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«Les Français représentent le contingent le plus important d’étudiants étrangers de l’université de Montréal»

L’université de Montréal accueille 3 500 étudiants français, 5 000 si on y ajoute ceux admis à HEC et Polytechnique. Un chiffre stable depuis quelques années. Retour avec Michèle Glémaud, directrice générale du service de l’admission et du recrutement à l’université de Montréal, sur les critères d’admission et les filières privilégiées.

Les Français constituent-ils le plus fort contingent d’étudiants étrangers de l’université de Montréal ?

Michèle Glémaud : L’université de Montréal compte 65 000 étudiants dont 10 000 étrangers ; les Français représentent en effet le contingent le plus important. Nous avons aussi beaucoup d’Africains francophones, de Belges, des latino-américains et des Asiatiques issus de Chine et d’Inde suivant des Ph.D car à ce niveau les enseignements sont en anglais. Les Français sont répartis dans un grand nombre de programmes, principalement en économie, sciences politiques, études internationales, droit, architecture mais aussi en sciences sociales et en sciences. Une grande majorité des jeunes français entrent à l’université après leur bac pour suivre une licence. Mais on en trouve aussi en master et en doctorat.

Comment sont-ils sélectionnés ?

M.G. : Nous connaissons bien le système français et nous avons suivi de près la réforme récente du bac. Nous avons même développé un outil, le site « bac à bac » (comprenez du bac français au bac québécois), qui permet aux lycéens de simuler rapidement les différentes combinaisons de spécialités et d’options afin de découvrir si celles-ci sont compatibles avec les exigences d’admission de nos programmes d’études. Ainsi, le lycéen français peut mieux appréhender les choix qu’il doit faire en première puis en terminale s’il veut intégrer tel programme chez nous. Après, ce sont des admissions sur dossier. Nous allons donc surtout regarder les notes de première et de terminale. Les moyennes exigées peuvent varier d’un programme à l’autre. Il faut au moins 15/20 pour entrer en architecture – où le nombre de places est limité – alors qu’un douze suffit pour intégrer la filière « histoire ». En revanche, pour faire médecine, il faut du 17 ou du 18 de moyenne. A noter que si dans une grande majorité de programmes, nous regardons exclusivement le dossier académique, dans certaines filières comme celles ayant trait à la santé, nous recherchons aussi des qualités humaines, telles que l’empathie, la capacité à communiquer…

Qu’apportent les étudiants étrangers à l’université ?

M.G. : Nous sommes une grande université internationale ; c’est important pour nous d’accueillir des étudiants provenant d’un peu partout. Nous créons ainsi un savoir sans frontières. Les étudiants québécois s’attendent du reste à trouver cette diversité de nationalités pour challenger leurs idées et leur conception. Sans compter que Montréal est une ville multiculturelle. Son université se doit de l’être aussi.

Les étudiants français ont-ils une spécificité ?

M.G. : La langue de l’enseignement étant le français, ils s’intègrent facilement à nos programmes. On constate, par ailleurs, qu’ils ont une grande aisance oratoire et une bonne connaissance en sciences sociales, ces deux spécificités étant liées à leur parcours en lycée. Cela nous apporte de la valeur. En revanche, en culture scientifique, les Québécois sont plus forts. Autre différence : le cegep (collège d’enseignement public), où est dispensé le premier niveau de l’enseignement supérieur avant l’entrée à l’université, engendre une année de scolarisation en plus par rapport à la France. D’où l’importance pour nous de sélectionner des étudiants étrangers forts sur le plan académique afin qu’ils s’intègrent bien à nos programmes et éviter le décalage de niveaux.

Que font les étudiants français après leurs études ?

M.G. : Bon nombre restent au Québec pour y vivre leur première expérience professionnelle.  C’est d’autant plus facile que le gouvernement dispense un permis de travail aux étudiants ayant obtenu un diplôme ici. Et parmi eux, certains font leur vie au Québec. D’autres, en revanche, souhaitent retourner en France, ce qui est facilité par un bon système d’équivalences entre les deux pays.

  • Un Français souhaitant étudier à l’université de Montréal devra débourser 6500 euros par an en licence et 2500 en master et en doctorat. La date limite pour déposer un dossier a été fixée au 1er février 2024 pour une rentrée en septembre.

 

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Olivier Rollot est directeur du pôle Information & Data de HEADway Advisory depuis 2012. Il est rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire), de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel) et de "Espace Prépas". Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant, Olivier Rollot est également l'un des experts français de la Génération Y à laquelle il a consacré un livre : "La Génération Y" (PUF, 2012).

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