POLITIQUE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, UNIVERSITES

Elections à la CPU : qui sont les présidents d’université ?

2012 est une année présidentielle a bien des égards puisque les universités ont quasiment toutes élus cette année leurs présidents. Avec un fort renouvellement puisque seulement 26 sur 81 restent dans leurs fonctions. Sur fond d’Assises de l’Enseignement supérieur, l’élection du nouveau bureau de la Conférence des présidents d’université (CPU), qui aura lieu le 20 décembre, aura donc une saveur particulière cette année.

Tous les profils sont représentés

En regardant de plus prés les profils des président en poste il est intéressant de constater que tous les profils universitaires ont leur chance. Pour autant, on note une sur-représentation très nette des PU-PH (professeurs des universités – praticiens hospitaliers) qui prennent la tête de sept universités : Angers (avec Jean-Paul Saint André), Bordeaux 2 (Manuel Tunon de Lara), Grenoble 1 (Patrick Lévy), Nantes (Olivier Laboux), Paris Est Créteil (Luc Hittinger), Paris sud (Jacques Bittoun) et l’UPMC (Jean Chambaz) tout en conservant Aix Marseille (Yvon Berland), Lyon 1 (François-Noël Gilly), Paris 13 (Jean-Loup Salzmann) et Rennes 1 (Guy Cathelineau). Beaucoup d’économistes également parviennent ou se maintiennent à la tête d’universités comme Khaled Bouabdallah (Saint-Etienne), Philippe Dulbecco (université d’Auvergne), Paul-Marie Romani (Corse) et Yannick Lung (Bordeaux 4).

Sinon, on retrouve aussi bien des historiens (Mathias Bernard, Jean-Luc Mayaud, Denis Varaschin et Jean-Michel Minovez) que des mathématiciens (Mohamed Amara, Jacques Bahi et François Germinet), des électroniciens (Dean Lewis et Pascal Olivard), un philosophe (Jean-François Balaudé), des juristes (Philippe Augé, Sébastien Bernard et Xavier Vandendriessche) ou encore un sportif (Fabrice Lorente, titulaire d’un doctorat STAPS) alors que c’est un historien d’art, Barthélémy Jobert, qui prend pour la première fois la tête de ce fleuron de l’université française qu’est l’université Paris-Sorbonne (Paris-IV).

Que sont devenus les sortants ?

Jean-Luc Salzmann se présente à la présidence de la CPU

Être président ne vous donne pas la garantie d’être réélu. Loin de là. Si c’est le cas de 17 présidents – Bruno Sire à Toulouse 1, Jean Émile Gombert à Rennes 2, Khaled Bouabdallah à Saint-Etienne, Vincent Berger à Paris Diderot, etc. -, certains sortants ont été battus. A Toulouse l’emblématique Bertrand Monthubert, chargé de la recherche et de l’enseignement supérieur au PS après avoir présidé l’association « Sauvons la recherche », a ainsi délogé le président sortant. A Paris Nanterre, Bernadette Madeuf a préféré elle retirer sa candidature après des élections des représentants des personnels qui lui avaient été très défavorables. Des battus qui l’ont parfois été après une campagne à couteaux tirés pour Olivier Sire, président sortant de l’université de Bretagne Sud, face à Jean Peeters, ou Gilbert Angénieux, battu par Denis Varaschin dans une université de Savoie en plein désarroi quant à son avenir.

D’autres présidents, comme Françoise Moulin Civil ( Cergy-Pontoise) ou Claude Condé (Franche-Comté), ne pouvaient pas se représenter après avoir déjà effectué deux mandats. D’autres enfin avaient tout simplement décidé de ne pas se représenter comme Yves Lecointe (Nantes), Georges Molinié (Paris 4) ou encore l’emblématique Axel Kahn (frappé lui par la limite d’âge).

Où sont les femmes ?

Une constante : la faible représentation des femmes. Dans beaucoup d’université qu’elles dirigeaient des hommes les ont remplacées. En région parisienne c’est le cas Paris-Est Créteil (Simone Bonnafous est remplacée par un homme), Paris Ouset Nanterre La Défense (Bernadette Madeuf), Versailles Saint-Quentin (Sylvie Faucheux) et Cergy Pontoise (Françoise Moulin Civil). En province de l’Université Blaise Pascal Clermont 2 (Nadine Lavignotte), de Bourgogne (Sophie Béjean), Caen (Josette Travers) et Polynésie (Louise Peltzer). Seules Anne Fraïsse et Marie-Christine Lemardeley ont été réélues (respectivement de Montpellier 3 et de la Sorbonne Nouvelle).

Brigitte Plateau dirige l'INPG

Heureusement sept femmes ont aussi conquis des universités : Brigitte Plateau prend la tête de l’INP Grenoble, Hélène Pauliat de l’université de Limoges, Fabienne Blaise de Lille 3 Charles-de-Gaulle, Frédérique Vidal de l’université Nice Sophia Antipolis, Christine Gangloff-Ziegler de Haute-Alsace, Danielle Tartakowsky de Vincennes Saint-Denis alors que Lise Dumasy (lire son entretien récent sur Educpros) vient de reprendre la présidence de Grenoble 3, université qu’elle avait déjà dirigé jusqu’en 2008. Mais le bilan reste négatif : il y a moins de femmes présidentes que dans la précédente configuration. On n’atteint pas les 10%!

La Conférence des présidents d’université (CPU) s’émouvait déjà en début d’année de la faible représentation des femmes (12 membres pour 122 universités et établissements membres de la CPU) en constatant, dans sa lettre mensuelle de mars – sous le titre « La femme est l’avenir de l’université » ! -, qu’il était probable que le nombre déjà très réduit de femmes présidentes  le soit « encore plus d’ici la fin de l’année ». Et de constater que la plupart des présidents étant des professeurs d’université, le vivier de femmes candidates potentiel est faible puisque « parmi ces professeurs on ne compte actuellement que 20% de femmes, pour 40% chez les maîtres de conférences ». Et la CPU de rappeler alors avoir adopté en 2011 une mention en faveur de « l’égalité et de la parité entre les femmes et les hommes ».

Quel âge faut-il avoir ?

L’âge moyen varie mais la quarantaine semble l’âge minimum pour accéder aux fonctions de président. C’est le cas de François Germinet, 41 ans, qui prend la tête de l’université Cergy-Pontoise, de Pascal Olivard, 45 ans (université de Bretagne-Occidentale), Mathias Bernard, 42 ans (Clermont II) ou encore de Dean Lewis, 46 ans, tout nouveau président de l’université Bordeaux 1. Une exception : Sébastien Bernard qui prend la présidence de Grenoble 2 à seulement 37 ans.

Mais on peut aussi avoir la cinquantaine comme Jean Peeters (université de Bretagne-Sud, 50 ans) ou Jacques Bahi (Franche-Comté, 51 ans) ou même la soixantaine comme Paul-Marie Romani (université de Corse, 61 ans) ou Jean-Emile Gombert (61 ans, réélu à la tête de Rennes 2).

En résumé

Voici la liste complète des présidents d’université, d’universités de technologie et des instituts polytechniques avec, pour mieux connaître les heureux élus, des liens sur les sites de leur université, sur leur fiche sur Educpros ou sur la source la plus complète et la plus à jour sur leur profil.

Olivier Rollot (@O_Rollot)

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Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant. Olivier Rollot a développé de nombreuses expertises au service des communautés éducatives. Son expérience fait de lui un expert confirmé des stratégies de relation presse et des enjeux de communication et d’image pour l’enseignement supérieur. Il est également un expert reconnu des pédagogies innovantes et des nouveaux publics de l’enseignement supérieur, il est en effet l'un des experts français de la Génération Y. Olivier Rollot est directeur exécutif du pôle communication de HEADway Advisory depuis 2012 et rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire) et de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel).

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