Chute du financement de l’apprentissage, baisse programmée du nombre d’étudiants français, maintien de la filière CPGE / Grandes écoles et maintenant questions sur l’accueil des étudiants internationaux, la Conférence des directeurs des écoles françaises de management (Cdefm) est présente sur de nombreux dossiers pour préserver le modèle de ses écoles à un an d’une élection présidentielle qui pourrait rabattre les cartes. « Nous présenterons nos propositions aux candidats l’année prochaine et nous y travaillons déjà », reprend Vincenzo Vinzi, président de la Cdefm. « Réunis dans la Cdefm nous avons une vraie force de persuasion et d’influence » insiste Stéphanie Lavigne, vice-présidente de la Cdefm.
La loi enfin ? « Nous suivons le projet de loi relatif à la régulation de l’enseignement supérieur privé. Pour les mêmes droits il faut les mêmes devoirs et il faut mettre des règles en place sans en mettre de nouvelles aux formations reconnues. Nous plaidons beaucoup pour que la qualité de la pédagogie soit vérifiée au-delà des simples statuts. » Président de la Conférence des directeurs des écoles françaises de management (Cdefm), Vincenzo Vinzi ne désespère pas que la loi soit adoptée : « Selon nous les EESC (établissements d’enseignement supérieur consulaire) devraient entrer dans le premier cercle et le périmètre des établissements d’enseignement supérieur privé d’intérêt général (EESPIG) pas figé ».

Alors que la Cefdg (Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion) entre dans l’orbite du Hcéres (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur), Vincenzo Vinzi insiste sur le rôle majeur de cette dernière et la nécessité de « rapprocher les évaluations ». Il demande également que le CCESP (Comité consultatif pour l’enseignement supérieur privé) soit conservé comme un « espace de dialogue utile ».
Une priorité : l’international. Un tiers des effectifs des écoles de management françaises est en moyenne composés d’étudiants internationaux. Mais il faut aller plus loin estime Vincenzo Vinzi pour lequel la France « a un retard à rattraper dans l’accueil des étudiants internationaux dans les filières d’excellence ». La Cdefm souhaite par exemple une réforme du calendrier Parcoursuppour avancer les dates des décisionsafin à la fois que les « étudiants internationaux soient prévenus de leur admission plus tôt et que les étudiants français ne partent à l’international faute de réponse en France ».
Alors qu’une réflexion gouvernementale est en cours sur l’accueil des étudiants internationaux Vincenzo Vinzi rappelle qu’il « il y a deux ans, au moment de la loi Immigration, nous étions intervenus pour dénoncer des mesures très délétères sur l’accueil des étudiants internationaux que nous avions réussi à juguler ». L’objectif qu’a inscrit Emmanuel Macron est plutôt de recevoir beaucoup plus d’étudiants indiens – 30 000 en 2030 contre 8 000 aujourd’hui – mais il « faut un contexte favorable pour y parvenir ». Des groupes de travail sont aujourd’hui constitués entre les ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères et le MESR pour définir par exemple les métiers en tension dont les formations sont susceptibles d’accueillir en priorité des étudiants internationaux.
Classes préparatoires : pas seulement le top 5 ! Avec l’Association des professeurs de classes préparatoires économiques et commerciales (APHEC) la Cdefm a mené des actions pour relancer la filière en 2025 avec succès et délivre cette année des certificats d’excellence en arts libéraux aux étudiants diplômés des écoles après une classe préparatoire. « Nous menons une campagne auprès des professeurs et des élèves avec l’Aphec pour qu’ils ne se concentrent pas sur le top des écoles, et même plus le top 10 mais le top 5 », signifie Stéphanie Lavigne, vice-présidente de la Cdefm et directrice générale de TBS Education en rappelant le « danger que les ministères se désengagent du financement de classes qui ne mèneraient qu’à très peu d’écoles ».
Préserver l’apprentissage. « Supprimer les aides à l’apprentissage serait catastrophique ! » alerte Stéphanie Lavigne alors que les familles reçues sur les salons disent envisager de renoncer à entrer dans des écoles si l’alternance n’est pas possible : « Même l’incertitude sur les financement est délétère ! » La mise en œuvre de Qualiopi+ devrait adresser une partie du problème de qualité des écoles. Par ailleurs la conférence porte un amendement pour que les étudiants non boursiers « contribuent financièrement à l’apprentissage ».