Le 17 décembre 2025 le site Parcoursup 2026 a ouvert ses portes. À partir du 19 janvier et jusqu’au 12 mars il sera possible pour les candidats d’y inscrire ses vœux d’orientation postbac. Mais comment Parcoursup a-t-il évolué depuis sa création en en 2018 ? A partir des données ouvertes de Parcoursup 2024, l’Institut Paris Région dresse un panorama détaillé de l’évolution de l’offre de formation, des dynamiques de la demande étudiante et des profils sociaux des candidats admis. Alors que l’offre se stabilise aujourd’hui après une phase de forte croissance, la pression sur certaines filières et les inégalités territoriales et sociales demeurent marquées. Si l’étude ne concerne que l’Ile-de-France, les évolutions sont comparables sur tout le territoire.
Une offre de formation désormais stabilisée après une phase d’expansion. Depuis la création de Parcoursup en 2018, l’offre de formation en première année de l’enseignement supérieur a connu une forte progression, particulièrement entre 2019 et 2020. Cette hausse s’explique par l’intégration de nouvelles filières sur la plateforme – formations sanitaires, Sciences Po, écoles d’art, écoles de commerce ou formations professionnalisantes de niveau bac+3 – mais aussi par l’augmentation du nombre de places dans certaines formations existantes, notamment les instituts de formation en soins infirmiers.
À partir de 2021, cette dynamique s’essouffle. Entre 2023 et 2024, l’offre globale progresse très marginalement, de l’ordre de 0,2 %. Cette stabilité masque toutefois des ajustements internes. Dans les écoles de commerce et d’ingénieurs, les places augmentent surtout dans les formations de niveau bac+3, tandis que certaines formations longues reculent légèrement. Les licences restent dominantes, représentant près de la moitié des capacités d’accueil sur Parcoursup, même si leur part relative diminue au profit de filières plus sélectives ou professionnalisantes.
Une demande toujours plus forte que l’offre. Si l’offre se stabilise, la demande continue de croître. Le nombre de bacheliers en Île-de-France demeure élevé, nettement supérieur à celui observé avant la crise sanitaire, en partie sous l’effet de la réforme du baccalauréat et d’évolutions démographiques. Parallèlement, les candidats formulent de plus en plus de vœux. Le nombre moyen de vœux par candidat augmente régulièrement, traduisant à la fois une meilleure appropriation de la plateforme et une stratégie d’élargissement des choix face à la difficulté d’accéder à certaines filières.

Cette tension est particulièrement visible dans les formations les plus attractives ou les plus sélectives, où le nombre de vœux par place continue de progresser malgré la stabilisation des capacités d’accueil.
La montée en puissance du secteur privé. Le secteur privé occupe une place croissante sur Parcoursup. Le nombre d’établissements privés proposant des formations sur Parcoursup a considérablement augmenté depuis 2019 en Île-de-France, avec une hausse de 55% du nombre de formations dispensées par un établissement privé et une augmentation de 63% des places dans ces établissements. En 2024, le secteur privé représente 19% des places de formation en Île-de-France, hors apprentissage.
De fortes inégalités territoriales en Île-de-France. La répartition géographique de l’offre de formation met en évidence des déséquilibres marqués. Paris concentre l’offre la plus diversifiée, avec la présence de l’ensemble des grandes filières, y compris les formations de santé sélectives, les écoles d’ingénieurs et de commerce. Quelques bassins de proche couronne disposent également d’une offre relativement complète, en lien avec la présence de grands pôles universitaires.
À l’inverse, les bassins situés aux franges de la région proposent une offre plus restreinte et moins diversifiée, souvent limitée aux sections de techniciens supérieurs et aux formations en soins infirmiers. Dans plusieurs territoires, le nombre de places disponibles en première année est inférieur au nombre de bacheliers, obligeant une partie des jeunes à se déplacer vers d’autres bassins, voire à renoncer à des études supérieures en raison des coûts de transport ou de logement.
Le rythme de remplissage. Globalement les établissements ont finalisé 85% de leur recrutement à la fin de la phase d’admission principale et 94% à la clôture (le 10 septembre en 2024) dont 7% dans la phase complémentaire.

Mais les différences sont importantes selon les formations :
- en CPGE économiques et commerciales les établissements ont finalisé 88% de leur recrutement à la fin de la phase d’admission principale et 98% à la clôture dont 2% dans la phase complémentaire ;
- en CPGE littéraires les établissements ont finalisé 87% de leur recrutement à la fin de la phase d’admission principale et 92% à la clôture dont 3% dans la phase complémentaire ;
- en CPGE scientifiques les établissements ont finalisé 86% de leur recrutement à la fin de la phase d’admission principale et 98% à la clôture dont 1% dans la phase complémentaire ;
- en licences Arts Lettres Langues les établissements ont finalisé 76% de leur recrutement à la fin de la phase d’admission principale et 92% à la clôture dont 21% dans la phase complémentaire ;
- en licences Droit Économie Gestion les établissements ont finalisé 89% de leur recrutement à la fin de la phase d’admission principale et 100% à la clôture dont 2% dans la phase complémentaire ;
- en licences Sciences humaines et sociales les établissements ont finalisé 81% de leur recrutement à la fin de la phase d’admission principale et 97% à la clôture dont 11% dans la phase complémentaire ;
- en licences Sciences Technologie Santé les établissements ont finalisé 79% de leur recrutement à la fin de la phase d’admission principale et 99% à la clôture dont 1% dans la phase complémentaire ;
- en écoles de commerce et de management les établissements ont finalisé 69% de leur recrutement à la fin de la phase d’admission principale et 72% à la clôture dont 8% dans la phase complémentaire ;
- en écoles d’ingénieurs les établissements ont finalisé 89% de leur recrutement à la fin de la phase d’admission principale et 93% à la clôture dont 5% dans la phase complémentaire ;
- en BUT Production les établissements ont finalisé 85% de leur recrutement à la fin de la phase d’admission principale et 98% à la clôture dont 4% dans la phase complémentaire ;
- en BUT Services les établissements ont finalisé 91% de leur recrutement à la fin de la phase d’admission principale et 100% à la clôture (le 10 septembre en 2024) dont 1% dans la phase complémentaire.

Des tensions persistantes et un remplissage inégal des formations. L’analyse des taux de sélectivité révèle des situations de forte tension dans certains bassins, mesurées par un faible nombre d’admis pour 100 vœux. Ces tensions peuvent résulter d’un déficit local de capacités d’accueil, de la forte attractivité de certaines formations ou d’un déséquilibre plus global entre offre et demande à l’échelle régionale.
Paradoxalement, certaines formations peinent à remplir l’ensemble de leurs places. Le taux de remplissage moyen atteint 94 %, mais il est plus faible dans des bassins où l’offre est soit très limitée, soit au contraire très abondante.

Qui sont les candidats et les admis sur Parcoursup 2024. La session 2024 de Parcoursup enregistre près de 400 000 candidats pour les formations franciliennes, ayant formulé plus de 3,5 millions de vœux. Les femmes représentent la majorité des candidats et des admis, avec une surreprésentation marquée dans les formations sanitaires, sociales et artistiques. À l’inverse, les formations industrielles, scientifiques et techniques demeurent très majoritairement masculines, malgré les objectifs affichés de féminisation des filières scientifiques.
Les néo bacheliers constituent près des trois quarts des admis. Les candidats en réorientation, bien que nombreux, accèdent plus difficilement aux formations sélectives et se reportent massivement vers les licences. La mobilité géographique varie fortement selon les filières : les STS recrutent majoritairement à l’échelle locale, tandis que les écoles d’ingénieurs, de commerce ou certaines formations rares attirent des étudiants de toute la France, voire de l’étranger.
Le rôle structurant du type de baccalauréat et du statut social. Le type de baccalauréat demeure un déterminant central de l’orientation. Les bacheliers généraux concentrent l’essentiel des vœux vers les filières sélectives et universitaires longues. Les bacheliers technologiques et professionnels s’orientent principalement vers les STS et les BUT, en cohérence avec les quotas mis en place depuis la loi ORE pour favoriser leur accès à ces formations.
Le statut de boursier influence également fortement les choix. Les candidats boursiers privilégient les filières courtes, professionnalisantes et géographiquement proches, limitant les coûts liés aux études. La part des boursiers parmi les admis a progressé depuis 2019, en lien avec l’instauration de quotas, avant de se stabiliser autour d’un quart des néo bacheliers admis. Autant de données à confirmer en 2026.
- Évolution de l’offre de formation et caractéristiques des candidats à la poursuite d’études supérieures – Analyse des données de Parcoursup 2024, L’Institut Paris Région, décembre 2025, Séverine Albe-Tersiguel.
Parcoursup 2026 : une offre stable. Cette année encore près de 25 000 formations, diplômes nationaux ou d’établissement, seront progressivement accessibles sur Parcoursup, dont de nombreuses formations proposées par la voie de l’apprentissage. Si l’offre de formation reste globalement stable par rapport à l’année 2025. la Licence professorat des écoles (LPE) enrichit l’offre de formation des universités.
Pour renforcer la transparence, près de 14 000 rapports publics de la session 2025, publiés sur la fiche formation de chaque établissement, sont enrichis cette année de nouvelles informations concernant l’utilisation faite par les enseignants des commissions d’examen des vœux, des enseignements de spécialité choisis par les lycéens ou encore les éléments conduisant les formations sélectives à ne pas retenir des candidats dans leur classement.
Après l’étape de découverte, les candidats pourront s’inscrire sur la plateforme et formuler leurs vœux à partir du 19 janvier 2026.
Les vœux devront être formulés avant le 12 mars 2026 minuit et confirmés avant le 1er avril 2026 minuit (heure de Paris). Les candidats pourront signaler leur projet d’accomplir une période de césure pour s’engager dans une activité d’intérêt général, y compris le service national.