ECOLES DE MANAGEMENT

«Excelia BS est inscrite dans une trajectoire de renforcement de l’excellence académique»

Avec des campus à La Rochelle, Orléans, Tours et maintenant Paris, Excelia BS est de plus en plus une école globale partenaire également de plusieurs écoles d’ingénieurs. Tamym Abdessemed, Dean d’Excelia BS et directeur général adjoint du groupe Excelia, nous explique une stratégie qui passe d’abord par le renforcement de son excellence académique. Également commissaire chargé d’organiser les événements marquant la cinquantième année de la Conférence des Grandes écoles (CGE), il revient avec nous sur cette année.

Olivier Rollot : Excelia BS vient d’organiser avec l’Association des professeurs de classes préparatoires économiques et commerciales (APHEC) et HEADway Advisory le rendez-vous annuel entre les Grandes écoles et les classes préparatoires autour du « Continuum ». Quelles autres actions organisez-vous vers les élèves de classes préparatoires

Tamym Abdessemed : Nous déclinons les grands thèmes de culture générale proposés aux concours (cette année la « violence ») autour de conférences auxquelles peuvent assister aussi bien des élèves de classes préparatoires que nos étudiants de pré-master. Cette année nous avons ainsi reçu les philosophes Maxime Rovère et Julia de Funès pour en parler alors qu’un de nos professeurs associés s’est rendu en classe préparatoire pour porter un regard différent sur la question en évoquant le thème « marketing et violence ».

Nous sommes également associés à la campagne de promotion des classes préparatoires que mène la Conférence des directeurs des écoles françaises de management (Cdefm) avec l’Aphec. Nous étudions aujourd’hui la création d’un dispositif d’ouverture internationale spécifique aux élèves issus de classes préparatoires, de même que des bourses d’études pour encourager leur engagement.

O. R : Excelia business school a la particularité d’être ouverte à la fois dès le bac et après une classe préparatoire. Comment se mêlent ces deux publics ?

T. A : Les deux années postbac ne sont ni un programme bachelor, ni une classe préparatoire. Les étudiants sont en immersion dans l’école avec des contenus déjà tirés par le management et la pratique. En L3 tous nos étudiants se rejoignent et l’alchimie prend bien car cela s’insère dans une démarche claire de l’école qui va vers la diversité des intelligences en alternant les leviers théoriques et pratiques. Il n’y a pas de distinguo dans les attentes de nos étudiants à ce stade, tous les profils constituent la richesse et la diversité de notre communauté étudiante.

O. R : Plusieurs écoles viennent de transformer le mode de passage de leurs oraux de concours. L’envisagez-vous également ?

T. A : Nous proposons des oraux assez classiques et n’avons pas de projet de modification. Ce que nous voulons c’est faire passer les entretiens les plus authentiques possibles. Nos dispositifs Humacité et Climacité irriguent en effet vite les entretiens et nous pouvons ainsi vérifier que les candidats ne viennent pas au hasard à Excelia BS.

Pour les oraux de langue nous avons en revanche évolué cette année en les passant dans la banque d’épreuves Elvi afin de rendre le processus plus fluide pour nos candidats.

O. R : Quelle stratégie globale Excelia BS a-t-elle aujourd’hui ?

T. A : Nous sommes d’abord inscrits dans une trajectoire de renforcement de l’excellence académique avec la reconduction cette année de nos accréditations Equis et Amba ainsi que du grade master pour la durée maximum c’est-à-dire 5 ans. En 2024 nous allons repasser l’accréditation AACSB pour conserver notre « triple couronne ».

Notre stratégie passe maintenant également par une nouvelle offre de programmes. Notre implantation sur le campus Paris-Cachan nous permet de renforcer nos dimensions internationale et tech. Avec l’école d’ingénieurs EPF nous délivrons ainsi un tout nouveau MSc Ingénierie d’Affaires et un double-diplôme croisant notre Bachelor Business et le Bachelor en Ingénierie Système d’information et Stratégie Marketing de l’EPF. A Paris nous sommes également très proches de deux autres écoles d’ingénieurs, le Cesi et l’ESTP – avec laquelle nous allons travailler pour être parmi les leaders de la ville de demain – quand, à La Rochelle, nous réactivons des initiatives communes avec l’Eigsi.

Et bien sûr nous nous ancrons plus que jamais dans l’engagement social et environnemental qui est l’un des fondements d’Excelia depuis sa création il y a 35 ans cette année.

O. R : La Rochelle, Orléans, Paris, Tours, quatre campus pour Excelia BS mais y délivrez-vous exactement les mêmes formations ?

T. A : Il y a des spécificités pour chaque campus. Le Bachelor Business est par exemple délivré à La Rochelle, Tours et Orléans mais pas à Paris, le BBA International déployé à La Rochelle et Paris. Même chose pour le master Grande école, qui sera demain également délivré à Paris mais pas à Orléans. Ainsi nos étudiants peuvent aller d’un campus à l’autre en fonction de leur projet et de l’expérience globale qu’ils souhaitent vivre.

O. R : Sur chaque campus vous avez des professeurs permanents ou les faites-vous voyager d’un campus à l’autre ?

T. A : Excelia Business School est là où se situe son corps professoral permanent prend ancrage. En Centre Val de Loire, Tours et Orléans, nous avons 25 professeurs permanents. A Paris déjà cinq. Partout ce sont les professeurs permanents qui donnent les cours sauf pour des expertises particulières. La croissance de notre corps professoral va d’ailleurs se poursuivre pour passer de 115 à 140 dans les cinq ans à venir avec toujours une seule faculté pour tous nos campus.

O. R : Quel pourcentage d’étudiants internationaux Excelia BS souhaite-t-elle recevoir en s’appuyant notamment sur le campus de Paris à Cachan?

T. A : Notre objectif est d’en recevoir au moins 35% tous programmes confondus pour plus de 25% aujourd’hui. A Paris-Cachan même ils pourraient représenter la moitié des effectifs avec une offre de programmes essentiellement anglophone ? Après le bac nous proposons ainsi BBA International, un Bachelor Première année (Bachelor Fundation Year) destiné à des étudiants qui souhaitent suivre une première année généraliste et très internationale pour décider ensuite leur orientation et un Bachelor Tourisme. Après un bac+3 quatre MSc : Sustainable Luxury & Creative Industries, Sustainable Finance, Sustainable Global Supply Chain Management et Management du Tourisme et de l’Évènementiel

O. R : L’apprentissage concerne une part croissante des étudiants. Quel est leur pourcentage à Excelia ?

T. A : près de 70% dans notre master Grande école (MGE) et environ un tiers dans les autres programmes.

O. R : L’engagement social et environnemental d’Excelia a été renforcé cette année par une série d’actions autour de la « Blue Education Experience ». Comment la résumez-vous ?

T. A : La « Blue Education Experience » (BlueEdX) est un parcours académique d’excellence dont l’objectif est de faire explorer la transition environnementale par le prisme de l’eau. Son fil conducteur passe par un élargissement du socle de connaissances de nos étudiants qui seront entrepris par des actions concrètes – stages, learning expeditions, missions Humacité et Climacité – avec au bout une certification « Blue Education Passport». Tous passent le Sulitest, le premier certificat international de connaissances et d’aptitude sur la durabilité, en début et en fin de parcours comme garant de leur acquis.

Pour aller plus loin nous avons conclu un partenariat majeur avec les Ateliers du Futur, une ONG qui agit sur le climat et les questions de décarbonation en accompagnant les dirigeants d’entreprise, qui nous a permis de former l’ensemble de nos professeurs aux questions de durabilité dans un esprit de « Sustainability Mindset ». Nous avons également accès à l’ensemble des capsules pédagogiques qu’Axa Climate a développé avec les Ateliers du Futur. Ainsi nous développons avec nos étudiants leur capacité à agir. Il faut aller au-delà de l’éco-anxiété pour leur apporter des trajectoires de solutions et les compétences qui vont avec ! D’ailleurs cette année Excelia Business School a été pour la première fois dans le Times Higher THE IMPACT et elle est également reconnue comme une institution dite « transforming » par l’initiative de l’Onu Principles for Responsible Management Education (PRME).

O. R : Des actions comme la « Blue Education Experience » sont favorisées par vos relations avec vos « parties prenantes », entreprises, alumni, collectivités. Pour renforcer encore ce lien vous créez cette année un « Comité des parties prenantes » (CPP). En quoi consiste-t-il?

T. A : Nous réunissons des personnalités au sein de trois collèges de façon à travailler avec eux de manière étroite sur notre stratégie et nos ancrages territoriaux. Ce comité est présidé par Corinne Gendron, professeure au sein du département de Stratégie, Responsabilité Sociale et Environnementale à l’Université du Québec à Montréal et spécialiste de la responsabilité sociale et du développement durable depuis 30 ans. Ils sont pouvoir travailler notre stratégie en responsabilité sociale et environnementale (RSE) et enrichir l’action de notre Assemblée générale dont la présidente du CPP est membre de droit.

O. R : Cette représentation des parties prenantes passe également par celle des étudiants. Là aussi vous innovez !

T. A : Nous créons effectivement un Sénat des étudiants pour les impliquer davantage même s’ils siègent déjà à l’Advisory Board. Ce Sénat siégera trois fois par an avec trois collèges : délégués, ambassadeurs chargés de faire connaitre l’école et dirigeants des bureaux des associations. En tout 300 sénateurs qui siégeront en ligne et pourront s’exprimer, au-delà de leurs sujets d’expertise, sur des sujets sociétaux et d’intérêt général. C’est un instrument très fort de notre stratégie : Excelia est une école qui se construit avec ses étudiants.

O. R : La dimension digitale est un autre axe de développement d’Excelia. Que développez-vous aujourd’hui ?

T. A : Nous travaillons à de nouveaux modèles d’apprentissage à travers notre plan de transformation digitale XL Vision. Dans ce cadre, Excelia, sous l’impulsion des équipes de la transformation digitale et des pédagogues a ainsi créé plusieurs Expériences d’Apprentissage Immersives (ILE®, Immersive Learning Experience® deux marques déposées par Excelia), des métavers pédagogiques dédiés au service de nos étudiants et de l’excellence académique. Ils offrent aussi aux professeurs des opportunités pour enseigner différemment . Aujourd’hui nous travaillons à deux autres expériences immersives consacrées aux enjeux de l’eau dans la supply chain et dans le cadre du changement climatique. Un nouvel espace d’apprentissage s’ouvre entre l’école et l’entreprise et amène un nouveau champ des possibles. Nous avons maintenant tout un agenda de cours en construction incluant l’ingénierie pédagogique. Cette pédagogie active, basée entre autres sur les neurosciences, permet d’apprendre plus facilement et rendre l’apprenant acteur de sa formation.

Nous nous situons ainsi dans une réflexion proche de celle de l’industrie des jeux vidéo pour nous adapter à de nouvelles générations qui ont des capteurs différents. C’est une confluence du savoir-faire académique et de la scénarisation pour créer des services et des espaces d’apprentissage nouveaux. Le tout dans un fonctionnement multi-campus qui doit nous permettre de délivrer la conférence d’invités prestigieux simultanément, et avec des interactions, sur tous nos campus.

O. R : Vous le disiez : également avec d’autres écoles, notamment d’ingénieurs. Comment allez-vous vous travailler avec elles ?

T. A : Nous souhaitons créer un écosystème avec une série d’école d’ingénieurs : EPF, Cesi, Eigsi, ESTP, etc. Ensemble nous allons travailler sur des sujets de plus en plus emboités qu’il faut articuler avec d’autres champs disciplinaires. Pour cela nous allons créer un collège des enseignants-chercheurs extérieurs dans une logique d’hybridation.

O. R : Cette année vous avez eu une autre casquette en étant le commissaire en charge de l’organisation des 50 ans de la Conférence des Grandes écoles (CGE). Quel bilan en tirez-vous ?

T. A : Très positif avec une année de rencontres riche qui nous a permis de faire le point sur notre action et de dresser des perspectives. Nous sommes maintenant réunis en bureau qui est chargé d’absorber les grandes conclusions que nous en tirons avec toutes les familles d’écoles. On a souvent reproché aux écoles d’être consanguines, de ne travailler qu’entre écoles d’ingénieurs ou qu’entre écoles de management, etc., cette année nous a permis de démontrer qu’elles pouvaient travailler toutes ensemble et nous souhaitons amplifier ce cercle vertueux.

Et cela doit nous emmener en dehors des seuls cercles académiques. Les Grande écoles doivent se faire connaitre au-delà de ceux qui les connaissent si elles veulent être comprises à leur juste valeur. Les familles doivent savoir que tes les profils ont leur place dans nos écoles.

 O. R : Comment analysez-vous les résultats de l’enquête qu’a menée Ipsos pour la CGE sur la vision qu’avaient les Français des Grande écoles ?

T. A : Ces résultats sont très encourageants et vont nous servir de guide pour l’avenir. D’abord les grandes écoles sont reconnues utiles pour les étudiants, pour notre économie et pour la Nation, même par ceux qui ne les connaissant pas bien et elles jouissent d’une bonne image dans l’ensemble, qui progresse (même si celle des écoles d’ingénieurs est meilleure que les autres familles). En revanche, elles sont perçues limitées en nombre, autour de cinquante quand il y en a 240 animées par le même référentiel de qualité qui s’est considérablement diffusé en cinquante ans. Forts de cette tendance, nous devons encore davantage faire entendre notre voie dans la société pour rendre nos trajectoires d’excellence accessibles à celles et ceux qui nous échappent par méconnaissance et continuer comme nous le faisons à apporter des réponses agiles et innovantes pour inventer et porter les entreprises et organisations de demain

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Olivier Rollot est directeur du pôle Information & Data de HEADway Advisory depuis 2012. Il est rédacteur en chef de "l’Essentiel du Sup" (newsletter hebdomadaire), de "l’Essentiel Prépas" (webzine mensuel) et de "Espace Prépas". Ancien directeur de la rédaction de l’Etudiant, ancien rédacteur en chef du Monde Etudiant, Olivier Rollot est également l'un des experts français de la Génération Y à laquelle il a consacré un livre : "La Génération Y" (PUF, 2012).

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