« Nous mettons plus que jamais la pluridisciplinarité au cœur du premier cycle avec la remise à tous nos étudiants d’un diplôme universitaire pendant leurs années de licence puis d’un double diplôme avec leur master. » En cette rentrée William Hurst, le directeur général de l’Esdes, annonce l’ouverture d’un campus à Aix-en-Provence en partenariat le lycée du Sacré-Cœur. Son bachelor y sera dispensé pour la rentrée 2027. Une rentrée 2027 qui verra également le lancement d’un bachelor Business & Géopolitique en collaboration avec la faculté de l’université catholique de Lyon, et de deux nouveaux MSc labellisés par la Conférence des Grandes écoles (CGE) en luxe et sport et outdoor.
Le PGE 5 ans ne fait pas le plein. Alors qu’elle a rempli à 60% ses places ouvertes au Bulletin Officiel pour son PGE, William Hurst entend bien « compléter ces places lors de sa rentrée décalée de janvier ». En revanche le bachelor fait le plein. L’Esdes pilote justement au sein de la Cdefm une réflexion nationale sur l’attractivité des Programmes Grande École en cinq ans. « On voit bien que les élèves ont intériorisé le bac+3 et investissent de plus en plus dans le 3+2. Pour autant nous croyons toujours au PGE en 5 ans », insiste le directeur.

William Hurst
Un PGE de plus en plus pluridisciplinaire. Le Programme Grande École constitue l’un des premiers chantiers de son plan stratégique Momentum 2030 présenté cette année. L’Esdes en revoit l’architecture pour associer plus étroitement management et autres disciplines. Dès les trois premières années, les étudiants suivent ainsi des enseignements en géopolitique, humanités, droit, sciences et intelligence artificielle. Un DU (diplôme universitaire) est intégré au cursus, avec trois possibilités : World Foreign Policy, Créativité et Humanités ou Sciences et Décision avec l’ESTBB, l’école d’ingénieurs de l’Ucly. « Les étudiants suivent des cours en mineures entre les trois DU pour creuser un sujet en plus d’un socle important obligatoire », explique William Hurst en insistant sur les « 140 heures d’enseignement sur trois ans à suivre en présentiel pour obtenir le DU ».
L’intelligence artificielle est également introduite progressivement durant les cinq années, de la Fresque de l’IA et du prompt engineering en première année jusqu’à l’« IA for Business » appliquée aux spécialisations métiers en cycle master. Les doubles diplômes doivent parallèlement se renforcer avec les partenaires internationaux, les autres facultés de l’UCLy et les MSc de l’école.
L’ESDES VEUT DOUBLER LA PART DE BOURSIERS DANS SON PRE-MASTER À partir de 2027, l’ESDES entend faire de la diversité sociale l’un des marqueurs de son développement. L’école de management lyonnaise prévoit de réserver chaque année dix places de son programme Grande École à des étudiants boursiers, avec une gratuité totale des trois premières années. Une mesure qui doit lui permettre de faire passer leur proportion d’environ 14 % aujourd’hui à 25 % dans le cycle pré-master.
Sur une promotion volontairement limitée à une quarantaine d’étudiants en première année, dix places seront ainsi proposées gratuitement à des boursiers, quel que soit leur échelon. Les bénéficiaires devront néanmoins satisfaire aux mêmes exigences de sélection que les autres candidats : l’école ne prévoit ni quota d’admission spécifique ni bonus au concours.
L’effort financier est significatif comme l’explique William Hurst : « À plein régime, avec trois promotions simultanément concernées, le dispositif devrait représenter environ 360 000 euros. Il viendra s’ajouter aux aides déjà accordées par l’ESDES, qui indique distribuer actuellement plus de 250 000 euros de bourses aux étudiants du programme Grande École en formation initiale. La fondation de l’école et ses mécènes doivent contribuer au financement du nouveau dispositif ».
L’objectif affiché est de parvenir à « 20 à 25 % » de boursiers dans les cursus où l’apprentissage n’est pas accessible. « Il faut mettre tous les dispositifs en place pour leur dire : vous pouvez venir », défend la direction.
Bachelors et MSc : l’offre s’élargit. À Lyon, un nouveau Bachelor Business & Géopolitique doit former aux conséquences des tensions internationales sur les décisions des entreprises, avec des enseignements sur le risque pays, la supply chain, l’intelligence économique ou la gestion de crise.
À Annecy, une spécialisation Data & Business Analytics, conçue avec WeiD School Talents, propose un rythme adapté notamment aux sportifs de haut niveau et aux artistes. L’International Track, entièrement anglophone et désormais accessible sur Parcoursup, représente de son côté 16 % des étudiants du Bachelor à Lyon. Pour sa première campagne, il a enregistré 138 vœux confirmés.
Deux nouveaux MSc, tous deux en anglais et labellisés par la Conférence des Grandes Écoles, complètent l’offre : Sustainable Luxury & Brand Management, à Lyon et Annecy, et Sport, Outdoor & Lifestyle Management à Annecy, développé en lien avec l’écosystème local du sport et de l’outdoor.
Entreprises et Alumni davantage associés. Le plan stratégique Momentum 2030 prévoit également de resserrer les liens avec les entreprises et les diplômés. Un programme de mentorat destiné aux étudiants de cinquième année a permis de constituer 45 binômes Alumni-étudiants. « Nous avons également conclu un partenariat stratégique avec Sysco portant sur le recrutement, la pédagogie et la RSE, avec des opportunités de stages, d’alternance et d’emplois », insiste le directeur.
L’apprentissage doit occuper une place croissante : l’objectif est d’atteindre 40 % d’apprentis dans les programmes PGE et Bachelor à horizon 2030 alors que « les taux d’insertion de nos étudiants sont optimaux ». L’école poursuit parallèlement ses actions vers les lycéens et les BTS, notamment à travers un Challenge Entrepreneuriat réunissant près de 500 participants et le développement du DU « Comprendre et entreprendre dans un monde incertain », passé de trois à sept établissements partenaires.
La RSE au cœur de la recherche. La recherche constitue enfin l’un des piliers du plan. L’Esdes vise 55 % de sa production scientifique consacrée à la RSE et à la durabilité fin 2027 et 65 % en 2030, contre 39 % actuellement. Cette orientation s’inscrit dans l’obtention en 2026 par l’UCLy du label DD&RS pour quatre ans. Les travaux présentés portent notamment sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour mieux intégrer les risques climatiques dans les modèles financiers ou pour améliorer la logistique inverse tout en réduisant coûts et émissions de CO₂. La recherche irrigue également la pédagogie, avec notamment une simulation de gestion de crise plaçant les étudiants dans des conditions proches du réel.
Cette transformation intervient alors que l’Esdes revendique son meilleur résultat historique dans le classement 2026 du Financial Times des Masters in Management : 77e mondiale, en progression de 16 places. L’école compte aujourd’hui 2 200 étudiants, dont 470 internationaux, 70 enseignants permanents et 100 universités partenaires.