De moins en moins de candidats choisissent finalement une école : c’est le principal enseignement du Sigem 2026. Alors qu’HEC l’emporte sur toutes les autres écoles que l’Edhec confirme sa 4ème place, Neoma prend le meilleur sur Audencia.
La lente remontée du nombre de candidats se poursuit cette année : 9 814 cette année pour 9 729 en 2025 (mais… 9 875 en 2022). En revanche le nombre de candidats affectés chute de 7 127 à 6 912 soit une baisse de 3%. « La campagne d’affectation 2026 confirme, et parfois accentue, les difficultés déjà observées l’an dernier. Baisse du nombre d’intégrés, recul des étudiants boursiers, multiplication des abandons en cours de procédure et remplissage insuffisant de nombreuses écoles », regrette Anne Rivière, la présidente du Sigem.
Le ratio entre le nombre de candidats exprimant des vœux et le nombre d’inscrits se dégrade nettement. Après être passé à 77,5 % en 2025, il tombe à 74,5 % en 2026. « De plus en plus de candidats admissibles renoncent donc à poursuivre la procédure, soit avant les oraux, soit au moment de formuler leurs choix définitifs », reprend la présidente. Le nombre de démissionnaires atteint 556, contre 455 en 2025. Ces candidats ont pourtant passé les épreuves, obtenu des résultats et se trouvent en position d’intégrer une école. Leur retrait traduit « une forme de cristallisation autour de certaines écoles », mais pourrait également s’expliquer par le choix de cuber ou de rejoindre une formation universitaire.
Autre signal préoccupant : la baisse de la proportion de candidats boursiers. Leur part parmi les inscrits passe de 25,5 % en 2025 à 24,2 % en 2026. Parmi les candidats effectivement affectés, elle recule plus fortement encore, de 24,8 % à 22,7 %.
Parmi les candidats allant au terme de la procédure, 88,6 % obtiennent leur premier vœu, contre 79,3 % l’an dernier. Au total, 96,2 % sont affectés sur l’un de leurs deux premiers choix. « Cette efficacité ne compense toutefois pas la diminution du nombre de candidats participant jusqu’au bout. À la rentrée, les écoles devront également mesurer les éventuels désistements tardifs, une donnée qui échappe à la procédure centralisée et n’est connue que des établissements. »
Dix écoles ne font pas le plein en EC
Ce sont dix écoles qui ne font pas le plein d’affectés en EC quand elles étaient neuf en 2025 (treize en 2024 et onze en 2023). Le déficit cumulé total monte de de 486 à 535 places réparties entre :
- 383 places libres en EC (contre 343 en 2025 et 419 en 2024) ;
- 152
- places restantes en BEL- B/L (contre 144 en 2025 et 40 en 2024) pour un déficit cumulé de 486 places (459 en 2024).
Un nombre de places restantes inférieur à celui de 2023 quand 720 places n’avaient pas été affectées mais avec 7 831 places ouvertes contre 7 447 sur les deux voies d’entrée cette année. Les écoles avaient d’ailleurs été prudentes en réduisant un peu la voilure puisque c’étaient 7 538 places qui étaient ouvertes en 2025. « Certaines écoles affichent des taux de remplissage inférieurs à 50 %, faisant émerger de vraies interrogations sur le modèle économique des écoles. Même les établissements ayant réduit le nombre de places proposées ne sont pas toujours parvenus à rétablir leur niveau de remplissage », analyse encore Anne Rivière.
Ce sont les mêmes écoles qui ne font pas le plein cette année en EC qu’en 2025 auxquelles s’ajoute Montpellier BS. Tout en bas, SCBS conserve son zéro pointé de 2025. En volume, BSB est encore une fois cette année l’école qui souffre du plus fort déficit : 110 places restantes contre 96 en 2025. La mauvaise nouvelle est pour Montpellier BS à laquelle il manque cette année 84 affectés pour faire le plein. Il manque également 56 affectés à l’EM Strasbourg (contre 24 en 2025), 52 à Clermont BS (48 en 2025), 40 à l’ICN (64) ou encore 23 à Excelia BS (49).
En accès siglé BEL- B/L ce sont comme l’année dernière onze des quinze écoles proposant une voie dédiée qui ne font pas le plein quand ce n’était le cas que de la moitié des écoles en 2024.
Neoma gagne son match avec Audencia
C’était le match qu’on suivait ces dernières années. Après avoir frôlé la victoire en 2025 (222 à 219 pour Audencia) en EC, Neoma gagne le match cette année – 271 reçus à Audencia en EC ont choisi Neoma contre 170 qui ont fait le choix contraire – (61 % contre 39 %) et passe ainsi à la 7ème place du Sigem. Si NEOMA gagne clairement, Audencia conserve une capacité réelle à lui prendre des candidats.
Plus haut le podium ne bouge pas : HEC remporte ses matchs contre l’Essec mais avec une forte hausse pour cette dernière, qui monte à cinq matchs gagnants contre un seul en 2025, alors qu’un bi admis choisit l’ENS Paris-Saclay.
Tout juste derrière, l’Edhec l’emporte face à emlyon pour la quatrième place. En 2026 ce sont en effet 38 candidats (30 en 2025) qui ont finalement opté pour emlyon quand ils pouvaient intégrer l’Edhec quand 289 ont fait le choix contraire (ils étaient 270 en 2025). emlyon bat ensuite largement Skema (369 à 11) qui fait de même avec NEOMA (370 à 12).
Ensuite la concurrence est rude entre GEM et KEDGE avec 258 pour la première contre 166 pour la seconde (61 % contre 39 %). Si GEM possède un avantage significatif, KEDGE demeure une alternative crédible pour près de quatre candidats sur dix confrontés aux deux écoles.
Audencia est dominée par NEOMA, mais elle distance très largement GEM : 211 choix contre 18. Elle apparaît donc isolée entre ces deux écoles, plutôt que membre d’un véritable groupe à trois.
La même configuration se retrouve pour KEDGE. L’école perd contre GEM, mais domine nettement TBS, 299 à 47. KEDGE est donc davantage positionnée comme première poursuivante de GEM que comme concurrente directe de TBS.
Ensuite le match le plus serré parmi les écoles disposant d’un volume de recoupements significatif oppose Montpellier Business School à BSB, la première l’emportant par 41 contre 36 choix).
Institut Mines-Télécom Business School constitue la principale singularité du tableau EC. L’école obtient de très bons résultats face à plusieurs établissements disposant pourtant de davantage d’affectés :
- IMT-BS bat Montpellier BS 23 à 2 ;
- IMT-BS bat Rennes SB 13 à 11 ;
- IMT-BS bat BSB 7 à 0 ;
- IMT-BS bat EM Strasbourg 8 à 0 ;
- IMT-BS bat ICN 16 à 5.
Elle perd néanmoins contre TBS, 22 à 15, ainsi que contre GEM, 30 à 8, et KEDGE, 19 à 6. IMT-BS semble ainsi bénéficier d’une attractivité spécifique et d’un positionnement distinctif. Sa victoire contre Montpellier est particulièrement nette. Les autres duels reposent toutefois sur des volumes réduits et doivent être interprétés prudemment.
