Comment Mines Saint-Etienne développe de nouvelles ressources

by Olivier Rollot

« J’ai pris la direction de l’école en 2022 avec la volonté de la développer en volume comme en excellence. Aujourd’hui dans un contexte extrêmement tendu avec la baisse de la subvention pour charges de service public (SCSP) de l’ordre de 5% sur les deux derniers exercices soit un peu moins de deux millions d’euros. » En amont de sa conférence de presse annuelle le directeur de Mines Saint-Etienne, Jacques Fayolle, rappelle sa volonté de développer un « modèle public-privé plus équilibré » pour remplir ses objectifs un an après avoir créé une direction du développement qui « permet au budget de l’école de progresser et de pallier largement la baisse de la SCSP ». Mais attention ces nouvelles ressources dépendent essentiellement de projets dont la récurrence n’est évidemment pas assurée alors que l’école espère au mieux une stabilisation de sa SCSP en 2027.

Un développement dans quatre dimensions. Au niveau du recrutement les chiffres sont bons en classes préparatoires comme ailleurs mais « il n’est plus possible de se développer faute de moyens ». Pourtant la signature des contrats d’apprentissage se passe « sans aucun problème dans nos spécialités » souligne Jacques Fayolle. Côté immobilier les 25 000 m2 du siège à Saint-Etienne sont en travaux dans le cadre d’un CPER (contrat de plan État-région) de 35 millions d’euros. « Nous accélérons notre transformation au service de la souveraineté européenne dans quatre dimensions : les entreprises, la recherche et l’innovation, l’attractivité internationale et la formation bien sûr », résume le directeur :

  • avec les entreprises un programme « accès campus » a été structuré pour mieux coordonner les actions vis-à-vis des entreprises et codévelopper avec des profils d’étudiants « pertinents pour les entreprises ». Le premier accord a été signé avec Airbus ;
  • dans la recherche et l’innovation les équipements de pointe seront parfois loués à des entreprises pour les rentabiliser ;
  • à l’international les relations se développent particulièrement en Inde, avec les Indian Institute of Technology – un accord a déjà été signé avec celui de Madras – et au Vietnam avec l’école des Mines d’Hanoi alors que les relations avec la Chine sont étales. Des programmes d’été ont été créés, notamment pour accueillir des étudiants américains, et 130 étudiants internationaux sont ainsi venus à Saint-Etienne cet été ;
  • dans la formation continue est lancé un programme de huit micro-certifications qui démarre par un programme en santé alors que vont démarrer deux formations d’ingénieur de spécialisation en « transition écologique et climatique » et en « intégration d’innovation pour l’industrie ».

Le renouveau, des diplômes d’ingénieur de spécialisation. Le développement des diplôme d’ingénieur de spécialisation a longtemps été en sommeil après sa création il y a une vingtaine d’années. Depuis quatre ans on les voit de nouveau fleurir dans les écoles d’ingénieurs où ils sont aujourd’hui une vingtaine. « Le concept est assez proche des mastères spécialisés de la Conférence des Grandes écoles avec une formation sur un an avec une alternance avec la volonté de créer un diplôme national d’ingénieur reconnu par la Commission des titres d’ingénieur (CTI). Le public visé est celui d’ingénieurs déjà diplômés avec des maquettes spécifiques », détaille Jacques Fayolle. Les deux diplômes que crée Mines Saint-Etienne devraient recevoir une dizaine d’élèves cette année pour des frais de scolarité de 12 500€.

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