L’université PSL mise sur ses « Paris Schools » of…

by Olivier Rollot

« Nous ne sommes pas seulement demandeurs de subsides de l’État alors que la subvention pour charges de service public (SCSP) a baissé de 15% en dix ans en valeur. Nous allons chercher 50% de ressources propres avec toutes nos équipes en développant la recherche, l’apprentissage, l’État doit venir en appui ». Le président de l’université PSL (ENS Paris, ESPCI, Mines Paris, Paris Dauphine, ENSA Paris-Malaquais, Chimie Paris, ESAD, etc.) El Mouhoub Mouhoud (photo), entend montrer comment l’université qu’il dirige est un « fer de lance de la souveraineté », notamment en montant ses « Paris Schools » of…

Le développement des « Paris Schools ». En IA, en engineering ou même dans les arts les Paris Schools sont au cœur de développement de PSL « Les Paris Schools que ne créons ne pourraient pas être gérées par les écoles de PSL seules. Toujours avec un partenaire international nous créons ces schools pour recevoir plus d’étudiants à moyens égaux tout en générant des ressources propres », détaille El Mouhoub Mouhoud. Sur le modèle de l’université de Dauphine les droits sont progressifs.

Combinant les compétences de l’ENS, des Mines Paris, de Paris-Dauphine ou encore du lycée Louis-Le-Grand, la Paris School of AI (PSAI) accueille par exemple cinq formations de niveau licence et master, autant en formation continue avec un adossement à la recherche et accueille déjà plus de 200 étudiants.

En 2026 s’ouvrira la Paris Schools of engineering qui réunira les compétences de Mines Paris, l’ESPCI et Chimie Paris autour d’un bachelor avec, en quatrième année, la possibilité d’obtenir un double diplôme avec la Rice University. Suivront des Paris Schools of Climate Change & Biodiversité, la Paris School of Arts et la Paris School of Humanities d’ici 2027-2028.

14 grands programmes de recherche. PSL participe aujourd’hui à 14 grands programmes de recherche nés de la transformation d’anciens dispositifs (type LabEx). « Le programme Terra est par exemple un pivot pour les recherches sur le climat et la biodiversité, mobilisant de nombreux chercheurs et disciplines (sciences expérimentales, SHS, ingénierie, économie, droit, design), avec une recherche fondamentale et de la recherche-action », reprend le président.

Sur l’innovation, PSL met en avant son pôle universitaire d’innovation (PUI) : accompagnement de start-up, maturation technologique, propriété intellectuelle, business models, et volonté de favoriser la deep tech et l’innovation de rupture, pas seulement incrémentale : « La recherche civile (souvent publique) alimente largement les technologies duales (civil/militaire). La recherche de rupture nait fréquemment dans des laboratoires où la contrainte commerciale immédiate est moindre ».

International : campus, centres de recherche, solidarité académique. PSL revendique une stratégie internationale avec des partenariats « avec les meilleurs » mais aussi une présence dans des régions stratégiques (notamment l’Afrique) dans un « contexte de démographie européenne en baisse et de croissance de la jeunesse au Sud ». PSL vient ainsi de créer un centre international de recherche conjoint au Brésil avec l’Université de São Paulo) sur l’économie circulaire, en lien avec des partenaires et financeurs locaux.

Qu’attendre des Assises du financement des universités ? Interrogé sur les Assises du financement des universités, El Mouhoub Mouhoud dit ne pas savoir ce qu’elles produiront, mais indique ses attentes :

  • consolider et renforcer les outils publics qui soutiennent la recherche et l’innovation (loi de programmation, dispositifs de recrutement, pôles d’innovation, instituts, etc.) ;
  • cesser les mesures non compensées qui fragilisent les budgets ;
  • rappeler que l’accroissement des ressources propres n’est pas synonyme d’une désengagement public ;
  • éviter de “tirer en plein vol” sur ce qui fonctionne (notamment via la baisse de financements de la recherche sur projets).

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