3il et l’ISFOGEP : deux écoles au service de leurs territoires

by Olivier Rollot

Née en 1987 à Limoges, sous l’impulsion de la Chambre de commerce et d’industrie de Limoges et de la Haute-Vienne, du Medef et de la CPME, accréditée par la Commission des titres d’ingénieur (CTI) depuis 1995 l’école 3il Ingénieurs reçoit 670 étudiants, dont la moitié en apprentissage. « Aujourd’hui, 3iL est une école d’ingénieurs généraliste en informatique : développement, systèmes, réseaux, infrastructures, data, cybersécurité, robotique, intelligence artificielle, santé numérique… tout le spectre du numérique », résume Dominique Baillargeat (photo), directrice de 3il Ingénieurs, qui insiste sur la capacité de son école, implantée à Limoges, Rodez et Nantes, à « répondre aux besoins locaux ». A ses côtés l’ISFOGEP propose des formations en ressources humaines en partenariat avec l’Essec.

Des implantations à Limoges, Rodez et Nantes. Le campus 3il de Rodez est né en 2002, à la demande de la CCI de l’Aveyron et avec le soutien des industriels locaux. Nantes est une implantation plus récente, lancée en 2023 à la demande d’un partenaire local. Elle a obtenu l’accréditation CTI dès la première demande. Rodez compte environ 40 à 45 étudiants par promotion, et Nantes vise une cinquantaine.

Un développement qui s’appuie sur un modèle « marque blanche » : plutôt que de construire des campus coûteux, le groupe déploie ses formations via des partenaires (CCI, grandes écoles, lycées) en « imposant un cahier des charges strict : contenus, volume horaire élevé (environ 600 h/an), présentiel privilégié, qualification des intervenants, formation des partenaires aux méthodes d’évaluation, et renforcement récent avec audits de surveillance et standardisation accrue des supports (projets, exercices), notamment sous l’effet des exigences de France Compétences » détaille la directrice. Le réseau atteint aujourd’hui 67 centres, dont 6 à l’international, avec une « capacité d’ajustement limitée au contexte local tout en préservant l’homogénéité des diplômes ». À l’échelle du réseau 3iL Alliance (titres RNCP), l’objectif 2026 est d’atteindre environ 1 700 étudiants et 900 à 1 000 diplômés par an.

Plusieurs focus illustrent la stratégie de spécialisation de 3il : la santé numérique via un projet France 2030 porté localement avec l’université et le CHU de Limoges, la cybersécurité avec développement de parcours et labellisation ANSSI, et des dispositifs d’expérimentation (Robot Lab, VR/AR, projets IA, systèmes embarqués, cybersécurité). Le lien entreprises-école est renforcé par une forte proportion de projets académiques issus des entreprises, perçus comme un service au territoire et un levier de mise à jour continue des programmes.

Inclusion et numérique responsable. L’inclusion, notamment la féminisation du numérique, est identifiée comme un enjeu critique : faible part de femmes, surtout en alternance, et présence importante d’étudiantes internationales. Un diagnostic interne met en évidence une sous-représentation des femmes dans les enseignements techniques. Un plan d’action est annoncé : stages de seconde ciblés, bourses dédiées, formation des équipes, diversification de l’offre (notamment via la santé numérique), et accompagnement des étudiantes dans l’entreprise pour limiter les sorties précoces.

Le numérique responsable est un autre axe structurant : création d’une chaire sur le numérique frugal, éthique et inclusif avec La Poste, reconditionnement de matériel, don aux établissements et associations, préparation d’une IA/LLM souveraine auto-hébergée destinée au monde éducatif local, projet soutenu par des partenaires institutionnels, avec un objectif de mise à disposition à l’horizon septembre 2026. En parallèle, l’école forme des enseignants de classes préparatoires aux grandes écoles au deep learning et construit une IA interne alimentée par ses propres informations pour fournir des réponses fiables aux étudiants.

L’ISFOGEP, école des RH. L’ISFOGEP forme des cadres capables d’intégrer les enjeux contemporains : rétention des talents, IA générative, data RH, inclusion, mixité, RSE. Deux titres phares structurent l’offre (bac+3 et bac+5), avec un projet en cours sur la prévention des risques professionnels (santé, sécurité, environnement). « La pédagogie repose sur des intervenants professionnels (DRH, experts), une pédagogie active et le développement de l’esprit critique et de l’éthique. Les indicateurs mis en avant sont un fort taux d’insertion dans les métiers RH (90 à 100 % selon les années), condition de la reconnaissance par France Compétences », explique Sophie Chabasse, sa directrice.

L’école élargit aujourd’hui ses partenariats et son recrutement : projet de cycle bac+1/bac+2 avec Excelia (ouverture visée 2026 ou 2027), implantation à Tours dès septembre 2026 pour le bac+3 en double diplôme (business + chargé RH), et accélération de l’extension en marque blanche (22 partenaires en deux ans sur le bac+5 et le bac+3). Trois axes d’options émergent : RH secteur public, RH entrepreneuriat et intrapreneuriat, RH international, sous forme de masterclass interactives avec experts pour lever les freins et développer des postures professionnelles.

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