ECOLE D’INGÉNIEURS, ORIENTATION / CONCOURS

Le concours Avenir évolue en 2024 pour répondre aux évolutions du bac

Le hall de l’Estaca, l’une des sept écoles du concours Avenir, à Saint-Quentin

Avec plus de 23 000 candidats en 2023, tous processus cumulés, e concours Avenir a vu le nombre de candidatures augmenter en 2023 dans un vivier qu’on sait contraint. Les huit campus d’écoles privés les plus demandés en 2023 sur Parcoursup sont même tous issus des sept écoles du concours : Builders, ECE, EPF, Estaca, Eigsi, Esilv et Esigelec. Peu d’évolutions sont prévus en 2024 si ce n’est forcément l’abandon de l’examen des résultats des épreuves de spécialités (EDS) et l’évolution de l’évaluation qui en ressort.

Le bilan 2023. 10 345 candidats se sont présentés en 2023 au concours Avenir sur ses 18 campus, dont un peu plus de 9 000 issus de terminales générales pour les programme ingénieurs (+9,7%) et 850 en bachelors (+9,3%). Seul le nombre de candidats au programme ingénieur issus de terminales STI2D est en baisse mais seulement de 1% (475 candidats). Géographiquement 54% sont originaires d’Ile-de-France. A l’international, ce sont le Maroc, le Liban et la Tunisie qui amènent le plus de candidats (respectivement 162 et un peu plus de 30).

La procédure AvenirPlus (825 places offertes) a attiré quant à elle 7,3% candidats supplémentaires : 6 093 candidats contre 5 676 en 2022.

Concours ingénieurs : le processus de sélection. Dans le processus de sélection du concours ingénieur sont aussi bien pris en compte la moyenne des classes, que la valeur du lycée d’origine (selon leur capacité à former des élèves obtenant des mention bien et très bien), la fiche avenir ou encore les notes du contrôle continu. Les meilleurs dossiers, les « grands classés », sont alors exemptés d’épreuves écrites (99,9% ont finalement une mention bien ou très bien dont 89% une mention très bien). Parmi eux 32% sont des femmes pour seulement 19% chez les étudiants convoqués aux épreuves.

Selon leurs spécialités de terminale les autres candidats sont classés en « violet » (spécialité mathématiques + spécialité scientifique) avec la plupart des candidats soit 8 850, « jaune » (deux spécialités scientifiques mais pas les mathématiques) ou « vert » (spécialité mathématiques + spécialité non scientifique). En 2023 ce sont 87,8% des intégrés qui avaient choisi les spécialités mathématiques et physique. La moyenne au bac des intégrés est in fine de 14,73/20.

Aux écrits – 60% de la note finale – les candidats sont évalués selon leur classe : un candidat ayant suivi la spécialité mathématiques seulement en première sera évalué sur le programme de première. Des candidats qui ne sont pas interclassés : chaque classe a des places réservées. Quant aux étudiants en situation de handicap, ils ont à répondre à un tiers de questions en moins que les autres, « ce qui pourrait les avantager dans la mesure où ils choisissent leurs questions » s’interroge le directeur du concours, Alexandre Recchia au vu de leurs résultats meilleurs que ceux des autres candidats.

Les nouveautés du concours 2024. En 2024 dans Parcoursup il ne sera plus obligé de présenter un « projet de motivation motivé » qui n’était de toute façon pas pris en compte. Si en 2024 les épreuves de spécialité ne seront plus prises en compte au vu nouveau du nouveau calendrier de terminale, ce ne sera pas vraiment un problème tant ces épreuves sont peu discriminantes : en 2023 près de la moitié des candidats du concours avaient eu 20/20 au bac en mathématiques !

En revanche la disparition de la mention des lycées d’origine des candidats, qui est annoncée pour 2025, remettrait en cause toute une partie du processus de sélection hors concours, renforçant forcément le poids des épreuves du concours. « En plus cela désavantagerait les jeunes filles qui hésitent parfois à se présenter aux épreuves alors qu’elles ont d’excellents résultats », regrette Alexandre Recchia.

Les candidats passant leurs épreuves à l’étranger (465 en 2023) pourront passer ces épreuves à distance. Cela sera également possible en France pour les candidats en situations de handicap.

Les sujets seront adaptés au nouveau calendrier du bac qui étend le calendrier des enseignements dans le temps. Dans la mesure où les programmes ne seront donc pas finalisés au moment du concours, répondre à seulement 45 questions sur 60 (au choix des candidats) sera suffisant sachant qu’en moyenne les candidats répondent à 29 questions dont 20 de façon optimale.

Concours bachelor : moins d’offre. Un candidat sur deux au concours bachelor était également candidat au concours ingénieur en 2023 mais seulement 1% parmi les « grands classés ». « Il va nous falloir beaucoup d’énergie pour rendre ces bachelors plus attractifs et pas seulement un plan B », remarque Alexandre Recchia. Une nécessité d’autant plus grande que ces bachelors ne sont pas si populaires que cela : trois bachelors ferment leur porte aux nouveaux candidats en 2024 pour seulement un qui ouvre. Un développement des bachelors obéré par la baisse du vivier d’étudiants formés en mathématiques.

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Olivier Rollot est directeur du pôle Information & Data de HEADway Advisory depuis 2012. Il est rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire), de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel) et de "Espace Prépas". Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant, Olivier Rollot est également l'un des experts français de la Génération Y à laquelle il a consacré un livre : "La Génération Y" (PUF, 2012).

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