ECOLE D’INGÉNIEURS

Le « Classement des classements » des écoles d’ingénieurs 2020

Quand on choisit une école d’ingénieurs leur classement dans la presse représente un indicateur précieux. Seulement mieux vaut ne pas se fier à un seul. Nous vous proposons donc ci-dessous un comparatif des trois grands classements des écoles d’ingénieurs publiés en 2020 : l’Etudiant, l’Usine nouvelle et Le Figaro. Nous l’avons reconstitué pour Le Figaro en concaténant les notes des écoles dans ses différents classements.

Les différences sont carrément abyssales entre les trois classements. L’Isep peut ainsi voir sa place varier de la 28ème (l’Usine Nouvelle) à la 98ème (l’Etudiant). Télécom Paris de la 3ème (l’Etudiant) à la 13ème pour l’Usine nouvelle. 17ème pour l’Etudiant et Le Figaro, Arts et Métiers plonge à la 54ème place pour l’Usine nouvelle. Etc. Il est vrai que, pour l’Usine nouvelle, « l’entrepreneuriat, l’international, l’insertion professionnelle et la recherche sont toujours les quatre grands piliers de notre classement » alors que les autres classeurs privilégient plus la dimension académique.

Focus sur le classement de L’Usine nouvelle

Ce qui est particulièrement remarquable dans les classements de l’Usine nouvelle c’est leur capacité à évoluer d’année en année. Si le top 4 du Classement 2020 reste pratiquement le même que celui du Classement 2019 (Polytechnique, Ponts ParisTech, Mines ParisTech et CentraleSupélec inversent juste quelques rangs), Grenoble INP Phelma fait une entrée remarquable dans le top 5 en gagnant pas moins de 10 places.

Et des progressions comme celle-là sont légion : l’ECE gagne 18 places pour finaliser le top 10, Centrale Marseille gagne 28 place et est ainsi classée 19ème, l’UTT progresse de 25 (25ème) et Ecam EPMI de 38 (47ème) ! A contrario ISAT Nevers perd… 47 places et sort du top 50.

Des écoles emblématiques comme l’Ensta ParisTech et ISAE SupAéro ne sont pas classées cette année.

Les classements thématiques :

  • en admissions postbac l’Esilv obtient comme en 2019 la médaille d’or grâce à ses excellents classements à l’international (2ème toutes catégories confondues) et insertion (6ème), le podium est complété par une ECE qui revient en force et l’Insa Lyon qui perd ainsi une place ;
  • l’Insa Centre Val de Loire l’emporte en entrepreneuriat devant l’UTBM et Centrale Marseille ;
  • en matière d’insertion des élèves l’Epita devance l’Eisti et le Cesi ;
  • à l’international l’Eigsi La Rochelle s’appuie sur son campus de Casablanca pour creuser l’écart sur l’Esilv et l’Ecole polytechnique ;
  • la victoire en recherche ne pouvait pas échapper à l’Espci qui repousse très largement l’Ecole polytechnique (près de 20 points) et Grenoble INP Phelma ;
  • enfin du côté des écoles privées l’Esilv s’impose devant l’ECE et l’Epita.

ET EN 2019 QUE DISAIT « L’USINE NOUVELLE » ?

Le Classement 2019 des école d’ingénieurs de L’Usine nouvelle classait déjà à d’excellents niveaux des écoles à la renommée moins établies, généralement en informatique, mais qui proposent à leurs étudiants des niveaux de salaires excellents sur un marché très concurrentiel. C’est le cas de l’Esilv, 9ème cette année et qui en gagne encore une place par rapport à son excellent rang dans le Classement 2018. En revanche la très surprenante Estaca, qui en 2018 se classait 8ème sans pour autant être spécialisée dans l’informatique, glisse à la 33ème place. Le classement de l’Usine nouvelle a décidément bien du mal à se stabiliser : l’Eisti perd par exemple 32 places en un an en passant de la 17ème à la 49ème place. Classée dans le top 5 en 2018 Mines Nancy se retrouve elle à la 13ème place.

Du côté des leaders l’Ecole polytechnique maintient son éternelle domination mais ses challenges s’appellent cette année Mines ParisTech, qui fait son retour dans la course, et CentraleSupélec. Huitième l’Espci perd cinq places quand Ponts ParisTech en gagne le même nombre et échoue au pied du podium.

RETOUR SUR 2018

« L’Usine nouvelle » avait prudemment décidé en 2018 de ne prendre en compte que les données publiques de la Commission des titres d’ingénieurs (CTI) pour publier son Classement des écoles d’ingénieurs. Pour autant ses résultats interpellent notamment par leur différence avec ceux de l’édition précédente.

L’X domine. Si derrière l’inamovible École polytechnique, on ne s’étonne pas du retour en fanfare de CentraleSupélec à la deuxième position (diplôme Centrale) ou de l’arrivée dans le top 5 de Mines Nancy et de Isae-SupAéro c’est la présence dans le top 15 de trois écoles postbac privées (l’Estaca, 8ème, l’Esilv, 10ème et l’Epita, 12ème) qui en surprend plus d’uns. Mais rappelons que l’Esilv était déjà 17ème en 2017, l’Estaca 25ème et l’Epita 26ème. Quant à l’Insa Lyon, souvent première des écoles postbac dans tous les autres classements, si elle plonge à une obscure 22ème place (l’UTC se classant première des écoles postbac) elle n’était déjà que 14ème l’année dernière. Plus surprenant sont par exemple la chute en un an de l’IMT Atlantique (de la 5ème à la 21ème place) ou de l’UTT (de la 10ème à la 27ème place).

La percée des écoles numériques. Des résultats que « Le Figaro Etudiant » a analysé dans un article sur L’étonnant classement de L’Usine nouvelle. Son constat : des écoles tournées vers le numérique, comme Télécom Paristech, l’Esilv ou l’Epita, voient aujourd’hui leurs étudiants se voir proposer des salaires supérieurs – c’est le cas de l’Esilv – à ceux des polytechniciens. Aux questions du « Figaro » Anne-Sophie Bellaiche, rédactrice en chef du service Économie et société de « L’Usine nouvelle », qui a supervisé l’enquête, répond donc : « Notre principe est de se caler sur l’attente des entreprises. On ne regarde pas du tout les mentions au bac et tout ce que l’élève fait avant son école. On se concentre sur ce qui se passe dans les écoles et ce qu’il se passe après ».

Les classements intermédiaires. On comprend mieux le classement final de « L’Usine nouvelle » en se penchant sur les classements intermédiaires :

  • le classement de l’insertion professionnelle donne la victoire à l’Esilv devant l’Isep et l’Epita, l’École polytechnique ne se classant que… 18ème avec un salaire moyen de 44 000 € égal à celui des diplômés de l’Esilv et loin de ceux, records, de Télécom ParisTech (47 500€) ;
  • le classement de l’entrepreneuriat couronne l’Efrei devant l’UTC et l’Insa Lyon ;
  • le classement international voit l’ECPM l’emporter devant l’École polytechnique et CentraleSupélec (diplôme Centrale) ;
  • en recherche c’est l’ESPCI qui rafle la mise en devançant l’École polytechnique et Chimie ParisTech.

Que disait « l’Etudiant » ? Nous vous proposons ci-dessous de comparer le classement des écoles dans les classements de « L’Usine nouvelle et de l’Etudiant et d’établir une moyenne entre les deux pour établir ce « classement des classements ». Et le moins qu’on puisse dire est que les résultats sont spectaculairement différents alors qu’ils partent de la même bas. Si les deux sites s’accordent pour donner la victoire à l’École polytechnique devant le diplôme de Centrale de CentraleSupélec ensuite ils ne s’accordent pas du tout. Dans le haut du tableau cela va jusqu’à des différences de 28 places pour l’Estaca (8ème pour « L’Usine nouvelle », 36ème pour « l’Etudiant ») et même de… 43 places pour Centrale Lille que « L’Usine nouvelle » recale à une obscure 56ème place quand « l’Etudiant » la voit 13ème. Mais le record est atteint par l’Ipsa que « L’Usine nouvelle » classe 99 places plus haut que « l’Etudiant ».

  • « L’Usine nouvelle » classant beaucoup moins d’écoles que « l’Etudiant » – manquent en particulier cette année Mines ParisTech, qui n’a pas voulu livrer certaines données, ou CPE Lyon – dans leur cas seul le classement de « l’Etudiant » a été pris en compte.

  • Les écoles non classées par « L’Usine nouvelle » sont signalées par un * dans le tableau ci-dessus.

 

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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