Former plus d’ingénieurs tout en préservant son excellence académique, diversifier les financements publiques et privés, attirer des talents internationaux : les défis se cumulent pour les écoles d’ingénieurs. Entre sous-représentation des femmes, tensions budgétaires et irruption de l’intelligence artificielle, le directeur de CentraleSupélec, Romain Soubeyran, fait le point avec nous en ce début d’une année cruciale.
FINANCEMENT : UNE ÉCOLE AUX RESSOURCES PROPRES AFFIRMEES
Olivier Rollot : Les questions de financement de l’enseignement supérieur occupent une part prépondérante dans les esprits en ce début d’année 2026. Au point que des « assises » sont organisées par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESRE) pour les universités. En quoi êtes-vous différent des universités au point de ne pas y être conviés alors que vous êtes un établissement public comme elles ?
Romain Soubeyran : Notre modèle de financement est très différent. CentraleSupélec une école d’ingénieurs relevant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, mais avec un niveau de ressources propres très élevé : de l’ordre de 53 % en 2023. Cela fait de nous l’école d’ingénieurs la plus « autofinancée » du ministère avec un modèle qui repose fortement sur la recherche sur contrat, la formation continue, les frais de scolarité et divers partenariats. Les universités, elles, dépendent essentiellement de la subvention de l’État.
Pour notre part nous sommes passés de 800 élèves par promotion en 2018 à 980 aujourd’hui sans demander une augmentation de notre subvention pour charges de service public (SCSP) et en rationalisant notre organisation après la fusion.
O. R : Quand vous parlez de « ressources propres », de quoi s’agit-il concrètement ?
R. S : Il y a d’abord la recherche sur contrat, qui a explosé ces dernières années : nous sommes passés d’environ 8 millions d’euros en 2018 à près de 30 millions en 2024. Ce sont des contrats avec des entreprises, des projets financés par l’Agence nationale de la recherche ou par des programmes européens. À cela s’ajoutent les frais de scolarité des élèves et un important volet de formation continue : environ 11 à 12 millions d’euros, via des formations intra-entreprise, inter-entreprises, des modules de management, des formations techniques et des mastères spécialisés. Par ailleurs notre fondation effectue en ce moment une levée de fonds avec un objectif de 100 millions d’euros.
O. R : Cette dépendance aux ressources propres est parfois considérée comme risquée. Vous partagez cette inquiétude ?
R. S : Il ne faut ni dépendre exclusivement des ressources propres, ni se reposer totalement sur la subvention de l’État. Les crises économiques peuvent faire chuter brutalement la formation continue, mais la situation budgétaire de l’État n’est pas plus rassurante. Notre stratégie, c’est la diversification : multiplier les partenaires industriels, développer l’international, éviter de dépendre d’un seul flux de financement. C’est plus complexe à piloter, mais plus robuste à long terme.
LES ENJEUX SOCIAUX ET LA PLACE DES FEMMES
O. R : C’est un sujet qui a été largement abordé en 2025 avec notamment l’idée de création de quotas de femmes en classes préparatoires. Pourquoi la sous-représentation des femmes dans les filières scientifiques et en école d’ingénieurs perdure-t-elle et comment faire avancer les choses ?
R. S : Si on veut établir des quotas de femmes et d’hommes dans les classes prépas scientifiques il faut en établir partout ! Donc dans les filières comme médecine ou Sciences Po où les femmes sont sur représentées. Et cela signifie également augmenter le nombre de places sinon le nombre de garçons baissera, ce que personne ne souhaite.
C’est un enjeu social évident pour nos écoles : si les femmes sont moins présentes dans certaines filières, on se prive d’une partie des talents du pays. Ensuite, pour nous, écoles, c’est un sujet stratégique : cela signifie qu’un grand nombre de très bons profils féminins ne passent pas par les classes préparatoires scientifiques et ne viennent pas ensuite dans les écoles d’ingénieurs. Or notre ambition reste de recruter les meilleurs talents, tous genres confondus.
Mais que faire ? On entend parfois que les filles ne veulent pas entrer en prépa car elles craignent la compétition. Mais y a-t-il une filière plus compétitive que les études de médecine où elles sont largement majoritaires ? En fait on revient à des questions de culture, d’exercices, de corrections par les professeurs quand un petit garçon sera noté « brillant » pour un bon résultat en mathématiques et une fille « travailleuse ».
O. R : Vous voyez ces choix d’orientation dans les options et mentions suivies par vos élèves ?
R. S : Dès les mentions et les spécialisations à l’université ou en école, on observe des biais : les filières financières concentrent davantage d’hommes, tandis que les domaines liés à l’environnement, à la santé ou au social attirent proportionnellement plus de femmes. Le problème, c’est que les spécialités les mieux rémunérées à la sortie – typiquement la finance – sont justement celles où les femmes sont les moins nombreuses.
O. R : Cela se traduit donc mécaniquement par des écarts de salaire à la sortie ?
R. S : Si on regarde nos statistiques, l’écart moyen de rémunération entre femmes et hommes à la sortie n’est pas gigantesque, mais il existe. Et il est largement corrélé au secteur d’entrée sur le marché du travail. Les diplômées qui choisissent des domaines moins rémunérateurs, même s’ils sont essentiels socialement, démarrent avec des salaires inférieurs à ceux de leurs camarades hommes qui partent en finance ou dans certains secteurs très technologiques.
O. R : Certains proposent des quotas de femmes dans les différentes spécialisations pour corriger cela. Qu’en pensez-vous ?
R. S : L’idée revient régulièrement, y compris dans notre conseil d’administration. Sur le papier, cela pourrait réduire certains déséquilibres. Mais je suis mal à l’aise avec l’idée de dire à une étudiante passionnée par la santé ou l’environnement : « Désolé, tu iras en mathématiques financières parce qu’il faut remplir un quota ». L’égalité, ce n’est pas assigner les femmes à des cursus mieux payés contre leur projet personnel. Notre rôle, c’est d’informer, d’encourager, de lutter contre l’autocensure, mais pas de déposséder les étudiantes de leurs choix. Celles-ci d’ailleurs ne le souhaitent pas car elles ne veulent pas qu’on imagine qu’elles ont été sélectionnées pour des motifs autres que l’excellence.
DÉMOGRAPHIE ET INTERNATIONALISATION DES DIPLÔMES
O. R : La démographie étudiante va baisser en France à partir de 2030. Comment une grande école d’ingénieurs comme CentraleSupélec anticipe-t-elle ce choc ?
R. S : Il y a deux limites : la courbe démographique, qui reste défavorable, et la taille du vivier scientifique en France, qui n’est pas extensible à l’infini. Si nous voulions augmenter massivement la taille des promotions, nous devrions soit abaisser le niveau d’entrée, soit alléger le niveau d’exigence du cursus. Ni nous ni nos partenaires industriels ne le souhaitons. D’où la nécessité d’aller chercher de très bons étudiants ailleurs, à l’international.
O. R : C’est le sens de la création de vos nouveaux bachelors et MSc internationaux ?
R. S : Nous avons lancé des programmes Bachelor en 4 ans sur un modèle « deux ans / deux ans » dans chaque institution en partenariat avec de grandes universités étrangères : d’abord McGill au Canada en 2023 puis, en 2025, le Birla Institute of Technology and Science de Pilani, la plus renommées des université privées en Inde, et la City University à Hong Kong. D’autres projets sont en cours. L’idée est double : faire connaître le modèle de l’école d’ingénieur « à la française » là où il est peu identifié et attirer des profils d’excellent niveau, qu’ils soient internationaux ou français très internationalisés, qui jusqu’ici choisissaient directement des universités étrangères.
En Inde, par exemple, nous avons ouvert un programme avec une fenêtre de candidature de quinze jours. Nous avons reçu plus de 3 000 dossiers pour 60 places. Une première promotion de 60 étudiants arrivera en France en 2027. Avec McGill, l’attractivité est également très forte : le format « deux ans chez nous, deux ans chez eux » séduit des élèves qui auraient pu entrer dans d’excellentes classes préparatoires, mais qui préfèrent un parcours immédiatement international.
O. R : Et côté étudiants étrangers en France, où en êtes-vous ?
R. S : Aujourd’hui, les étudiants internationaux représentent environ 20% des effectifs en cycle ingénieur. En bachelor nous recevons un quart de Français, un quart d’étrangers et une moitié de binationaux, souvent passés par des lycées français à l’étranger. Ce ratio devrait évoluer à mesure que nos bachelors et masters gagneront en visibilité, notamment pour des étudiants qui ne connaissaient pas du tout les écoles d’ingénieurs françaises. L’enjeu, c’est de croître sans dégrader l’exigence académique.
O. R : CentraleSupélec vient de recruter deux professeurs aux Etats-Unis désireux de poursuivre leur cursus en France. Avec quel dispositif ?
R. S : Nous nous sommés inspirés du dispositif « Safe Place for Science » mis en place à Aix-Marseille Universités pour attirer en France des enseignants-chercheurs, notamment ceux fragilisés aux États-Unis. Nous avons ainsi recruté Mattias Prendel, un professeur italien passé par dix ans de professorat à Columbia, lauréat du programme de l’ANR « Science pour tous », qui finance environ la moitié de son package d’installation. La fondation de l’école apporte une dotation d’amorçage, avec l’objectif qu’il obtienne un ERC (European Research Program) sous trois ans. Un second recrutement a été réalisé : un maître de conférences de 29 ans venu de Berkeley, spécialiste d’automatique. D’autres chercheurs américains viendront d’abord comme professeurs invités pour deux mois, afin de découvrir le paysage français et finaliser, si possible, leur installation durable à l’école.
NOUVEAUX CURSUS DE SPÉCIALISATIONS, IA ET ATTRACTIVITÉ
O. R : Vous avez ouvert en 2025 des cursus de spécialité en parallèle du cursus généraliste. Qu’en attendez-vous ?
R. S : Le modèle français valorise beaucoup l’ingénieur généraliste. C’est une force, mais nous voyons monter très clairement, chez les industriels comme dans les start-up deeptech, une demande de profils très technologiques, très pointus. Nous avons donc lancé plusieurs cursus spécialisés – en électronique, en génie physique, etc. – avec des promotions volontairement limitées au départ. Cela permet de tester, d’ajuster, d’offrir une pédagogie très personnalisée.
O. R : Quel premier bilan en tirez-vous?
R. S : Pour l’instant, nous tournons plutôt à une « demi-promo » : une quinzaine d’élèves en moyenne là où la cible est autour de 25. Je ne le vois pas comme un échec, au contraire. Un nouveau produit met toujours du temps à s’imposer. Commencer avec des effectifs raisonnables, c’est aussi une façon d’« essuyer les plâtres » dans de bonnes conditions, avec un suivi très fin des étudiants. Et je suis assez confiant : ces cursus sont beaucoup plus lisibles pour les universités étrangères, ce qui devrait attirer davantage d’étudiants internationaux dans les années qui viennent.
O. R : L’intelligence artificielle est entrée dans les mœurs à une vitesse stupéfiante. Change-t-elle votre manière de concevoir ces formations ?
R. S : L’IA n’est plus un sujet périphérique : c’est un prérequis pour tous les ingénieurs. Un peu comme la programmation informatique l’est devenue il y a quarante ans. Nous avons créé un Master of Science en IA, un Bachelor en IA avec l’Essec, et nous avons intégré dans le cursus ingénieur des modules obligatoires sur les fondamentaux de l’IA, ses usages, mais aussi ses limites et ses enjeux éthiques.
On ne peut pas dire aux étudiants : « N’utilisez surtout pas l’IA à l’école » alors que leurs futurs employeurs attendront précisément d’eux qu’ils la maîtrisent. L’IA a donc sa place dans les projets, les travaux, la vie académique. Mais nous adaptons les modalités d’évaluation pour nous assurer que les élèves conservent des compétences propres : capacité de raisonnement, d’estimation d’ordres de grandeur, de critique des résultats fournis par la machine. C’est un équilibre : utiliser l’IA pour aller plus vite et plus loin, sans renoncer à penser par soi-même.
O. R : L’IA bouleverse aussi le marché du travail. Vous le ressentez ?
R. S : Oui, surtout dans l’informatique. Les sociétés de développement aux États-Unis expliquent qu’ils recrutent désormais moins de développeurs, mais des profils seniors très pointus, parce que certaines tâches de base sont largement automatisées. Les jeunes diplômés d’écoles d’informatique ont plus de mal à se positionner, alors que les très bons profils, souvent français, rentrent ou reviennent en Europe. C’est un vrai changement de paysage en quelques années, et les formations doivent s’y adapter.
NOUVEAU CAMPUS ET RENOVATION DE L’ANCIEN
O. R : Où en la construction de votre nouveau campus parisien ?
R. S : Le bâtiment doit être livré fin février 2026, avec une ouverture au public prévue à la rentrée 2026. Il accueillera des activités à forte valeur ajoutée : entrepreneuriat, formation continue, bachelors et masters internationaux. Sa localisation parisienne représente un atout stratégique pour séduire des étudiants étrangers et développer des formations premium. L’objectif est d’en faire non seulement un lieu d’enseignement, mais un véritable campus de vie, connecté au site de Gif-sur-Yvette grâce à la future ligne 18, qui mettra les deux sites à environ 35 minutes.
O. R : A Saclay vous avez entrepris la rénovation du bâtiment historique de Supélec. Là aussi comment avance le chantier ?
R. S : Le bâtiment historique de Supélec, dit « Breguet », d’abord promis à la démolition, a finalement été conservé et totalement reconçu. L’école a choisi de préserver cette signature architecturale emblématique du campus, mais en la transformant profondément pour répondre aux normes contemporaines et aux contraintes énergétiques. Le chantier a été radical : le bâtiment a été décapé jusqu’au béton, dépollué de l’amiante, et ne conservait plus que sa structure.
La forme extérieure générale a été maintenue, notamment parce que certaines prescriptions architecturales anciennes ne pourraient plus être autorisées aujourd’hui. À l’intérieur, en revanche, tout est repensé : les espaces ne ressembleront en rien à ceux que les anciens élèves ont connus. Deux niveaux supplémentaires, les sixième et septième étages, offriront une vue dominante et accueilleront la présidence de l’université Paris-Saclay.
O. R : Comment financez-vous ces travaux ?
R. S : A Paris le financement de 35 millions d’euros repose sur un emprunt contracté par la fondation, propriétaire du bâtiment, qui sera remboursé grâce aux loyers que nous lui verserons. C’est pourquoi nous y installerons des activités financièrement solides : formation continue, entrepreneuriat et formations internationales. L’école devra assumer environ deux millions d’euros par an, incluant le loyer et les coûts de maintenance. Pour assurer cet équilibre, nous mobiliserons différentes ressources : dons d’anciens élèves, contributions d’entreprises, taxe d’apprentissage, mécénat, ainsi que des appels d’offres publics.
A Saclay tout est pris en charge par l’école pour un coût total de 137 millions d’euros. Lorsque nous avons contracté notre propre emprunt, nous avons dû démontrer la capacité de le rembourser via des recettes générées par le bâtiment lui-même. C’est pourquoi nous y créerons entre 6 000 et 7 000 m² d’espaces destinés à accueillir des entreprises locataires : leurs loyers permettront d’assurer le remboursement.
Nous n’avons pas les mêmes capacités financières que d’autres institutions. Par exemple, le chantier de rénovation de l’École Polytechnique — tel que relayé dans la presse — est estimé à 138 millions d’euros : 60 millions de subvention directe de l’État et 70 millions d’emprunts. On peut supposer que l’État soutiendra ensuite leur capacité à rembourser.
L’EXPÉRIENCE ÉTUDIANTE, CLÉ DE LA COMPÉTITIVITÉ
O. R : Que représente l’« expérience étudiante » pour CentraleSupélec ?
R. S : C’est un sujet central pour nous. Quand vous faites payer 20 000 euros l’année à un étudiant international, vous devez être au niveau en termes d’accueil, d’accompagnement administratif, de logement, de santé, de vie associative. Mais même pour les élèves français, l’expérience sur le campus – la qualité des locaux, des services, la vie étudiante – est décisive pour l’attractivité et la fidélité au diplôme. Nous organisons d’ailleurs des événements dédiés à cette « expérience étudiante » pour en faire un sujet stratégique.
O. R : Est-ce que vous sentez une forme de désillusion chez les jeunes ingénieurs une fois sur le marché du travail comme l’a indiqué une étude récente du Groupe Insa ?
R. S : Ce que nous observons clairement, c’est une très forte instabilité des premiers emplois. Beaucoup de jeunes diplômés restent un an et demi, deux ans dans leur premier poste, puis changent tout aussi vite de job suivant. Cela peut traduire une envie d’explorer, mais aussi une forme de décalage entre ce qui leur a été promis – sauver le monde, avoir un impact – et la réalité du quotidien en entreprise. On ne peut pas encore tout quantifier, mais c’est un signal à prendre au sérieux.
FRAIS DE SCOLARITÉ ET RÔLE SOCIAL DES GRANDES ÉCOLES
O. R : Comment vos frais de scolarité évoluent-ils ?
R. S : Historiquement, nous étions effectivement l’école la plus chère du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Cela vient du moment de la fusion avec une école privée : la subvention d’État n’a pas été alignée vers le haut, et le compromis a consisté à nous autoriser des droits d’inscription plus élevés pour équilibrer le modèle. Résultat : les non-boursiers payaient 3 500 euros, les boursiers zéro, avec un énorme effet de seuil.
Le conseil d’administration a voté l’introduction de droits modulés à partir de la rentrée 2026. Les boursiers resteront à zéro, mais pour les autres, les frais iront de 2 500 à 5 000 euros selon le revenu fiscal de référence par part des parents, en s’appuyant sur la grille Insee de déciles. L’objectif pour nous n’est pas de « gagner plus », mais de supprimer cet effet de seuil très brutal entre boursiers et non-boursiers et de mieux ajuster l’effort demandé aux familles à leurs capacités réelles.
O. R : Le système des classes préparatoires et des grandes écoles reste pour vous le plus social du paysage français ?
R. S : Pour un élève de milieu modeste, être admis en classe préparatoire publique sur Parcoursup, c’est une opportunité extraordinaire : les études sont gratuites, il y a les bourses, et derrière, les grandes écoles d’ingénieurs publiques restent très accessibles financièrement pour les boursiers. Cinq ans plus tard, vous avez un diplôme reconnu et, dans l’immense majorité des cas, un CDI de cadre. C’est un niveau de sécurité qu’aucune autre filière ne garantit autant.
La vraie question, c’est : comment faire pour que les élèves qui pourraient y prétendre osent effectivement candidater en prépa, plutôt que de s’auto-censurer ou de partir directement à l’étranger ? C’est là que nous avons, collectivement, encore beaucoup de travail.