Bilan 2012 de l’enseignement supérieur: quelle loi après les Assises ?

2012 aura été une année riche en débats et en événements dans le monde de l’enseignement supérieur. Si la préparation des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche a occupé les esprits une bonne partie de l’année, les esprits ont aussi souvent été occupés par les élections universitaires, les fusions des écoles de management, la succession sans fin de Richard Descoings à Sciences Po ou encore les controverses sur les nouvelles pédagogies.

135 propositions

Devenues 135 dans le rapport final de Vincent Berger, président de l’université Paris Diderot et rapporteur du comité de pilotage des assises de l’enseignement supérieur et de la recherche, les 121 propositions issues des Assises de l’enseignement supérieur et de la Recherche vont être au cœur du projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche.« Soumis à consultation dès la fin janvier dans la perspective d’une présentation en conseil des ministres au mois de mars 2013 » selon un communiqué de la présidence de la République, cette loi devra répondre aux attentes, fortes, de la communauté universitaire sans réduire pour autant à la portion congrue les pouvoirs des présidents d’université. Un rude arbitrage à venir pour la ministre et le nouveau bureau de la CPU… Sans entrer dans tout le détail, en voici quelques point cruciaux.

La remise des propositions des Assises de l'enseignement supérieur et de la recherche à François Hollande

La gouvernance

Dans les Échos Geneviève Fioraso revenait sur le thème de la gouvernance en estimant par exemple que « l’idée d’une procédure de destitution du président et des vice-présidents était acquise ». Une sorte d’impeachment universitaire. Sur ces questions cruciales Louis Vogel, dans un entretien au site vousnousils, se montrait particulièrement inquiet en craignant que si « le Conseil scientifique et le Conseil des études de la vie universitaire étaient présidés par des vice-présidents élus par le conseil sans être proposés par le président (…) il n’y ait plus de stratégie ».

Les moyens

Au-delà des questions d’organisation celles des moyens restent bien évidemment cruciales. Ce n’est pas un hasard si le rapport remis par Vincent Berger se clôt par une proposition absente de celle des Assises qui dit qu’il faut « augmenter les budgets des universités progressivement pour atteindre une dépense de 9000 € par étudiant, hors dépenses de recherche ». Un chiffre qui provoque l’ire de Pierre Dubois sur son blog : « Qui peut croire une seule seconde que la dépense puisse progresser en quelques années de 6.000 à 9.000 euros ? Du jamais vu dans l’histoire de la dépense éducative ! À moins que l’idée ne soit de faire baisser, dans le même temps, la dépense par élève de CPGE et de STS… »

Le rapprochement universités et grandes écoles

Si la thématique du rapprochement grandes écoles / universités n’avait pas été très présente dans les Assises elle l’est dans les propositions. On peut ainsi lire (proposition 96) que « les écoles seront naturellement encouragées à participer au processus de coopération, en prenant toutes les précautions pour conserver leurs points forts et leurs identités ».

Ce à quoi la Conférence des Grandes écoles répondait (par avance) dans un communiqué que « la diversité des établissements de l’ESR français (en termes de statuts, de taille, de tutelle, d’organisation…) constitue une richesse et une originalité dont il s’agit certes de favoriser les synergies et les coopérations, notamment entre Universités et Grandes écoles, mais en évitant les logiques purement administratives dominées par le « large is beautiful » et le modèle unique ».

Dans le même esprit la Cdefi prône elle le modèle d’une « université confédérale où chaque établissement garde son entière légitimité et son statut légal et il y a une dévolution au besoin, petit à petit en fonction des accords passés entre les acteurs pour donner à cette organisation territoriale quelques rôles opérationnels ». Et d’enfoncer le clou : « Le terme Grande Université ne convient pas, nous serions plutôt dans un modèle système universitaire comme celui de Californie »

La réforme de la licence

La cause semble être enfin entendue : les spécialisations  trop rapides en première année de licence sont source d’échec et sa réforme s’appuiera sur un « élargissement du socle disciplinaire en première année, par grands domaines, de manière à passer progressivement de la classe de terminale à un cursus de plus en plus précis et approfondi au fil des années de licence ». pour autant il ne s’agira pas d’une « licence propédeutique avec un ensemble de matières enseignées couvrant un spectre aussi large que celui de la terminale ».

Olivier Rollot (@O_Rollot)

  • Lire des commentaires synthétiques des 135 propositions du rapport de Vincent Berger sur le blog du Monde Le grand amphi et Educpros.
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