ECOLES DE MANAGEMENT

« La logique de l’ICD c’est l’accompagnement »

Ecole postbac implantée à Paris et Toulouse, ICD Paris propose un cursus en 5 ans (amenant au grade de master) mais aussi des bachelors (visés par l’état) en Business Development et Event Management) et des MBA. En tout, elle reçoit 1400 étudiants à Paris et 300 à Toulouse. Son directeur, Benoît Aubert, nous explique le modèle d’une « petite » Grande école qui ne s’en laisse pas conter.

  • On intègre l’ICD par un concours commun avec l’Idrac, le concours Team. Les étudiants sont titulaires à parité des bacs ES, S et STMG.

Olivier Rollot : Comment caractériseriez-vous l’ICD ?

Benoît Aubert : L’ICD est une école très proche de ses élèves. Nous ne cherchons pas à recruter 800 étudiants en bachelor mais à cultiver notre proximité. Notre logique c’est l’accompagnement, l’encadrement des étudiants qui peuvent venir taper à ma porte en étant sûr que je leur ouvrirai. Nous le démontrons d’ailleurs en proposant aux parents de futurs étudiants d’être « directeur pendant trois heures » pour bien comprendre notre métier.

Nous sommes aussi axés sur l’international avec, par exemple, la possibilité pour les étudiants de notre programme Grande école de partir deux semaines à Tokyo et six mois à Dublin dès leur première année. En Irlande, nous bénéficions d’un accord privilégié sur un campus pour perfectionner nos étudiants en anglais et les remonte à 550 au TOEFL. Le niveau minimum pour envisager de se rendre sur le campus d’une université américaine. Les étudiants peuvent s’y rendre un semestre sans coût additionnel. Avec le programme européen Erasmus, nous travaillons à créer de nouvelles destinations comme l’Azerbaïdjan ou le Kazakhstan dans le cadre d’accords d’échanges et de doubles diplômes.

O. R : On entend souvent que les bacheliers ont de plus en plus de mal à franchir le pas qui mène à l’enseignement supérieur. Que faites-vous pour les y aider ?

B. A : Nous devons tout simplement leur apprendre à être eux-mêmes, à communiquer, échanger s’organiser pour travailler en groupe quand ils ont été habitués à être très individualistes jusqu’au bac. Notre objectif est de transformer ces bacheliers en diplômés et en professionnels avec une tête bien faite et bien pleine.

Pour les y préparer, nous demandons à la rentrée à nos élèves de 1ère année de produire un spectacle. Pendant trois semaines, ils se présentent, constituent des équipes, s’ouvrent au monde et au travail collaboratif grâce aux disciplines artistiques. A la fin ils présentent un véritable spectacle au Palais des Glaces devant leurs parents. En quelque sorte nous les « reconfigurons » en nous appuyant sur une bonne expression qui est leur point fort.

O. R : La culture générale est importante à l’ICD ?

B. A : Nous dispensons tout au long de leur cursus des cours d’humanités. Le Groupe IGS dont nous faisons partie a toujours porté la culture et les arts avec un ensemble d’enseignements commun à toutes les écoles. « Express Yourself » leur permet par exemple chaque année de travailler le chant, le théâtre avec une équipe d’animation. Il s’agit de leur ouvrir l’esprit pour cultiver leur personnalité et construire ces fameuses « soft skills » que demandent les entreprises.

Nos étudiants organisent également beaucoup de conférences et colloques, notamment ceux du bachelor événementiel. C’est toute une quête de sens à laquelle ils sont particulièrement attentifs.

O. R : Les pédagogies évoluent également ?

B. A : Il ne faut plus se contenter de donner des cours traditionnels dans un amphi ! Les étudiants apprécient de travailler en mode projet, en hackathon ou à travers des challenges. Nous avons organisé un hackathon dans le domaine de la communication événementielle de trente heures avec toutes les promotions, des représentants d’entreprise et des coachs. Nous avions loué des appartements dans tout Paris pour qu’ils puissent travailler dans un environnement différent, aidés par des professionnels.

Quand on intègre le programme Grande école, il faut pouvoir monter tout de suite en puissance dès qu’on arrive à l’école, puis partir six mois à l’international. En deuxième année nous démarrons cette année par exemple par un grand challenge avec l’entreprise Celio. Les étudiants ont trois mois pour se préparer et adresser une problématique de marketing digital avant de passer aux partiels. En troisième année les étudiants passent encore six mois à l’international. Etc.

O. R : Parcoursup est ouvert. Les programmes de l’ICD y sont-ils en 2019 ?

B. A : Oui, pour l’ensemble de nos programmes postbac : le programme grande Ecole (concours Team) et les programmes bac+3 (concours spécifique).

O. R : Il a deux ans vous créiez votre premier bachelor commun avec une école d’ingénieurs, l’EPF, en « Tech Sales Management ». Vous allez en créer d’autres ?

B. A : Le bachelor a plein d’atouts avec une double logique de sécurité – on obtient un diplôme en trois ans, on peut chercher un emploi – et d’assurance : on peut continuer son cursus. Nos diplômés font autant l’un de ces deux choix que l’autre. Tous les bacheliers ne veulent pas se lancer tout de suite dans cinq années d’études.

A la rentrée 2019 nous proposerons deux bachelors en 3 ans avec l’EPF. Toujours dans un environnement autant technologique que managérial le bachelor « Business

Innovators » remplace le bachelor que vous évoquez mais est redessiné dans un format en 3 ans au lieu de quatre auparavant. Il forme à l’ingénierie autant qu’au commerce et au marketing. Quant au bachelor « Digital Innovators » il est autant consacré au marketing qu’au digital. Il permettra par exemple aux « digital marketeurs de demain » d’apprendre à collecter, valider, décrypter la Data afin d’opérer une segmentation des marchés sur des bases statistiques et informatiques et de monter des campagnes de communication et marketing quasiment automatisées (blockchain, marketing automation).

O. R : Où se déroule la formation ?

B. A : Les deux programmes sont dispensés sur les campus de l’EPF et de l’ICD, deux jours chacun, une dernière journée étant consacrée à l’élaboration d’un projet. Une approche que nous voulons collaborative pour former les innovateurs du futur dans le cadre d’une offre hybride.

O. R : Quel types de lycéens recrutez-vous dans ces bachelors?

B. A : Essentiellement des bacheliers S qui veulent faire un peu de commerce, des STI2D mais aussi ES et STMG option informatique. Comme pour l’ensemble de nos programmes bac+3, l’entrée dans ces programmes s’opère par la voie d’un concours spécifique

O. R : Les diplômés de vos bachelors peuvent poursuivre leurs études dans vos écoles ?

B. A : Sous condition d’un niveau suffisant en sciences, ils peuvent intégrer l’EPF et également le programme Grande école de l’ICD. Mais ils peuvent surtout rejoindre le marché où les entreprises cherchent à recruter des chefs de projets sachant coder et ils le font sans avoir pour autant un bac+5.

O. R : Vous proposez un autre bachelor dans l’événementiel. De quoi s’agit-il ?

B. A : Notre bachelor « Responsable de développement commercial et marketing » – un programme qui a reçu le « visa » de l’Etat – propose deux options en « Business Development » et en « Event Management ». L’option est choisie dès la première année, même si une large part est destinée à des troncs communs. La troisième année peut être suivi en alternance en « Business Development » mais pas en « Event Management » car le rythme ne s’y prête pas.

O. R : Vous proposez également des diplômes de niveau master ?

B. A : Nous avons deux MSc. L’un est labellisé par la Conférence des grandes écoles (MSc in International Business Development) et l’autre devrait l’être début 2019 (MSc in Digital Business). Nous allons continuer à en ouvrir environ un par an. Le prochain sera consacré aux data.

O. R : Nous sommes allés jusqu’au master. Revenons un peu en arrière. Vous proposez aux élèves de première et terminale de découvrir les métiers.

B. A : En première et terminale nous leur proposons de travailler sur des thématiques comme « Deviens un super manager », « Deviens le roi de la négo ! » ou encore « Crée l’évènement de tes rêves ! » dans le cadre du Junior programme. Ce dispositif pédagogique est innovant et ludique car il permet aux lycéens de découvrir l’enseignement supérieur pour réussir son orientation. Les élèves de L pourront suivre le 12 février 2019 un atelier d’écriture (« Spécial section Littéraire Rédaction & publication ») pour comprendre qu’il n’y a pas de scission entre deux mondes, l’économique et le littéraire et qu’il existe différents savoir-faire pour commercialiser un livre ! Nous voulons ouvrir l’école à des profils qui vont au-delà des bacheliers S et ES, à des L qui ont de super compétences pour peu que l’on mixte les cultures.

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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