« L’expérience prépa » jugée très largement positive par ses élèves

by Olivier Rollot

« Continuer dans une voie générale avant de choisir une spécialisation » puis « L’acquisition de méthodes de travail » et « Le prestige de la filière », le NewGen Talent Centre de l’Edhec publie une nouvelle étude sur les raisons qui ont poussé les élèves de classes préparatoires de les choisir. Parallèlement l’Observatoire du bien-être détaille la vague 2025 de son enquête auprès des élèves de prépas conduite avec par l’APLCPGE (Association des proviseurs de lycées à classes préparatoires aux grandes écoles) (élèves de 2e/3e année). Sa conclusion : « La CPGE est, pour une large majorité, vécue comme une expérience positive et formatrice. Le rapport à la scolarité est très favorable, la coopération l’emporte sur la compétition, et la plupart des élèves interrogés déclarent qu’ils et elles referaient ce choix ».

Pourquoi choisir la classe préparatoire ? Un verbatim de l’étude de l’Edhec résume bien la motivation des élève qui optent pour une classe préparatoire après le lycée : « La classe préparatoire est, selon moi, le meilleur choix possible après le baccalauréat pour recevoir un enseignement général très enrichissant, mûrir son projet professionnel et surtout accéder à la fin à un vaste éventail d’opportunités », répondent les élèves en fin de classes préparatoires. « La prépa n’enferme pas, elle donne du sens critique, du sens, renforce la capacité d’adaptation autant que la culture générale », confirme Joël Bianco, président de l’APLCPGE et proviseur du lycée Louis-Le-Grand à Paris.

Source : Classes prépa, une préparation à la vie plutôt qu’à un concours, NewGen Talent Center de l’Edhec

A 81,2% les élèves interrogés par l’APLCPGE disent avoir fait un choix personnel en allant en classe préparatoire. Choix d’autant plus personnel que le pourcentage d’élèves ayant un proche passé par une CPGE n’est que de 45,7% (en hausse de point par rapport à la première enquête). Les raisons invoquées sont stables dans le temps : exigence académique, débouchés, pluridisciplinarité et intérêt pour les disciplines enseignées.

Une question est spécifiquement posée aux élèves des classes EC par l’Edhec. Quand ils ont hésité dans leurs choix avec d’autres filières ce sont également des filières ouvertes qui les séduisaient avec, au premier chef, les doubles licences universitaires puis des classes préparatoires scientifiques et Paris-Dauphine.

Source : Classes prépa, une préparation à la vie plutôt qu’à un concours, NewGen Talent Center de l’Edhec

Une expérience collective. In fine l’appréciation des élèves sur leur cursus est très largement positive. 93% referaient le même choix avec et 97% le jugent « enrichissant » selon l’étude de l’Edhec.

Source : Classes prépa, une préparation à la vie plutôt qu’à un concours, NewGen Talent Center de l’Edhec

Dans les items cités par l’Observatoire du bien-être pour évoquer les ponts positifs de l’expérience prépas c’est d’abord le fait de « retrouver ses amis » qui est cité par les élèves. De même les professeurs sont plébiscités.  « Cette dimension collective contribue à déconstruire l’image d’un parcours solitaire et écrasant. Elle s’accompagne d’un sentiment d’émancipation : la famille est peu citée parmi les sources principales de soutien, signe que les étudiants construisent une autonomie sociale et personnelle forte », analysé Claudia Senik, directrice de l’Observatoire du bien-être et professeure du CEPREMAP à l’École d’économie de Paris. Les réponses confirment un climat de travail d’abord coopératif. En 2025, l’entraide et la coopération sont décrites comme prévalant souvent ou toujours dans un peu plus de quatre cas sur cinq (81%). Cette appréciation est légèrement plus fréquente chez les garçons (84 %) que chez les filles (79 %). Si la compétition est bien présente dans les représentations, elle apparaît reléguée au second plan, loin derrière la coopération.

Source : Classes prépas : préserver le positif, réduire les écarts, Observatoire du bien-être, 2026

Cette appréciation d’ensemble coexiste néanmoins avec deux lignes de fracture note l’Observatoire du bien-être : « D’une part, le stress est très répandu et fortement genré : les filles déclarent plus souvent un niveau de stress élevé et l’associent plus fréquemment à un frein, tandis que les garçons le décrivent plus souvent comme un moteur (écart particulièrement marqué en filière économique). D’autre part, les discriminations ressenties et les comportements répréhensibles observés restent minoritaires, mais ils varient selon le genre et le statut social et vont de pair avec des niveaux de bien-être plus faibles ». 73,2% des élèves interrogés par l’APLCPGE considèrent que leurs préjugés se sont révélés juste sur la charge de travail, le stress, la pression. En revanche les préjugés qui se sont révélés infondés sont surtout l’ambiance de compétition et la dureté des professeurs.

Des résultats qui, selon l’Observatoire du bien-être, « plaident pour préserver le socle qui fonctionne (qualité pédagogique, dynamique collective) tout en renforçant la prévention, le repérage et les dispositifs de soutien là où les risques se concentrent ».

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