Des élèves de prépas largement satisfaits de leur choix 

by Olivier Rollot

L’APLCPGE (Association des proviseurs de lycées à classes préparatoires aux grandes écoles) publie les résultats de sa deuxième Enquête sur la réussite et le bien être des étudiants (de seconde année) en CPGE à laquelle ont répondu près de 13% des élèves. Menée parClaudia Senik, directrice de l’Observatoire du bien-être et professeure du CEPREMAP à l’École d’économie de Paris elle montre toujours une large adhésion des élèves à leur parcours. Ils apprécient particulièrement la pluridisciplinarité de la filière. « La prépa n’enferme pas, elle donne du sens critique, du sens, renforce la capacité d’adaptation autant que la culture générale », commente Joël Bianco, président de l’APLCPGE et proviseur du lycée Louis-Le-Grand à Paris.

Claudia Senik et Joël Bianco présentent les résultats de l’enquête

Pourquoi avoir choisi la prépa ? A 81,2% les élèves disent avoir fait un choix personnel en allant en classe préparatoire. Choix d’autant plus personnel que le pourcentage d’élèves ayant un proche passé par une CPGE n’est que de 45,7% (en hausse de point par rapport à la première enquête). Les raisons invoquées sont stables dans le temps : exigence académique, débouchés, pluridisciplinarité et intérêt pour les disciplines enseignées.

Maintenant qu’ils sont depuis plus d’un an en prépas les élèves confirment leur choix : neuf sur dix considèrent que le contenu enseigné « correspond à leurs attentes ». Pour tous il y a un « plaisir d’aller au lycée et d’y travailler ». Jusqu’à 95% chez les garçons en classes préparatoires scientifiques mais 74% en classes économiques et commerciales générales (ECG). Le tout dans une « relation de confiance » avec les enseignants comme les personnels et les autres élèves.

Faire naitre des amitiés. Le sentiment de progresser, tant sur le plan des connaissances que des méthodes de travail, apparaît comme un facteur central de satisfaction. « Contrairement à certaines représentations persistantes, les étudiants ne décrivent pas un climat de compétition généralisée. La coopération et l’entraide dominent très largement le ressenti, tandis que la compétition est jugée marginale. Les relations au sein des classes sont perçues comme positives et structurantes », explique Claudia Senik.

A 56,3% l’amitié est de loin le principal atout pour « se sentir bien en prépa » soit une hausse de plus de vingt points en deux ans. Suivent à 15% les professeurs et 5,4% l’ambiance quand la famille n’intervient qu’à 3%. « Cette dimension collective contribue à déconstruire l’image d’un parcours solitaire et écrasant. Elle s’accompagne d’un sentiment d’émancipation : la famille est peu citée parmi les sources principales de soutien, signe que les étudiants construisent une autonomie sociale et personnelle forte », reprend la sociologue.

Ils sont ainsi 97% à dire « progresser dans leurs connaissances » mais aussi 89% sur le plan des méthodes. 62% sont « à l’aise pour travailler » et 54% ne « rencontrent pas de difficultés d’apprentissage ».

Le cadre matériel et organisationnel joue un rôle non négligeable dans le bien-être. Les étudiants citent régulièrement la qualité des locaux, des équipements et de la restauration parmi les éléments positifs. Les conditions d’hébergement, notamment l’internat, apparaissent comme un levier important d’ouverture sociale et de réussite.

Stress ! Côté bémol 40% des élèves interrogés ont déjà « sérieusement pensés » à abandonner leur CPGE depuis le début de leur cursus. « Quand ils sont un peu désarçonnés ils remontent en selle », commente Joël Bianco tout en constatant un contexte anxiogène : 68,6% des élèves ressentent du stress « de manière importante » (39,2%) ou « très importante » (29,4%) avec un stress encore plus fort en classes économiques et commerciales générales (ECG) et chez les femmes.

S’il y a une insatisfaction marquée c’est celui d’un niveau de note qui ne reflète que pour la moitié des élèves leur investissement. « Pour autant il y a de moins en moins de professeurs qui se permettent de remarques blessantes. Certes il peut toujours y en avoir comme dans tout l’enseignement supérieur mais ce n’est plus toléré », remarque Joël Bianco.

  • 73,2% des élèves considèrent que leurs préjugés se sont révélés juste sur la charge de travail, le stress, la pression. En revanche les préjugés qui se sont révélés infondés sont surtout l’ambiance de compétition et la dureté des professeurs.

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