Thierry Coulhon le 29 septembre lors de la conférence de presse de rentrée d’IP Paris
«C’est d’abord la transformation de son campus qui va incarner les ambitions d’IP Paris», professe son président du directoire, Thierry Coulhon, lors de sa conférence de presse de rentrée. Des ambitions incarnées également par le nouvel Institut de Défense, un appui à la recherche fondamentale et au développement de start up, et la volonté d’attirer toujours plus de talents. Un nouveau président non exécutif, qui devrait être commun à l’IP Paris et à l’École polytechnique (même si ce n’est pas prévu dans les textes qui viennent d’être votés) va bientôt être nommé.
Le nouvel Institut de Défense. Financé par le ministère des Armées à hauteur 15 millions d’euros et construit sur le campus de l’X, le nouvel institut de Défense d’IP Paris est au cœur de sa stratégie de recherche. Il réunira notamment le pôle recherche de l’AMIAD, le Centre interdisciplinaire d’études pour la défense et la sécurité (CIEDS) d’IP Paris, le Lab Quantique de Défense de l’AID et des équipes spécialisées en cybersécurité, avec une montée en puissance progressive des effectifs à horizon 2030.
Les questions de défense irriguent également les formations avec, depuis cette année, des enseignements obligatoires à l’École polytechnique comme à l’Ensta – toutes deux sous tutelle du ministère des Armées – comme à Télécom SudParis avec par exemple un nouveau parcours dédié aux enjeux de défense.
Mais comment réserver la recherche dans la défense, ou duale, aux pays alliés ou en paix ? «Nous devons être très attentifs où nous allons en nous concentrant sur les pays de l’Union européenne. Nous prenons garde aux collaborations avec la Chine comme avec le Technion d’Israël, dont nous sommes partenaires dans l’alliance EuroTech, mais avec lequel il n’y a pas de recherche duale», répond Thierry Coulhon, heureux de constater qu’aujourd’hui «l’Allemagne s’intéresse à la recherche dans la défense quand c’était encore un interdit il y a quelques années».
Transition écologique et énergétique. «Nous souhaitons faire du campus un laboratoire à ciel ouvert en notamment rénovant le bâtiment central de l’École polytechnique pendant les trois ans à venir», signifie le président. Vont ainsi être construits des bâtiments permettant de tester des solutions énergétiques, des équipements consacrés à la captation et à la valorisation du CO2 ou encore le dispositif Smart Garden de Télécom Paris, conçu pour lutter contre les îlots de chaleur urbains. Particulièrement impacté pas ces transitions, les Ponts et Chaussées vont s’implanter à Palaiseau. La création d’un Institut des technologies de l’électrification est en discussion avec le CEA et l’Ifpen.
Développer les sciences fondamentales. Le don de 50 millions d’euros Bernard Arnaud à l’X va permettre la création d’un nouvel Institut de mathématiques et sciences fondamentales. Sa «résidence mathématiques accueillera des chercheurs internationaux de haut niveau. Début 2028 un nouveau bâtiment dédié à la recherche en physique sera livré.
Investir dans la recherche à risque et l’innovation de rupture. 2,25 millions d’euros ont été investis par IP Paris dans la recherche exploratoire à hait risque pour financer 75 projets avec en moyenne 150 000 euros par projet. «Il s’agit de se concentrer sur l’innovation sortie des laboratoires, dès le doctorat», établit Thierry Coulhon, fier de voir se développer des start up comme Plasana – traitement par plasma froid des plaies – ou Allivia qui produit des prothèses pour les athlètes. Près d’un million d’euros sont investis chaque année dans 10 à 15 projets.
Attirer les talents. IP Paris attire toujours autant les étudiants internationaux qui représentent 43% de ses 11 300 étudiants. 40% de ses chercheurs sont internationaux. Côté diversité 29,5% des étudiants en masters et PhD sont des femmes contre 26,6% en 2025.
Une gouvernance complexe. Dans son rapport d’évaluation de l’Institut polytechnique de Paris publié en mars 2026, le Hcéres s’inquiète d’une gouvernance compliquée, notamment avec la double tutelle de deux écoles avec l’Institut Mines Télécom (IMT). «Aujourd’hui les relations sont apaisées avec l’IMT et nous nous rencontrons régulièrement», répond Thierry Coulhon qui, dans sa réponse au Hcéres, parlait également d’une «nouvelle dynamique» avec HEC Paris. «Il y a une tradition de collaboration avec HEC Paris. En 2017 il était question de créer un pôle de Grande écoles avec HEC. Il y a eu une candidature commune avec HI Paris pour l’IA. Dans la réponse que j’ai faite au Hcéres il s’agit de marquer une volonté mais il n’y a rien de précis encore», répond Thierry Coulhon qui «donne rendez-vous dans un an pour plus de précisions».