure d’incubation qui leur convient le mieux.

O. R : En tout combien de temps dure le cursus de l’IIM ?

E. P : Nos étudiants peuvent soit s’arrêter en bachelor après 3 ans (titre RNCP niveau 2) soit continuer deux années de plus vers un autre titre RNCP de niveau 1. La plupart de nos étudiants suivent ces deux dernières années en alternance pour répondre à une demande très forte des entreprises.

O. R : Quels type d’élèves recrutez-vous ?

E. P : Ils viennent de toutes les séries du bac, dont 35% de S, avec une sélection fondée sur la motivation plus que sur le seul niveau académique. Comme dans tout le pôle Léonard-de-Vinci il est également possible d’intégrer l’école dans le cadre d’une réorientation le 20 février. Enfin nous recrutons sur titre chaque année et en particulier dans le cycle mastère où viennent nous rejoindre des titulaires de bachelors d’écoles de commerce ou de communication mais aussi des diplômés d’autres écoles de l’Internet, voire d’écoles d’informatique.

O. R : Il y a beaucoup de filles à l’IIM ?

E. P : Elles représentent 28% des effectifs de l’ensemble de l’école, et jusqu’à 50% dans certaines promotions en communication.

O. R : Combien coûtent vos formations ?

E. P :  6 900 euros en année préparatoire puis 7 100 € en années 2 et 3 et 7 500 euros en années 4 et 5 où l’alternance est très majoritaire. 15% de nos étudiants bénéficient d’une bourse interne sur critères sociaux.

O. R : A quels postes préparez-vous ?

E. P : Les postes de sortie sont divers avec une forte proportion dans le management : après leur mastère 23% de nos diplômés deviennent chef de projet, en particulier dans les jeux vidéo. Ils travaillent dans toutes sortes d’entreprise, spécialisées dans le digital ou pas, start up comme entreprise de services du numérique (ESN). Ceux qui ont choisi des métiers techniques sont particulièrement demandés et nous souhaiterions en former plus.

O. R : Tout le monde apprend à coder à l’IIM ?

E. P : Oui et dès la première année pour bien comprendre ce que fait un développeur. C’est primordial aujourd’hui et on devrait l’enseigner dès le lycée. Mais pendant cette première année ils sont également plongés dans la conception des jeux vidéo, le design graphique, la modélisation 3D ou la communication digitale.

O. R : Vous montez des projets en synergie avec les autres écoles du pôle Léonard-de-Vinci, l’école d’ingénieur EILV ou de management l’EMLV ?

E. P : Le pôle Léonard-de-Vinci est un lieu idéal pour travailler en commun avec d’autres écoles. Nous délivrons aujourd’hui 20% de cours en commun avec les autres écoles. Un projet commun est organisé chaque année entre elles sous la forme d’un « Hackathon » d’une semaine. Cette année il était consacré aux « projets du millénaire de l’ONU en matière d’environnement ou de santé ».

Nous travaillons également beaucoup sur la transversalité avec par exemple la formation de spécialistes des données appliquées au marketing (« Digital Marketing and Data Analytics ») qui donne lieu à la remise d’un double diplôme avec l’EMLV. Nous formons en ce moment une deuxième promotion de 55 étudiants de ce programme que nous allons maintenant également ouvrir à l’alternance et aux sortants du bachelor de l’IIM.

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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