En octobre, TBS Education inaugurera son campus parisien refait à neuf. En attendant la fin des travaux, l’école a souhaité annoncer quelques nouveautés, l’occasion de se projeter dans l’avenir sans rien céder aux fondamentaux.
Ce fut autrefois un lycée technique pour tailleurs de pierre. Il en reste quelques traces, notamment dans la cour centrale, qui seront préservées. Ladite cour, toujours en travaux, sera végétalisée, ainsi que les terrasses qui surplombent ce bâtiment parisien niché au cœur du 15e arrondissement de la capitale. TBS a engagé un budget global de 12 millions d’euros pour le rénover afin d’assurer une meilleure isolation, davantage de luminosité, etc.
Quatre campus
L’école accueille en tout 6600 étudiants, répartis sur quatre campus, en France (Toulouse et Paris) et à l’étranger (Barcelone en Espagne et Casablanca au Maroc). Pour augmenter ses effectifs et améliorer l’expérience étudiante, un tout nouveau campus a été inauguré à Barcelone en 2023. À Toulouse, le vaisseau amiral de l’école qui comprend 4 500 étudiants, les travaux de modernisation vont commencer prochainement et dureront jusqu’en 2031. Ce campus comprendra notamment de nouveaux équipements sportifs et proposera une liste conséquente de spécialisations en sport. À Paris, où 800 étudiants se répartissent entre le Programme grande école, le bachelor in management et des Masters of science, l’objectif affiché est là encore d’augmenter les effectifs et de développer l’executive education. À noter qu’en 2026, l’école a reçu le label « Bienvenue en France » (avec le niveau maximum, soit trois étoiles), une certification créée par le gouvernement français et pilotée par Campus France, qui distingue les établissements qui offrent un accueil de qualité aux étudiants internationaux.
Répondre aux chocs
Face à un monde en constante évolution et d’une complexité croissante, TBS Education réajuste certains de ses positionnements, notamment à l’international. Selon Stéphanie Lavigne, directrice générale de l’école, « nous assistons à la fin de la mondialisation heureuse. Il y a quelques années, l’international était synonyme d’opportunités, d’employabilité accrue, d’expérience joyeuse… Aujourd’hui, le monde est plus risqué, ce qui nous demande d’accompagner davantage nos étudiants. Nous ne sommes plus dans le séjour découverte, mais dans la nécessité de les former à la résilience opérationnelle : il faut qu’ils soient préparés à évoluer dans un environnement imprévisible ». Un environnement complexe qui amène l’école à développer ses partenariats à l’international avec de nouveaux accords noués avec des universités prestigieuses telles que Yale, Tokyo International University, etc.
Dans le cadre du Programme grande école, les doubles diplômes sont plébiscités. Une centaine sont aujourd’hui proposés, à effectuer sur les propres campus de l’école ou en lien avec 160 établissements partenaires. Des accords qui offrent aux étudiants du PGE une formation généraliste et une spécialisation possible en ingénierie et technologie (avec INSA par exemple), humanités (avec ICT), géopolitique (avec Sciences po Toulouse)… « Ce que les étudiants viennent chercher dans le PGE, ce sont des soft skills. Ces futurs leaders apprennent ici la négociation, qui permet de mieux comprendre les interactions sociales, la réflexivité, l’intelligence relationnelle et le leadership », explique Miguel Urdanoz Erviti, directeur du PGE à TBS Education. Des leaders qui connaissent leur terrain d’intervention, telle est l’ambition affichée. Pour y parvenir, des parcours 100% internationaux sont désormais possibles ainsi que de nouvelles spécialisations, ancrées dans la modernité. Il en va ainsi du MSc music, screen and video game industries management, proposé à Barcelone, place forte du secteur en Europe. Parmi les nouveautés de 2025, figure également un « discovery semester » à effectuer sur le campus marocain, dédié aux enjeux des marchés émergents ; en Espagne, la thématique choisie pour ce type de séjour porte sur le « unsustainability in business », qui mêle approches pluridisciplinaires, immersion sur le terrain et débat.
Autre choc que l’école se doit d’absorber : l’intelligence artificielle et son impact sur la façon de travailler. « L’IA doit être au service de l’humain », résume Anne Rivière, directrice de la formation initiale. Concrètement, l’école se positionne comme un centre d’excellence dans le domaine en se déployant sur plusieurs fronts : former l’ensemble des parties prenantes de l’école, intégrer l’IA dans les enseignements tout en préservant un esprit critique, irriguer l’approche pédagogique par la recherche afin de définir un socle de compétences à développer… « Le modèle manager-exécutant est dépassé. Pour créer de la valeur aujourd’hui, il faut avoir la capacité d’apporter une expertise en plus de l’IA et d’être en mesure de l’utiliser de façon agile ; c’est devenu un enjeu de différenciation », précise Stéphanie Lavigne.
Société à mission
À la fin de l’année, le plan stratégique 2026-2031 sera dévoilé. Un nouvel élan accompagné par Éric Ducourneau, CEO des laboratoires Pierre Fabre (groupe pharmaceutique et dermo-cosmétique) et président de l’école depuis novembre 2025. « Nous avons un ADN commun avec cette entreprise, qui investit beaucoup dans la recherche et a créé sa propre fondation, comme nous ; nous nous inspirons également de leurs bonnes pratiques », commente Stéphanie Lavigne.
En 2022, TBS Education, qui dispose d’un statut d’établissement d’enseignement supérieur consulaire (EESC), est devenue une société à mission. L’école s’est ainsi fixé plusieurs objectifs : former la communauté apprenante aux enjeux socio-environnementaux, produire une recherche multidisciplinaire à fort impact, promouvoir une économie responsable et soutenable et favoriser la diversité et l’égalité des chances. Le PGE de l’école accueille ainsi 51% d’étudiantes. « C’est l’une de nos dimensions structurantes car cette parité, dont nous sommes fiers, on la retrouve également dans le corps professoral ; nous dispensons, par ailleurs, beaucoup de cours sur l’égalité et avons mis en place un programme de mentorat dédié aux jeunes femmes », expose Stéphanie Lavigne. Autre élément-clé : le PGE compte 32% de boursiers et les frais de scolarité sont modulés en fonction des revenus des familles. « Avoir le statut de société à mission, c’est un marqueur fort pour nous ; cela permet à nos valeurs telles que l’égalité des chances d’être inscrites dans le marbre, quelles que soient les équipes qui dirigeront l’école à l’avenir », conclut Stéphanie Lavigne.