Joël Cuny, président de l’Ugei, présente sa stratégie entouré de Dominique Baillargeat (3il), Jean-Christophe Hauguel (ISC Paris) et Olivier Maillard (Ipag)
L’UGEI a présenté le 2 avril sa nouvelle identité de marque. Elle devient l’Union des grandes écoles privées (et non plus Indépendantes) tout en gardant le même acronyme. Son objectif : affirmer son rôle de « tiers de confiance » de l’enseignement supérieur.
Dévoiler une nouvelle identité de marque, impliquant un changement de nom et de logo, n’a rien d’anodin en ces temps où l’enseignement supérieur privé est au centre de toutes les attentions. En attendant un projet de loi censé éclairer les familles sur la qualité des formations, l’UGEI a souhaité réaffirmer son positionnement et ses valeurs. L’association, qui regroupe 37 grandes écoles, bientôt 39 (deux sont en cours d’admission), s’affirme ainsi comme le principal regroupement de grandes écoles privées par son nombre d’établissements, d’étudiants et de disciplines représentées.
Quelques chiffres attestent de cette diversité : l’UGEI comprend 21 écoles d’ingénieurs, 13 écoles de management, 3 écoles d’industrie créative ; parmi ces établissements membres, 18 ont opté pour le statut d’EESPIG (Enseignement supérieur privé d’intérêt général). Précisons dans la foulée que l’UGEI, ce sont 105 000 étudiants formés chaque année, 11 000 salariés et 450 000 alumni.
Des formations dont la qualité est reconnue. Une fois le tableau quantitatif dressé, place à la qualité : 100% des écoles membres délivrent au moins un diplôme reconnu au grade de master ou visé par l’État, c’est du reste l’une des conditions de l’admission. Toutes portent une activité de recherche avérée et significative, proposent à leurs étudiants des parcours à l’international et un accompagnement renforcé.
Des caractéristiques communes qui, selon l’UGEI, sont autant de garantie de la qualité académique. « Ce n’est pas le statut juridique (association, entreprise, consulaire) qui fonde la valeur d’une formation, mais la solidité de son projet académique et son utilité sociale. Ce qui nous unit, c’est notre rôle de « tiers de confiance » pour les familles, les étudiants et les pouvoirs publics », affirme Joël Cuny, président de l’UGEI et directeur général de l’ESTP.
Clarifier et mutualiser. L’UGEI s’est aujourd’hui fixée plusieurs objectifs au premier rang desquels figure le besoin de clarté. Dans un secteur de l’enseignement supérieur complexe et en pleine mutation, marqué par une offre de formation foisonnante et parfois illisible, l’UGEI a fait le choix de la transparence en remplaçant le mot « indépendantes » par « privées » dans sa baseline. Le « i » a néanmoins été conservé car la lettre incarne ses actions prioritaires : intégrité des pratiques et des parcours, inclusion au sein de nos écoles, innovation pédagogique constante, inspiration pour les trajectoires étudiantes, influence sur le débat public.
Des « i pluriels » qui positionnent l’UGEI à la fois comme une communauté de partage entre membres permettant la mutualisation des pratiques, et un partenaire stratégique de l’État. « Nous sommes un « action tank », tout autant interlocuteur crédible des pouvoirs publics – nous voulons porter la voix de l’enseignement supérieur privé – qu’espace de coopération entre écoles », commente Joël Cuny. L’Union a ainsi créé des groupes de travail thématiques sur la recherche, les ressources humaines, l’innovation pédagogique… et propose régulièrement à ses membres des sessions de formation.
De l’urgence d’une loi. Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, avait promis que la loi sur l’enseignement supérieur serait examinée dès le premier semestre 2026. Or, on a appris la semaine dernière que la Conférence des présidents du Sénat n’avait pas inscrit le projet de loi à l’ordre du jour du calendrier parlementaire des mois à venir même s’il reste une option pour juin. De quoi faire craindre que celle-ci ne soit pas débattue d’ici les élections présidentielles. Et pourtant, « réguler l’enseignement supérieur privé et assainir le marché, c’est une priorité », assure Joël Cuny. D’autant que selon les membres de l’UGEI, le projet de loi fait débat, notamment sur la pertinence de créer deux niveaux de reconnaissance que sont l’agrément et le partenariat. Une distinction jugée peu pertinente et peu lisible pour les familles.
En attendant, l’UGEI entend jouer pleinement son rôle de tiers de confiance et de partenaire stratégique des pouvoirs publics. « Par notre capacité à éclairer les transformations de la société, nous contribuons activement à la construction d’un système d’enseignement supérieur pluriel, responsable et performant », conclut Joël Cuny.