Centrale Lyon diversifie son offre de formation

Pascal Ray, directeur de Centrale Lyon, présente les nouvelles ambitions de son école

by Anne Dhoquois

Entre diversification des recrutements, transformation des formations et recherche de ressources propres, Centrale Lyon prépare les prochaines années avec un objectif : conforter sa place de grande école publique d’ingénieurs.

Anticiper les défis à venir pour mieux s’y préparer. C’est en résumé ce qu’annonce Centrale Lyon en cette rentrée 2026, déroulant les enjeux auxquels elle doit faire face et ses atouts pour les relever. Le choc démographique à venir est un de ceux-là. Pour y répondre, Centrale Lyon augmente le nombre d’étudiants accueillis afin de sécuriser son taux de remplissage, « tout en continuant à recruter au meilleur niveau », précise le directeur Pascal Ray. Pour ce faire, l’école diversifie son offre et ses filières de recrutement. Ainsi, deux bachelors ont été lancés depuis 2023, l’un en Data Science for Responsible Business, en partenariat avec l’emlyon, et l’autre en Génie civil et Environnement dans le cadre du collège d’ingénierie comprenant ENTPE, INSA et Mines Saint-Etienne. Aujourd’hui, ces deux cursus réunissent 57 étudiants avec une possible montée en charge.

L’école amplifie par ailleurs ses cours en anglais et son recrutement d’étudiants étrangers. Elle souhaite également développer des partenariats avec l’Europe via des accords de coopération, des doubles diplômes, des alliances, etc.

Enfin, pour préserver son attractivité dans un contexte difficile sur le plan économique, Centrale Lyon module ses frais d’inscription, selon des critères sociaux, qui vont désormais s’établir de 1 613 euros à 4 113 euros (au lieu de 2 620 euros pour tous les étudiants).

 Se préparer au changement. Gérer au mieux les grandes transitions ! C’est le vaste programme auquel s’attèle l’école et qui comprend pêle-mêle le départ massif à la retraite de collaborateurs d’ici 2032, l’adaptation du campus aux changements climatiques ou le déploiement de l’IA qui soulève des enjeux pédagogiques, éthiques et d’insertion professionnelle. « L’objectif, c’est d’aborder l’IA comme une nouvelle compétence, indispensable à l’ingénieur », précise Pascal Ray. Une chaire dédiée à ces questions sera lancée début 2027.

Autre enjeu de taille : le modèle économique des établissements d’enseignement supérieur. Le budget actuel de l’école s’élève à 70 millions d’euros composé à 70% de fonds publics et à 30% de ressources propres. « Le ministère nous demande à terme de passer à 40%, ce qui n’est pas un exercice facile. Les pistes envisagées sont le renforcement des partenariats premium avec les entreprises, le développement de projets européens, l’augmentation des dons des alumni », détaille Pascal Ray. Il ajoute : « Nous avons besoin de stabilité pour déployer une stratégie à moyen terme et continuer à tenir notre rôle d’école publique par rapport à la recherche, au développement de notre territoire et aux grandes transitions en contribuant à penser l’ingénierie de demain ».

  • Pascal Ray est proposé par le conseil d’administration de Centrale Lyon pour un nouveau mandat à la tête de Centrale Lyon: il a obtenu 18 voix sur 26 lors du CA du 23septembre

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