MBS se relance avec son nouveau campus tout en cherchant de nouvelles ressources

by Olivier Rollot

Le futur campus de MBS (Fontès architectes – Tourre – Sanchis)

Alors qu’elle fêtera ses 130 ans en 2027, MBS engage une nouvelle étape de son développement en se positionnant comme une «école-laboratoire «des transformations. L’objectif affiché est de tester et diffuser des solutions concrètes face aux grandes mutations économiques et sociétale a l’image de sa nouvelle signature de marque «Think. Test. Transform ». «Nous devons désormais être capables de démontrer non seulement ce que nous faisons, mais surtout ce que cela change réellement pour les organisations, les territoires et la société. Cela suppose de mettre en place un cadre méthodologique et des indicateurs permettant de mesurer les résultats de nos actions», explique le directeur général de MBS, Mohamed Afennich, qui se donne également pour objectif de «diversifier les ressources de l’école» en donnant notamment moins de place à l’alternance dans son modèle économique.

Repenser la place de l’alternance. C’est une révolution pour une école qui a longtemps forgé son modèle sur l’apprentissage. Mohamed Afennich l’annonce clairement : l’apprentissage à MBS ne démarrera plus en première année du PGE : «Notre objectif est de réduire notre dépendance à l’apprentissage. L’alternance reste un formidable levier de professionnalisation, mais nous devons adapter notre modèle aux évolutions du marché et retrouver un meilleur équilibre entre les différentes modalités de formation». La part de l’alternance passerait ainsi de 55% à 45% dans le modèle économique de l’école.

Rester associatif tout en faisant évoluer la gouvernance. Qui dit réduction de la part de l’alternance dit nouvelles ressources pour une école dont le budget annuel atteint les 43 M€. Vont donc être émis des «titres participatifs associatifs». Des acteurs engagés du territoire. Peuvent ainsi investit dans MBS pendant un minimum de 7 ans et «sont rémunérés avec des taux d’intérêt en fonction des marchés financiers chaque année» confie le directeur général. La CCI Hérault a ainsi pris la participation d’un million d’euros alors que son homologie d’Occitanie a voté une participation de 150 000 euros et le conseil régional voté pour un autre million.

Des transformations ne remettent pas en cause le statut associatif de MBS. «La question porte davantage sur la manière de faire évoluer notre gouvernance et de mieux associer certaines parties prenantes au développement de l’école», assure Mohamed Afennich qui a engagé une réflexion sur la représentation de différentes parties prenantes au sein de sa gouvernance, notamment des acteurs publics et économiques qui accompagnent l’école.

Le Programme Grande École profondément remanié. MBS entend transformer son Programme Grande École pour mieux répondre aux attentes des entreprises, qui recherchent selon elle davantage de compétences, d’adaptabilité et de profils différenciants. La première année sera notamment adaptée aux étudiants issus des classes préparatoires. Dès la deuxième année, les étudiants choisiront une majeure disciplinaire. La troisième année combinera spécialisation disciplinaire puis sectorielle, avec l’objectif de construire une double expertise et de renforcer l’employabilité. «Nous voulons permettre à chaque étudiant d’identifier et de valoriser les compétences développées tout au long de son parcours : projets, expériences professionnelles, engagements associatifs ou autres expériences vécues pendant sa formation. Le diplôme reste essentiel, mais nous voulons aller plus loin. Un étudiant doit pouvoir démontrer concrètement son niveau en gestion de projet, en leadership, en analyse ou en résolution de problèmes. Il doit pouvoir rendre visibles les compétences acquises au fil de ses expériences.»

La stratégie passe aussi par un développement des doubles diplômes. MBS annonce des partenariats structurants avec l’ESMA, l’IAE de Montpellier et Montpellier Management.

ANIMA, futur campus et vitrine de la stratégie. La pièce centrale du dispositif est le futur campus ANIMA, installé dans le quartier Cambacérès à Montpellier. MBS y occupera 20 000 m² sur un ensemble de 28 000 m² et prévoit d’y accueillir à terme 5 000 étudiants. Le projet veut réunir enseignement supérieur, formation professionnelle et écosystème entrepreneurial. Il prévoit notamment un Experimental & Behavioral Lab avec magasin expérimental, salle des marchés et espaces d’observation. «Nous voulons créer un lieu qui favorise les interactions, les projets, l’expérimentation, l’innovation, l’entrepreneuriat et les rencontres entre le monde académique et le monde économique, détaille le directeur.

L’investissement global annoncé atteint 108 millions d’euros, dont plus de 21 millions apportés par la Région Occitanie. Le campus, labellisé «Bâtiment Durable Occitanie – Niveau Argent», doit ouvrir à la rentrée 2027. MBS estime à 300 millions d’euros par an les retombées économiques futures du campus.

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