Paris-Dauphine publie « L’état des entreprises » : retour sur son modèle

Paris-Dauphine fait partie de cette catégorie d’universités d’excellence qu’on appelle «research universities » (« universités de recherche »). Elle en fait chaque année la démonstration en publiant L’état des entreprises (éditions de La Découverte), un ouvrage d’un peu plus de 100 pages dans lequel son laboratoire « Dauphine Recherches en Management » (DRM) fait le point sur ses recherches portant sur le monde de l’entreprise. « Nous nous adressons à un public plus large que la sphère universitaire pour expliquer à quoi sert la recherche en management. Quand on dit qu’on est chercheur de gestion on vous colle souvent une étiquette de « technicien » alors que nous traitons des questions beaucoup plus larges, bien au-delà de la seule efficacité économique », explique Véronique Perret, l’une des deux chercheuses qui ont édité « L’état des entreprises » cette année.

L’un des plus importants centres français

La plupart des contributions à « L’état des entreprises » (par exemple cette année « Sécurité des systèmes d’information : de la criminologie à l’innovation managériale » ou « Le soulèvement des machines : que penser du trading haute fréquence ») sont rédigées par les chercheurs de DRM, l’un des plus importants centres français en recherche de gestion.… Lire la suite

Dans quels pays les universités sont vraiment autonomes en Europe ?

L’Association européenne des universités a publié cette semaine son étude annuelle sur « l’autonomie des universités en Europe » (29 pays examinés dont la plupart des pays de l’Union européenne, la Suisse et la Serbie) à l’occasion de son congrès qui se tenait en Norvège, à Bergen.

En termes d’autonomie organisationnelle, les universités du Royaume Uni sont les plus libres devant celles du Danemark et de Finlande. La France est 20ème et fait par exemple partie des 17 pays dans lesquels les présidents ou directeurs des universités sont nommés sans avis des autorités et à 65% selon des critères académiques (mais pas au Royaume-Uni).

En termes d’autonomie financière, ce sont les universités luxembourgeoises qui sont les plus livres devant celles de la Lituanie et du Royaume Uni (la France se situant en 24ème position). Dans 15 des 29 pays examinés les universités peuvent emprunter de l’argent seulement sous condition (seuls 6 pays dont l’Autriche, Belgique ou encore les Pays-Bas le permettent sans restriction).… Lire la suite

Comment s’est construit l’IMT Atlantique ? : entretien avec Paul Friedel

A la tête du tout nouveau IMT Atlantique, qui réunit Mines Nantes et Télécom Bretagne depuis le 1er janvier 2017, Paul Friedel dirige aujourd’hui une école qui compte 1400 élèves ingénieurs. Mais comment réussit-on une fusion ?

Olivier Rollot : A la rentrée 2018 les cycles ingénieur de vos deux écoles vont fusionner dans le cadre d’IMT Atlantique. Qu’est-ce que cela signifie pour les étudiants ?

Paul Friedel : Cette année, les étudiants pourront encore postuler aux concours de chaque école pour suivre l’un des deux cursus d’IMT Atlantique. En juin 2017 nous présenterons le nouveau programme de formation unique à la Commission des Titres d’Ingénieurs (CTI). Si tout se déroule comme nous le prévoyons, le cursus unique généraliste – hors apprentissage, masters et doctorats -, débutera à la rentrée 2018. Les premiers diplômés d’IMT Atlantique sortiront de l’école en 2021.

O. R : Les deux cursus sont-ils si différents aujourd’hui ?Lire la suite

HEC lance un master 100% en ligne

« Coursera a la volonté de créer maintenant des programmes diplômants avec des institutions de tout premier plan et nous avons tout de suite été intéressés », explique Peter Todd venu présenter le tout premier programme diplômant 100% en ligne d’HEC Paris et qui entend maintenant « faire d’HEC un leader dans le digital comme il l’est dans les autres domaines ».

Un « master’s » d’un nouveau type

Le Master’s in Innovation and Entrepreneurship (ainsi appelé parce que l’appellation « MSc » ne parle pas à tous dans le monde avec néanmoins l’objectif d’être labellisé par la CGE) s’adresse aux managers qui veulent développer et piloter l’innovation au sein de leurs organisations ainsi qu’à celles et ceux qui souhaitent créer leur entreprise. « Nous voulons toucher de nouveaux profils, pas forcément académiques, pas forcément Français, qui ne pourraient pas nous rejoindre autrement », confie Marc Vanhuele, le directeur digital d’HEC.

Les participants bénéficieront d’un enseignement flexible avec une offre de cours à la carte: ils pourront choisir de suivre ou un seul cours, ou une spécialisation, ou bien tous les enseignements du diplôme de master.… Lire la suite

«La recherche pilote notre recrutement»: Christophe Baujault et Lamia Rouai (ECE Paris)

Considérée comme l’une des meilleures écoles d’ingénieur postbac, l’ECE Paris, école d’ingénieurs a intégré récemment le groupe Inseec. Christophe Baujault et Lamia Rouai, directeur général et directrice générale déléguée, expliquent comment évolue le positionnement de leur école.

Olivier Rollot : Ces dernières semaine on a beaucoup parlé de la baisse de niveau des lycéens en sciences. Est-ce quelque chose que vous ressentez et comment faites-vous pour y remédier ?

Christophe Baujault : Nos étudiants n’ont clairement pas les mêmes comportements qu’il y a seulement cinq ans : ils sont à la fois hyper-connectés et créatifs tout en manquant de capacités de concentration. Ils pensent qu’on peut tout faire à la fois et on les voit prendre des photos des corrections au lieu de prendre des notes. Mais comment retenir sans noter ? Ils ont subi une réforme du lycée qui les conduit à dupliquer plutôt qu’à raisonner. Pour autant leur cerveau est bien câblé.… Lire la suite

Un double diplôme pour Grenoble EM et Ferrières

Avec l’ambition de devenir « l’école préférée des professionnels de l’hôtellerie, de la gastronomie et du luxe », l’école Ferrières propose des formations dans ces domaines à des étudiants du monde entier dans le cadre d’un superbe château situé à quelques kilomètres de Paris. Les étudiants du programme Grandes école de Grenoble EM (GEM) peuvent aujourd’hui dans un premier temps y passer un « Certificat Management de l’hospitalité et de la Gastronomie (CMG) » qui s’effectue durant l’été se situant entre leurs deux premières années de formation et est composé de 6 semaines de Master Class assorties de 6 semaines de stage.

A partir de la 2ème année de leur cursus, ils peuvent passer un semestre entier au sein de l’Ecole Ferrières quand, réciproquement, les étudiants en mastère 1 de l’Ecole Ferrières effectuent le 1er semestre de leur M1 à GEM. Enfin, tous ces étudiants en double cursus passeront l’intégralité de leur année de césure à être formés dans l’école partenaire.… Lire la suite

« L’écrit est avant tout numérique aujourd’hui » : Michelle Bubenicek (Ecole des Chartes)

 

Fondée en 1821 pour former des conservateurs du patrimoine, l’École des chartes fait partie des plus anciennes grandes écoles françaises. En 2014, elle a déménagé de son site historique de la Sorbonne pour s’installer rue de Richelieu, en face du bâtiment de la Bibliothèque nationale de France (Bnf) qui accueille nombre de ses diplômés archivistes paléographes. Sa directrice, Michelle Bubenicek, nous explique les enjeux particuliers d’une école d’excellence.

Olivier Rollot (@O_Rollot) : L’École des chartes a un prestige inversement proportionnel à la taille de ses promotions : seulement 20 diplômés par an !

Michelle Bubenicek : Nous ne pouvons former plus d’élèves qu’il y a de postes à pourvoir – certaines années nous en avons formé le double. À l’origine, l’École a été créée pour conserver les « trésors de l’écrit » suite aux confiscations révolutionnaires. Aujourd’hui, les itinéraires des « chartistes » sont très divers. Ils deviennent conservateurs des bibliothèques, du patrimoine ou encore enseignants-chercheurs.… Lire la suite

« Un site se porte mieux si un établissement de l’IMT en fait partie » : Philippe Jamet

Directeur général de l’Institut Mines-Télécom (IMT), ancien président de la Conférence des grandes écoles, Philippe Jamet est en train d’imposer un nouveau modèle d’organisation de l’enseignement supérieur. Le regarde aiguisé sur nos écoles et nos universités d’un homme habitué à surmonter les difficultés.

 Olivier Rollot : Le classement 2017 des écoles d’ingénieurs de « L’Usine nouvelle » place trois des dix écoles membres de l’IMT dans les cinq premières (Télécom ParisTech 4ème puis Mines ParisTech et l’IMT Atlantique ex-aequo). C’est un résultat qui doit vous réjouir.

Philippe Jamet : Bien sûr ! Même si ce classement est réputé assez volatil, si on se souvient des biais méthodologiques de l’édition précédente. De plus un certain nombre d’écoles, comme les écoles Centrale de Lyon et Paris, ont préféré ne pas répondre. Nous sommes en tout cas heureux de voir l’impact positif qu’a eu leur fusion pour Mines Nantes et Télécom Bretagne qui forment depuis le début 2017 l’IMT Atlantique, ainsi que pour l’autre école fusionnée, IMT Lille Douai.… Lire la suite

« Nous voulons rendre notre programme grande école plus lisible » : Thomas Froehlicher (Kedge BS)

Kedge Business School est une véritable « machine éducative » qui compte aujourd’hui 12 500 étudiants et dont le budget doit passer de 103 M€ en 2016 à 133 M€ en 2020. Son directeur général Thomas Froehlicher, également actuel président du concours Ecricome, revient sur les grands enjeux que rencontre aujourd’hui Kedge.

Olivier Rollot : Pouvez-vous d’abord nous faire un petit bilan des inscriptions au concours Ecricome cette année ?

Thomas Froehlicher : Nous constatons une dynamique très positive avec 8191 candidats inscrits issus des différentes classes préparatoires aux grandes écoles. Les Écoles Ecricome, Kedge et Neoma BS renforcent leur position de premières Écoles choisies par les candidats, en hausse de 4,4% par rapport à 2016 pour les filières non littéraires. Quatre facteurs expliquent probalement cela :  en premier lieu, la solidité de deux très grandes écoles proposant une offre de formation rigoureuse sur de multiples campus ; en second lieu, la baisse décidée des coûts d’inscription pour alléger le poids financier des concours, une approche résolument « family friendly » ; en troisième lieu, une session écrite positionnée de manière à laisser une période suffisante de repos avant la session des écrits de la BCE ; et, enfin, last but not least, le renouvellement de la confiance de la communauté des proviseurs et des professeurs des CPGE vis-à-vis de la qualité des épreuves ECRICOME s’est confirmée.… Lire la suite

L’ESME Sudria s’implante à Bordeaux : retour sur sa stratégie avec Véronique Bonnet, sa directrice

Ecole d’ingénieurs postbac parisienne en 5 ans, l’ESME Sudria s’implante cette année à Bordeaux après Lille et Lyon. L’occasion de revenir sur son cursus avec sa directrice, Véronique Bonnet.

  • L’ESME Sudria recrute ses étudiants essentiellement après le bac par le biais du concours Advance. Chaque année de son cycle ingénieur est facturée 8500€ en moyenne (des frais supplémentaires peuvent être facturés uniquement aux étudiants qui partent aux Etats-Unis ou en Australie dans le cadre de leur cursus).

Olivier Rollot : Qu’est-ce qui pousse aujourd’hui l’ESME Sudria à s’implanter à Bordeaux après Lille et Lyon ?

Véronique Bonnet : D’une part l’offre de formation d’écoles d’ingénieurs est beaucoup moins développée à Bordeaux que dans d’autres grandes villes. D’autre part Bordeaux possède un pôle aéronautique de premier ordre. Par exemple avec Thales dont le siège des activités avioniques s’installe à Bordeaux et crée tout un campus de recherche. Enfin nous sommes soutenus par les institutions locales et la demande des familles.… Lire la suite