Enseignement supérieur: les contours de la prochaine loi se précisent

Résolument œcuménique car issue des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche, les contours de la prochaine loi précisant le projet du gouvernement pour l’enseignement supérieur se précisent peu à peu avec la remise à la ministre des conclusions de son rapporteur, le député Jean-Yves Le Déaut, dans un document intitulé « Refonder l’université, dynamiser la recherche » qui commence de façon assez dramatique par un « Les Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche ont révélé un traumatisme ».

Jean-Yves Le Déaut

Les collectivités locales veulent avoir leur mot à dire

Résolument œcuménique mais pas forcément consensuelle en tout, la loi devrait être marquée par un élargissement des votants au sein du conseil d’administration aux collectivités locales, organismes de recherche et aux personnalités extérieures. Devant le congrès de la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs), Geneviève Fioraso, qui fut une élue locale grenobloise très impliquée dans le développement de l’offre d’enseignement supérieur, avait déjà insisté en novembre sur ce point : elle tient absolument à que tous ceux qui participent au CA y votent, y compris pour l’élection du président, un point sur lequel justement la Conférence des présidents d’université (CPU) est en total désaccord.… Lire la suite

Assises de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : la Cdefi défend l’Aeres

C’est le sentiment général : les Assises qui viennent d’avoir lieu ont semblé être  celles de l’université. À peine y a-t-on entendu un seul chef d’entreprise s’y exprimer. Christian Lerminiaux, président de la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs), le regrette : « Les milieux socio-économiques ont été les grands silencieux de ces débats. Les régions et les collectivités locales se sont un peu manifestées, mais les entreprises ont très peu fait entendre leur voix ».Surtout il s’inquiète de voir la gouvernance des universités ramener à la loi de 1984 : « Avant d’attacher à un conseil d’administration deux autres conseils (le conseil des études et le conseil scientifique) qui auraient leur légitimité propre, leur capacité propre et qui affaibliraient la gouvernance centrale, il faut y réfléchir à deux fois » juge-t-il.

Quant à la « grande université » qui a largement été prônée, la CDEFI se déclare plutôt pour la vision d’une « université confédérale où chaque établissement garde son entière légitimité et son statut légal et il y a une dévolution au besoin, petit à petit en fonction des accords passés entre les acteurs pour donner à cette organisation territoriale quelques rôles opérationnels ».… Lire la suite

Assises : ce que propose la CPU

La Conférence des présidents d’université (CPU) a édité le 16 novembre une « Contribution de la Conférence des présidents d’université aux Assises de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ». En tout, elle présente 17 grandes propositions en notant de manière liminaire que si « contrairement aux standards internationaux, les universités françaises ne sont pas les seuls acteurs de la recherche et des formations supérieures, elles doivent être les opérateurs centraux d’un service public national d’enseignement supérieur et de recherche renouvelé ». Voici un petit résumé de ce que demande la CPU (la contribution complète est accessible sur son site).

Revaloriser les aides sociales

La CPU propose « d’augmenter les aides sociales aux étudiants pour les étendre à 50 % d’entre eux, en étudiant la transformation de la demi-part fiscale, anti-redistributive, en crédit d’impôt formation supérieure (CIF) »

Sécuriser les masses salariales

« L’exercice effectif de l’autonomie exige la sécurisation des masses salariales transférées aux universités, selon les principes de compensation des charges transférées et du décideur-payeur (…).… Lire la suite

Bonnes vacances… en pensant aux défis de la rentrée

Comme vous nous partons quelques semaines en vacances. Comme vous nous allons décompresser et, comme vous, avoir quelque part en tête les défis qui attendent le monde de l’enseignement supérieur à la rentrée.

1. Que va-t-il sortir des Assises ?

Pilotées par Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine, les Assises territoriales puis nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche qui vont se dérouler de la mi-octobre à la fin novembre doivent déboucher sur une nouvelle loi cadre début 2013. Elles risquent surtout d’être un terrain d’affrontement privilégié entre les opposants farouches à la LRU (Bertrand Monthubert, Isabelle This Saint-Jean, Anne Fraisse, etc.) et ceux qui y ont participé en tant que présidents d’université à la tête de la CPU et sont maintenant aux commandes du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (Lionel Collet, Simone Bonnafous, Daniel Filâtre). Les premiers ont l’avantage d’être proches ou membres du PS, les seconds d’être aux manettes.… Lire la suite