CLASSEMENTS / PALMARES, ECOLE D’INGÉNIEURS

Le « Classement des classements » des écoles d’ingénieurs 2023-2024

Une vue de la bibliothèque des Mines Paris (Photo : S.-Boda-Mines-Paris)

CLASSEMENTS 2023-2024 : LE FIGARO DEGAINE EN PREMIER

Cette année Le Figaro déroge à ses habitudes en publiant avant celui des écoles de management son Classement des écoles d’ingénieurs post prépas. Si en 2022 moins d’une quarantaine d’écoles avaient été classées, elles sont plus de 80 cette année avec quelques évolutions marquantes telle une Centrale Nantes qui gagne 8 places pour se classer 11ème ou Isae SupAero qui progresse de 9 places et intègre le top 10 à la 8ème place. En revanche Télécom Sud Paris chute de 11 places et Sup Optique de 15.

Dans le tableau ci-dessous nous vous proposons de retrouver l’évolution du classement du Figaro et comment il influe notre « Classement des classements » des écoles d’ingénieurs post prépas. Nous ne présentons pour cette première édition que les 38 premières écoles. Attention : la moyenne des rangs ne reflète pas le classement final dans la mesure où l’Etudiant et l’Usine nouvelle intègrent également dans leur classement les écoles postbac contrairement au Figaro.

 

RETOUR SUR LE LE « CLASSEMENT DES CLASSEMENTS » DES ECOLES D’INGENIEURS 2022-2023

Comme vous le savez nous aimons comparer les classements mais en 2023 cela a été difficile. Le Figaro Etudiant n’a en effet établi cette année qu’un Classement des 28 écoles d’ingénieurs françaises les plus sélectives, accessibles après deux ans de classes préparatoires. Nous publions donc cette année deux classements (en ne prenant en compte que les écoles citées au moins deux fois)  :

 

RETOUR SUR LE LE « CLASSEMENT DES CLASSEMENTS » DES ECOLES D’INGENIEURS 2021-2022

RETOUR SUR LE LE « CLASSEMENT DES CLASSEMENTS » DES ECOLES D’INGENIEURS 2020-2021

Nous vous proposons  ci-dessous un comparatif des trois grands classements des écoles d’ingénieurs publiés en 2020 : l’Etudiant, l’Usine nouvelle et Le Figaro. Nous l’avons reconstitué pour Le Figaro en concaténant les notes des écoles dans ses différents classements.

Les différences sont carrément abyssales entre les trois classements. L’Isep peut ainsi voir sa place varier de la 28ème (l’Usine Nouvelle) à la 98ème (l’Etudiant). Télécom Paris de la 3ème (l’Etudiant) à la 13ème pour l’Usine nouvelle. 17ème pour l’Etudiant et Le Figaro, Arts et Métiers plonge à la 54ème place pour l’Usine nouvelle. Etc. Il est vrai que, pour l’Usine nouvelle, « l’entrepreneuriat, l’international, l’insertion professionnelle et la recherche sont toujours les quatre grands piliers de notre classement » alors que les autres classeurs privilégient plus la dimension académique.

Focus sur le classement de L’Usine nouvelle

Ce qui est particulièrement remarquable dans les classements de l’Usine nouvelle c’est leur capacité à évoluer d’année en année. Si le top 4 du Classement 2020 reste pratiquement le même que celui du Classement 2019 (Polytechnique, Ponts ParisTech, Mines ParisTech et CentraleSupélec inversent juste quelques rangs), Grenoble INP Phelma fait une entrée remarquable dans le top 5 en gagnant pas moins de 10 places.

Et des progressions comme celle-là sont légion : l’ECE gagne 18 places pour finaliser le top 10, Centrale Marseille gagne 28 place et est ainsi classée 19ème, l’UTT progresse de 25 (25ème) et Ecam EPMI de 38 (47ème) ! A contrario ISAT Nevers perd… 47 places et sort du top 50.

Des écoles emblématiques comme l’Ensta ParisTech et ISAE SupAéro ne sont pas classées cette année.

Les classements thématiques :

  • en admissions postbac l’Esilv obtient comme en 2019 la médaille d’or grâce à ses excellents classements à l’international (2ème toutes catégories confondues) et insertion (6ème), le podium est complété par une ECE qui revient en force et l’Insa Lyon qui perd ainsi une place ;
  • l’Insa Centre Val de Loire l’emporte en entrepreneuriat devant l’UTBM et Centrale Marseille ;
  • en matière d’insertion des élèves l’Epita devance l’Eisti et le Cesi ;
  • à l’international l’Eigsi La Rochelle s’appuie sur son campus de Casablanca pour creuser l’écart sur l’Esilv et l’Ecole polytechnique ;
  • la victoire en recherche ne pouvait pas échapper à l’Espci qui repousse très largement l’Ecole polytechnique (près de 20 points) et Grenoble INP Phelma ;
  • enfin du côté des écoles privées l’Esilv s’impose devant l’ECE et l’Epita.

ET EN 2019 QUE DISAIT « L’USINE NOUVELLE » ?

Le Classement 2019 des école d’ingénieurs de L’Usine nouvelle classait déjà à d’excellents niveaux des écoles à la renommée moins établies, généralement en informatique, mais qui proposent à leurs étudiants des niveaux de salaires excellents sur un marché très concurrentiel. C’est le cas de l’Esilv, 9ème cette année et qui en gagne encore une place par rapport à son excellent rang dans le Classement 2018. En revanche la très surprenante Estaca, qui en 2018 se classait 8ème sans pour autant être spécialisée dans l’informatique, glisse à la 33ème place. Le classement de l’Usine nouvelle a décidément bien du mal à se stabiliser : l’Eisti perd par exemple 32 places en un an en passant de la 17ème à la 49ème place. Classée dans le top 5 en 2018 Mines Nancy se retrouve elle à la 13ème place.

Du côté des leaders l’Ecole polytechnique maintient son éternelle domination mais ses challenges s’appellent cette année Mines ParisTech, qui fait son retour dans la course, et CentraleSupélec. Huitième l’Espci perd cinq places quand Ponts ParisTech en gagne le même nombre et échoue au pied du podium.

RETOUR SUR 2018

« L’Usine nouvelle » avait prudemment décidé en 2018 de ne prendre en compte que les données publiques de la Commission des titres d’ingénieurs (CTI) pour publier son Classement des écoles d’ingénieurs. Pour autant ses résultats interpellent notamment par leur différence avec ceux de l’édition précédente.

L’X domine. Si derrière l’inamovible École polytechnique, on ne s’étonne pas du retour en fanfare de CentraleSupélec à la deuxième position (diplôme Centrale) ou de l’arrivée dans le top 5 de Mines Nancy et de Isae-SupAéro c’est la présence dans le top 15 de trois écoles postbac privées (l’Estaca, 8ème, l’Esilv, 10ème et l’Epita, 12ème) qui en surprend plus d’uns. Mais rappelons que l’Esilv était déjà 17ème en 2017, l’Estaca 25ème et l’Epita 26ème. Quant à l’Insa Lyon, souvent première des écoles postbac dans tous les autres classements, si elle plonge à une obscure 22ème place (l’UTC se classant première des écoles postbac) elle n’était déjà que 14ème l’année dernière. Plus surprenant sont par exemple la chute en un an de l’IMT Atlantique (de la 5ème à la 21ème place) ou de l’UTT (de la 10ème à la 27ème place).

La percée des écoles numériques. Des résultats que « Le Figaro Etudiant » a analysé dans un article sur L’étonnant classement de L’Usine nouvelle. Son constat : des écoles tournées vers le numérique, comme Télécom Paristech, l’Esilv ou l’Epita, voient aujourd’hui leurs étudiants se voir proposer des salaires supérieurs – c’est le cas de l’Esilv – à ceux des polytechniciens. Aux questions du « Figaro » Anne-Sophie Bellaiche, rédactrice en chef du service Économie et société de « L’Usine nouvelle », qui a supervisé l’enquête, répond donc : « Notre principe est de se caler sur l’attente des entreprises. On ne regarde pas du tout les mentions au bac et tout ce que l’élève fait avant son école. On se concentre sur ce qui se passe dans les écoles et ce qu’il se passe après ».

Les classements intermédiaires. On comprend mieux le classement final de « L’Usine nouvelle » en se penchant sur les classements intermédiaires :

  • le classement de l’insertion professionnelle donne la victoire à l’Esilv devant l’Isep et l’Epita, l’École polytechnique ne se classant que… 18ème avec un salaire moyen de 44 000 € égal à celui des diplômés de l’Esilv et loin de ceux, records, de Télécom ParisTech (47 500€) ;
  • le classement de l’entrepreneuriat couronne l’Efrei devant l’UTC et l’Insa Lyon ;
  • le classement international voit l’ECPM l’emporter devant l’École polytechnique et CentraleSupélec (diplôme Centrale) ;
  • en recherche c’est l’ESPCI qui rafle la mise en devançant l’École polytechnique et Chimie ParisTech.

Que disait « l’Etudiant » ? Nous vous proposons ci-dessous de comparer le classement des écoles dans les classements de « L’Usine nouvelle et de l’Etudiant et d’établir une moyenne entre les deux pour établir ce « classement des classements ». Et le moins qu’on puisse dire est que les résultats sont spectaculairement différents alors qu’ils partent de la même bas. Si les deux sites s’accordent pour donner la victoire à l’École polytechnique devant le diplôme de Centrale de CentraleSupélec ensuite ils ne s’accordent pas du tout. Dans le haut du tableau cela va jusqu’à des différences de 28 places pour l’Estaca (8ème pour « L’Usine nouvelle », 36ème pour « l’Etudiant ») et même de… 43 places pour Centrale Lille que « L’Usine nouvelle » recale à une obscure 56ème place quand « l’Etudiant » la voit 13ème. Mais le record est atteint par l’Ipsa que « L’Usine nouvelle » classe 99 places plus haut que « l’Etudiant ».

  • « L’Usine nouvelle » classant beaucoup moins d’écoles que « l’Etudiant » – manquent en particulier cette année Mines ParisTech, qui n’a pas voulu livrer certaines données, ou CPE Lyon – dans leur cas seul le classement de « l’Etudiant » a été pris en compte.

  • Les écoles non classées par « L’Usine nouvelle » sont signalées par un * dans le tableau ci-dessus.

 

Previous ArticleNext Article
Avatar photo
Olivier Rollot est directeur du pôle Information & Data de HEADway Advisory depuis 2012. Il est rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire), de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel) et de "Espace Prépas". Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant, Olivier Rollot est également l'un des experts français de la Génération Y à laquelle il a consacré un livre : "La Génération Y" (PUF, 2012).

1 Comment

  1. Et l’EPFLausanne avec ses 5000 élèves ingénieurs français, meilleure école francophone dans le monde (Top 15) vous l’intégrez à quelle place ! Il est temps de faire un classement version 21ème siècle et plus celui de la 3ème république.
    L’équivalent de la meilleure classe préparatoire française se retrouve en septembre dans les amphithéâtres au bord du lac Léman aujourd’hui, plus chez Louis, Henri ou Ginette…

    Classements internationaux : EPFL top 15, l’X, 60ème environ.
    Budget : EPFL 1 milliard euros/an, l’X 100 millions euros/an.
    Tout est dit.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Send this to a friend