François Thérin, directeur général de l’ICN, présente ses projets pour son école
Avec un nouveau Bachelor mêlant sciences, arts et business, une pédagogie repensée autour de la prise de décision, l’intervention d’experts extérieurs et une utilisation accrue de l’intelligence artificielle, ICN Business School entend accélérer sa différenciation. L’école, désormais intégrée au groupe international GEDU, poursuit parallèlement le développement de ses campus de Nancy, Paris et Berlin, complète son portefeuille de formations et affiche une ambition de croissance à trois ans.
Science, Arts & Business. C’est la grande nouveauté de la rentrée. François Thérin, directeur général de l’ICN depuis avril 2026, lance un Bachelor Science, Arts & Business qui « reprend les fondamentaux de l’ICN ». Ouvert simultanément à Paris et Berlin, avec un échange obligatoire entre les deux campus, il proposera 90 places, dont environ une cinquantaine via Parcoursup. ICN souhaite y attirer des profils plus hybrides que ceux traditionnellement associés aux écoles de commerce. « Le dossier, l’entretien et le portfolio doivent permettre de valoriser des talents particuliers, notamment artistiques, scientifiques ou sportifs », explique François Thérin.
Le cursus commencera par un socle important de sciences et d’humanités — philosophie du management, psychologie, rhétorique, statistiques ou science des données — avant de renforcer progressivement les connexions avec les disciplines de gestion et les mises en situation. Le cursus comprendra également un travail de recherche final sur une problématique réelle croisant plusieurs disciplines et une « résidence » d’au moins trois mois pouvant notamment se dérouler dans le sport ou l’humanitaire. Son prix est annoncé à 14 800 euros, soit au même niveau que le Programme Grande École.
Ce nouveau bachelor suit la logique Art, Technology & Management, ou ATM, de l’ICN qui doit désormais « s’élargir avec ATMX, le « X » symbolisant à la fois l’extension et le croisement des disciplines. Sciences, humanités, philosophie, sociologie, psychologie, neurosciences ou encore data doivent davantage nourrir l’enseignement du management ».

Le campus de l’ICN à La Défense
L’IA au service du suivi individuel. Parmi les innovations annoncées figure également la création d’un « jumeau numérique » pour chaque étudiant. Alimenté par les productions et expériences accumulées pendant le cursus, il doit aider chacun à identifier ses forces, ses faiblesses et son positionnement. L’IA doit aussi intervenir dans l’expérience quotidienne, par exemple à travers un bot capable de répondre à certaines questions administratives. Mais François Thérin insiste sur le maintien d’un accompagnement humain : « l’IA ne remplace jamais l’humain ». Le dispositif de suivi doit notamment s’appuyer sur des mentors.
Autre ouverture : un programme dit « foundation » réservé à des étudiants qui n’ont pas le niveau pour entrer en bachelor et passent une année à se préparer. Dernière nouveauté : la création d’un poste de responsable de l’expérience étudiante pour « faire en sorte que la satisfaction des étudiants soit la meilleure possible ». Le choix s’est porté sur un profil issu de l’hospitalité haut de gamme, Mada Lakiss, afin d’importer dans l’enseignement supérieur certaines pratiques de relation client développées dans les hôtels cinq étoiles.
Une pédagogie fondée sur la décision. ICN entend renforcer l’apprentissage par la décision. « Notre volonté c’est de mettre nos étudiants dans des cycles de décision rapides et répétés », explique François Thérin en présentant la « méthode des 200 », qui doit être lancée à partir du 15 janvier, et en prenant un exemple : « Imaginez que vous dirigez une entreprise et qu’on vous annonce qu’il y a un défaut mineur sur un produit vendu à 2 millions d’exemplaires. Faites-vous ramener le produit ? » 200 fois dans leur scolarité les étudiants doivent prendre ce type de décision parfois en relation avec des experts comme une ex-négociatrice du RAID, un urgentiste ou encore un chef d’orchestre.
La force du groupe GEDU. L’intégration au groupe GEDU est un « accélérateur qui apporte à l’école une certaine stabilité, un réseau de recrutement mondial, une capacité d’investissement » qu’elle ne possédait pas auparavant. ICN, dont le budget est annoncé autour de 32 millions d’euros, vise désormais une nouvelle phase de croissance. L’école compte aujourd’hui environ 3 000 étudiants et souhaite atteindre 4 000 étudiants dans les trois prochaines années, notamment grâce au recrutement international et à l’élargissement des profils français attirés par ses nouvelles formations