ECOLES DE MANAGEMENT, PORTRAIT / ENTRETIENS

3 questions à Babak Mehmanpazir, directeur général de l’EM Strasbourg

Qu’est-ce qui aujourd’hui différencie l’EM Strasbourg des autres écoles de commerce ?

Babak Mehmanpazir : Je dirai d’abord que c’est l’ancrage territorial ; nous sommes à Strasbourg dans l’une des régions les plus riches d’Europe et nous travaillons avec l’ensemble des acteurs de ce territoire. Notre mission, c’est de proposer une offre de formations qui réponde à leurs besoins, du bac + 3 au bac + 8. Nous souhaitons, par exemple, développer dans nos filières une posture entrepreneuriale au service de l’innovation afin d’apporter aux entreprises des solutions agiles aux enjeux sociétaux actuels. Pour ce faire, la pluridisciplinarité est essentielle. C’est pourquoi, nous avons élaboré avec Sciences Po Strasbourg un double diplôme permettant à dix étudiants par an (en cycle master) de bénéficier de cours dans les deux établissements et d’obtenir la diplomation à la fois de Sciences Po et de notre programme grande école. Nous envisageons également de proposer à nos étudiants du PGE de suivre des enseignements d’ouverture sous forme de semestres entiers dans d’autres disciplines au sein de notre université : sociologie, philosophie, sciences…

L’appartenance à l’université de Strasbourg, qui est notre maison mère, faisant de nous la première business school universitaire triplement accréditée, est un autre élément de différenciation. C’est, tout d’abord, une marque connue à l’international, qui porte l’école car cela reste un modèle de référence, rassurant pour notre écosystème. Notre objectif, du reste, c’est d’aller vers encore plus d’excellence et de résister à la tentation de la baisse de la sélectivité. Nous l’avons même réhaussé pour les entrées en bachelor et en master, ce qui n’a pas eu pour incidence de diminuer leur attractivité.

L’EM Strasbourg va innover en cette rentrée 2024. Pourquoi maintenant ?

B.M. : Dans un contexte où les inscrits aux classes prépas semblent stagner, nous devons faire de nouvelles propositions de valeurs : pour la rentrée 2024, nous mettons en effet en place le PGE post bac et nous faisons évoluer notre bachelor Affaires internationales (BAI) en introduisant notamment l’alternance en 3e année. Nous allons, par ailleurs, ouvrir une antenne à Mulhouse, qui accueillera dès septembre prochain le master universitaire Ingénierie d’affaires et une première promotion (30 places) du BAI dans les locaux du Pôle Formation de l’IUMM, en collaboration avec l’Université de Haute Alsace. Autant de réponses pour redynamiser notre portefeuille de formations et développer notre stratégie d’excellence. Mon objectif, c’est que l’EM Strasbourg intègre rapidement le top 3 des PGE post bac.

L’équilibre entre la nécessité de trouver un business model viable et le respect de ses valeurs n’est pas toujours simple. Comment y parvenez-vous ?

B.M. : Le projet stratégique de l’école s’inscrit dans la politique de l’université qui nous apporte également un soutien financier pour accompagner le développement de l’EM Strasbourg. Cela se concrétise notamment par le nouveau contrat d’objectifs et de moyens 2024 – 2028, qui nous attribuera une grande marge de manœuvre pour le déploiement de notre stratégie. Pour consolider notre business model, nous devons diversifier davantage nos ressources financières grâce à de nouveaux relais de croissance, comme l’implantation de l’école en 2024 sur son campus dans le sud Alsace, et le développement de la formation tout au long de la vie, qui représente aujourd’hui 3% du chiffre d’affaires, je souhaiterais que cela monte à 10% dont 5% non diplômante.

Mais, je ne veux surtout pas être dans une fuite en avant avec toujours plus d’étudiants et une hausse des frais de scolarité. Fidèles à nos valeurs d’excellence inclusive, nous devons contenir la hausse des frais de scolarité ; nous avons à cœur de développer l’ouverture sociale via l’octroi de bourses, et surtout en instaurant la modularité des frais de scolarité dans le programme grande école pour les étudiants boursiers. L’enjeu pour nous, c’est de faire évoluer l’école « from good to great ». En tant qu’école de management universitaire, nous sommes parties prenantes du bien commun ; nous devons nous inscrire dans la transformation des universités vers encore plus d’autonomie en privilégiant l’excellence au niveau national et international tout en incarnant nos valeurs européennes que sont la diversité, la coopération, la solidarité, la paix, le dialogue…

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