L’ESCE entend aujourd’hui accélérer sa transformation pour s’adapter à une carte mondiale de l’enseignement supérieur en plein bouleversement. Internationalisation accrue, montée en puissance des cursus en 3+2, hybridation avec l’école d’ingénieurs ECE et intégration de l’intelligence artificielle dans les apprentissages : sa nouvelle directrice générale, Elisabetta Magnaghi, entend faire de l’école « l’école parisienne du commerce international à l’ère de l’IA ». Pour autant pas question pour l’ESCE de graver dans le marbre un plan stratégique à cinq ans. Elisabetta Magnaghi préfère une « stratégie par versions », réexaminée tous les dix-huit mois avec les étudiants, les entreprises partenaires et les diplômés. Un choix qu’elle justifie par la vitesse des transformations technologiques et géopolitiques : « Aucun plan élaboré en 2021 n’avait prévu ChatGPT ».
Devenir une école internationale de référence à Paris. L’école part d’un constat : la mobilité internationale ne diminue pas mais change de direction. Les États-Unis, le Canada ou encore l’Australie perdent du terrain quand le Japon, la Corée du Sud, la Chine ou Dubaï progressent. En Europe, l’Allemagne et l’Espagne attirent davantage tandis que le Royaume-Uni et les Pays-Bas enregistrent des reculs.
L’ESCE revendique déjà un profil fortement international, avec environ 37 % d’étudiants étrangers représentant 80 nationalités et une forte proportion de professeurs internationaux. L’ambition est désormais d’aller beaucoup plus loin : Elisabetta Magnaghi évoque même à terme une population étudiante « composée de 70 à 80 % d’étudiants internationaux et de 20 à 30 % de Français ».
L’école veut donc développer des binômes interculturels dès la première année, avec des projets communs évalués, renforcer l’accompagnement administratif et professionnel des étudiants étrangers et multiplier les instituts culturels sur le campus. Après un Institut Confucius, un projet consacré à l’Inde est notamment envisagé. L’enjeu de l’internationalisation dépasse désormais la seule maîtrise linguistique : « Nous ne négocions pas avec une langue, nous négocions avec une culture ».

Elisabetta Magnaghi présente sa stratégie résumée dans un « Decode the World »
Du programme en cinq ans au modèle 3+2. L’ESCE ne peut que constater le recul des recrutements en première année du PGE, même s’il est partiellement compensé par les admissions parallèles en troisième et quatrième années. « Les étudiants se détournent progressivement des cursus conçus d’un seul bloc sur cinq années et privilégient davantage un premier diplôme en trois ans, suivi d’une spécialisation en deux ans », signifie la directrice générale qui n’en conservera son Programme Grande École post-bac en cinq ans et son grade de master. Mais elle entend développer parallèlement beaucoup plus fortement le modèle 3+2, notamment parce qu’il « correspond mieux aux standards internationaux licence-master ».
L’ESCE dispose déjà d’un bachelor en management international, facturé autour de 9 000 euros, contre environ 12 000 euros pour le Programme Grande École. L’école veut désormais développer davantage de bachelors entièrement enseignés en anglais et de formations de niveau master en deux ans.
Une IA privée pour les étudiants. L’école s’appuie sur Omnia, l’intelligence artificielle développée au niveau du groupe Omnes, pour proposer une IA propriétaire à l’ensemble de ses étudiants. L’outil peut notamment répondre aux questions pratiques des étudiants, mais aussi exploiter les supports de cours déposés par les enseignants pour créer des flashcards, des exercices ou des examens blancs. L’objectif affiché est de disposer d’une IA qui ne remplace pas l’étudiant mais « l’amplifie ».
Chaque étudiant devrait progressivement construire son propre agent d’IA appliqué au commerce international et le présenter devant un jury. Les stages devront donner lieu à l’identification d’un processus que l’étudiant pourrait améliorer avec l’IA. Enfin, des étudiants pourront former des diplômés ou des dirigeants aux nouveaux usages de l’intelligence artificielle, en échange de leur expérience professionnelle et de leur réseau.
L’Esce et l’ECE misent sur l’hybridation. Toutes deux membres du groupe Omnes Education l’Esce et l’école d’ingénieurs ECE se rapprochent. Une spécialisation « Management international, innovation et IA » est désormais proposée dans le Programme Grande École de l’Esce dès la première année. Les étudiants doivent y acquérir simultanément des compétences en management international et une culture technologique, notamment grâce à l’Intelligence Lab de l’ECE.
L’ESCE et l’ECE préparent également le lancement deux nouvelles formations pour 2028 : un bachelor hybride orienté Global Business et Data Management, avec une double reconnaissance envisagée côté management et ingénierie, ainsi qu’un MSc consacré au management, à la technologie et à l’innovation.