Espace, défense, recherche : comment l’Ipsa entend former les ingénieurs dans un monde sous contraintes

by Sanah Mousshine

La filière aéronautique et spatiale connaît un tournant majeur : hausse de 30% du budget de l’Agence spatiale européenne, porté à 22,1 milliards d’euros pour 2026-2028, investissements massifs de la France — plus de 16 milliards d’euros d’ici 2030 — et multiplication des enjeux liés à l’autonomie stratégique. Dans un contexte où l’aéronautique et le spatial sont des secteurs stratégiques indispensables, la formation des ingénieurs devient un enjeu majeur. « La formation doit prendre en compte les défis liés à la performance sous contraintes, au sens des responsabilités et à la prise de décision lors de contextes difficiles » établit ainsi Anne-Ségolène Abscheidt, la directrice générale de l’IPSA, qui partage son ambition de « former des ingénieurs capables de concevoir, décider et innover ».

Anne-Ségolène Abscheidt présente la stratégie de son école

Former les talents capables de répondre aux nouveaux défis industriels. L’IPSA, fondée en 1961 à Paris et membre du Groupe IONIS, confirme en 2026 son positionnement stratégique au cœur d’une filière aéronautique et spatiale en pleine accélération. Portée par un secteur devenu l’un des moteurs de la souveraineté technologique française — près de 80 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 80% à l’export, et 25 000 créations de postes annoncées pour 2025 — l’école d’ingénieurs entend former les talents capables de répondre aux nouveaux défis industriels. Dans un contexte marqué par le succès d’Ariane 6 et par une concurrence internationale exacerbée, « l’espace s’impose désormais comme un terrain de rivalités stratégiques où la maîtrise des lanceurs, des infrastructures satellitaires et des systèmes de télécommunications conditionne non seulement la compétitivité, mais aussi la continuité des services essentiels ».

L’école propose neuf majeurs d’ingénierie, un cycle international, 15 mois de stages, l’apprentissage, ainsi que 70 doubles diplômes, dont plus de 40 accords internationaux et un partenariat inédit avec l’École navale, permettant à certains étudiants d’obtenir les deux diplômes en deux ans. La recherche n’est pas en reste : quatre équipes, une trentaine de partenaires et près de 1 million d’euros de budget témoignent d’une activité scientifique structurée.

De nouveaux programmes. À la rentrée 2025 et 2026, l’établissement ouvre de nouveaux programmes : MSc en propulsion, cybersécurité, systèmes autonomes, IA appliquée, ainsi qu’un MBA Ingénieur d’affaires en aéronautique et spatial lancé avec l’ISG. Ces développements accompagnent une ambition renforcée : préparer des ingénieurs aux grands défis du secteur. « À l’IPSA, nous formons ces professionnels pour qu’ils participent pleinement à la souveraineté, à la compétitivité et au rayonnement de notre industrie » explique Anne-Ségolène Abscheidt, qui entend articuler sa stratégie autour de trois piliers : la performance, la souveraineté et la décarbonation.

L’IPSA, qui revendique 100% d’insertion à deux mois, adapte sa pédagogie pour préparer des ingénieurs aptes à travailler sous contrainte, en équipe et dans des situations complexes. L’école a notamment intégré la dimension humaine des métiers — gestion du stress, prise de décision en environnement dégradé, leadership — grâce à un partenariat avec l’Armée de Terre et l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan.

Pour y répondre, l’école intensifie son approche pédagogique en investissant dans des plateformes technologiques immersives et en intégrant davantage les enjeux énergétiques et environnementaux dans ses enseignements. Une manière « d’armer les ingénieurs de demain face aux défis industriels, climatiques et technologiques qui redessinent le secteur ».

Le bien‑être psychologique de ses étudiants. L’IPSA accorde également une place centrale au bien‑être psychologique de ses étudiants, convaincue qu’une « formation d’excellence passe aussi par un accompagnement humain solide ». À travers le dispositif IPSA Ensemble, l’école déploie un ensemble de mesures conçues pour prévenir les situations de fragilité et proposer un soutien individualisé. Des permanences d’écoute, des consultations dédiées et des ateliers thématiques permettent à chacun de bénéficier d’un suivi adapté. En renforçant cet accompagnement, l’IPSA affirme sa volonté de « préparer sereinement les futurs ingénieurs et de répondre durablement aux enjeux de recrutement d’un secteur d’excellence en quête de talents engagés et équilibrés »

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