A l’occasion de la Journée des femmes le ministère de l’Education nationale et de la Jeunesse a publié une nouvelle édition de son étude Filles et garçons : sur le chemin de l’égalité de l’école à l’enseignement supérieur. Le constat les garçons ont bien du mal à rattraper leur retard du primaire à l’enseignement supérieur : en moyenne sur 2015, 2016 et 2017, 38 % des femmes sorties du système éducatif sont titulaires d’une licence ou d’un diplôme supérieur contre 29 % des hommes
Du primaire au lycée les garçons marquent le pas. Les filles sont moins souvent en retard scolaire que les garçons, et ce, quel que soit le milieu social d’origine. En 2018, 8% des filles et 10% des garçons appartenant à une famille ouvrière sont ainsi entrés en sixième avec au moins un an de retard. Résultat : à la fin du collège, elle s’orientent davantage vers l’enseignement général et technologique que les garçons : 71% contre 58%. Et leurs résultats sont durablement supérieurs à ceux des garçons : en 2018, 92% des filles et 89% des garçons qui se sont présentés au baccalauréat général l’ont obtenu. De même 32% des candidates et 27% des candidats au bac S en 2018 l’ont obtenu avec une mention « bien» ou «très bien ». Au final 86 % des filles et 76 % des garçons ont eu le bac en 2018.
Ces orientation présentent une différence majeure selon le sexe : en fin de seconde générale et technologique les filles vont davantage vers les premières ES et L et les garçons vers les premières S. Des orientations qui se confirment avec la réforme du baccalauréat : les enseignements scientifiques (sauf SVT) ont plus souvent été choisis chez les garçons que chez les filles. À l’inverse, les enseignements d’humanités, de SES, d’histoire-géographie et de langues-littérature sont plus choisis par les filles.
Dans l’enseignement supérieur beaucoup de filières sont sexuées. Logiquement les orientations plus scientifiques des garçons au lycée leur amènent à choisir plutôt les filières scientifiques (ils sont près de 72% dans les école d’ingénieurs) quand les femmes sont largement plus nombreuses dans les filières littéraires et en santé : 63%. Si 60% des diplômés d’un doctorat en lettres sont des femmes, elles ne sont que 41% en sciences.
De nombreuses formations de l’enseignement supérieur sont peu mixtes. Si en 2018, les femmes représentent 69 % des inscrits à l’université en langues, lettres et sciences humaine elles ne sont que 38% en STAPS.
Un marché du travail toujours favorable aux garçons. 30 mois après l’obtention du diplôme, les femmes s’insèrent dans le marché du travail aussi bien que les hommes mais gagnent moins. À niveau égal, les jeunes diplômées de l’université sont moins nombreuses à avoir un emploi stable et un emploi de niveau cadre ou professions intermédiaires.