ECOLES DE MANAGEMENT, PROGRAMMES

« Le rapprochement ESCP Europe / Novancia est une reprise d’actifs exceptionnelle qui va conforter la place d’ESCP Europe » : Frank Bournois et Yves Portelli

ESCP Europe et Novancia se rapprochent pour développer le bachelor in management d’ESCP Europe à Paris. Une décision longtemps combattue par l’association des anciens d’ESCP Europe. Les explications de Frank Bournois, directeur général d’ESCP Europe, et Yves Portelli, directeur général adjoint en charge de l’enseignement, de la recherche et de la formation de la CCI Paris Île-de-France.

Yves Portelli

Frank Bournois : Certainement pas pour une simple et bonne raison : Novancia continue d’exister et de délivrer des diplômes jusqu’en 2019. Il s’agit d’une reprise d’actifs exceptionnelle qui va conforter la place d’ESCP Europe en s’implantant sur le campus de Novancia le 1er janvier 2017.

Yves Portelli : La chambre de commerce et d’industrie Paris Île-de-France a fait un choix stratégique pour l’enseignement supérieur. ESCP Europe avait besoin d’un accélérateur de croissance et va l’avoir avec l’implantation à Paris, de son bachelor en trois ans, qui s’appuiera sur celui de Novancia.

F. B : J’aimerais faire un parallèle historique. ESCP Europe a été créée en 1819 et reprise en 1869 par la CCI de Paris quand la France avait besoin de conforter son développement international. Aujourd’hui nous sommes de nouveau dans la même configuration : ESCP Europe veut être la meilleure business school en Europe. Pour accélérer sa croissance, elle pourra s’appuyer à nouveau sur la CCI qui lui octroie deux campus à Paris : l’un, historique, rive droite, l’autre, rive gauche tout près de Montparnasse. Dans cet environnement, notre bachelor sera prêt à accueillir des étudiants du monde entier. ESCP Europe aura également le potentiel pour développer ses activités de formation continue, son incubateur, etc.

Frank Bournois

O. R : Novancia va disparaître à terme ?

Y. P : Les étudiants entrants en 2016 seront des étudiants de Novancia, ayant fait le choix d’obtenir un diplôme visé de qualité en 3 ans pour le bachelor et, pour le bac +5, conférant le grade Master en 2 ans de Novancia. Concernant l’avenir de la marque Novancia, une étude est en cours.

O. R : Les alumni d’ESCP Europe ont largement manifesté leur désaccord avec ce rapprochement. Que leur répondez-vous ?

F. B : Une école ne doit pas être coupée de ses anciens. Leur vigilance est le reflet de leur attachement pour l’école.

O. R : Ils se demandent notamment si la CCI Paris Ile de France va continuer à accompagner son développement et si la reprise des locaux de Novancia ne va pas être un fardeau pour elle. Que leur répondez-vous ?

Y. P : Depuis 150 ans la CCI Paris Ile de France a toujours été pionnière et su devenir une institution leader dans l’enseignement supérieur. Nous avons des équipes expertes dans ce domaine qui savent mener des écoles. La CCI Paris Ile-de-France accompagnera le développement de ESCP Europe comme elle l’a toujours fait.

F. B : Nous sommes implantés sur cinq autres campus en Europe et j’ai ressenti un réel enthousiasme vis-à-vis de ce projet majeur pour l’école car ils comprennent bien les enjeux de développement qu’il sous-tend. Par ailleurs, le Bachelor ESCP Europe, qui sera très sélectif et dont les promotions seront de taille modeste, constituera un relais de croissance qui permet de ne pas toucher à la sélectivité du Master in management Grande Ecole, qui reste le cœur de notre marque.

O. R : Vous comprenez également que certains personnels soient inquiets pour leur poste ?

Y. P : Tout le monde aura sa place au sein de la mission enseignement supérieur de la chambre qui regroupe 24 écoles. Et ESCP Europe connaîtra un vent de croissance avec ce nouveau campus ultra moderne rive gauche.

O. R : Parlons plus précisément de votre bachelor. Il existe déjà mais ne va-t-il pas rencontrer de nouveaux concurrents en France, à l’Edhec ou à l’Essec par exemple ? Sans parler des classes prépas…

F. B : ESCP Europe est une école à dimension internationale. Au-delà des écoles françaises, souvent positionnées sur un programme en quatre ans, notre bachelor en trois ans sur le modèle LMD – sur trois campus et entièrement en anglais ! -, a surtout comme concurrents les programmes de la Bocconi, la London School of Economics ou encore la WHU allemande. Ces établissements accueillent une proportion importante d’étudiants étrangers qui ont vocation à travailler après leur diplôme ou à poursuivre en master. Ce que nous cherchons ce sont avant tout ces étudiants européens à fort potentiel. Ce qui n’empêche pas que nous formerons également des étudiants français. Mais ce ne sera ni 80% de Français ni 100% de non Français. La règle dans nos programmes, c’est moins de 50% de Français !

Y. P : Je ne doute pas qu’un Bachelor européen mêlant une pédagogie éprouvée, mélangeant des parcours et des cultures différents soit un succès. Ces étudiants travailleront dans le monde entier.

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Olivier Rollot
Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel). Il anime également le blog HEADway et du blog du Monde « Il y a une vie après le bac ».

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